Caroline Ramasamy, Roilya Ranaivosoa et Merven Clair se sont élevés contre les détracteurs du président du COM

Le feuilleton au sein du Comité olympique mauricien (COM) est loin d’être achevé. Après le départ réclamé de Philippe Hao Thyn Voon de la présidence de cet organisme par des membres d’un groupe de réflexion le 14 octobre, voilà que trois sportifs viennent de leur côté lui apporter tout leur soutien. Sportifs de l’année 2019 et bénéficiaires d’une bourse olympique, le boxeur Merven Clair et l’haltérophile Roilya Ranaivosoa-Coret ont tenu un point de presse hier en fin de matinée, avec à leurs côtés la pongiste Caroline Ramasawmy, afin d’évoquer toute l’aide que leur a apportée Philippe Hao Thyn Voon durant leur préparation en vue des échéances internationales. Ils se sont ainsi élevés contre les agissements des membres du groupe de réflexion, tout en ne ménageant pas Jessika Rosun.

Faut-il se rappeler de ce point de presse tenu dans la cour du Centre Social Marie Reine de La Paix en septembre 2016, soit au lendemain des Jeux Olympiques de Rio, quand Roilya Ranaivosoa, Merven Clair et la sprinteuse Aurélie Alcindor s’étaient élevés contre la gestion du COM, l’attitude de ses dirigeants durant les JO et avaient pris parti pour le ministère des Sports et le Trust Fund For Excellence in Sports (TFES). La première nommée justifie ainsi ce virage à 180% lors de ce point de presse organisé cette fois à l’hôtel Le Saint-Georges à Port-Louis : « Depuis, Philippe Hao Thyn Voon s’est excusé envers moi. Nous avons accordé nos violons et il a pris mes doléances en considération. En somme, il s’est racheté à mon égard en m’aidant dans ma préparation en vue des prochains Jeux Olympiques. De ce fait, il bénéficie aujourd’hui de tout mon soutien. »

Dans la foulée, la leveuse de fonte, qui a présenté le trio comme « des porte-parole des athlètes qui souffrent », affirme que le président du COM lui a apporté son aide au cours de ces trois derniers mois quand elle n’avait pas obtenu ses allocations de la High Level Sports Unit. Elle s’est alors posé les questions suivantes : « Ma fédération m’aurait-elle accordé un tel soutien ? Aujourd’hui, il est demandé à Philippe Hao Thyn Voon de se retirer, mais pour le remplacer par qui ? Que cette personne se présente au grand jour afin d’évoquer ce qu’elle compte entreprendre pour les sportifs. »

Roilya Ranaivosoa a alors lancé des piques aux membres du groupe de réflexion. « Ils viennent parler de clubs fictifs, mais le vrai problème demeure le manque de soutien des fédérations à leurs sportifs respectifs. Il ne faut pas que des paroles en l’air. Par exemple, au niveau de la fédération d’athlétisme, le président actuel est en poste depuis une longue période et les résultats de ses athlètes sont en baisse. » Elle a également évoqué la situation de Jessika Rosun. « Je n’ai rien de personnel contre elle, mais elle n’aurait pas dû s’associer à des personnes qui n’ont plus leur place dans le monde sportif, mais plutôt aux autres sportifs. Il faut qu’elle donne le sentiment qu’elle se bat pour une juste cause. » Roilya Ranaivosoa a également dit son étonnement pourquoi Jessika Rosun est demeurée silencieuse depuis le triste épisode des derniers Jeux du Commonwealth et que c’est maintenant qu’elle a rompu ce silence.

Ce soutien à Philippe Hao Thyn Voon a également été évoqué par Merven Clair. « Le COM a toujours répondu présent à mes appels et me soutient encore dans ma quête de qualification olympique. Personnellement, je ne suis contre personne, mais je dois faire ressortir que le président du COM m’a été d’un soutien quand j’ai remporté l’or aux derniers Jeux d’Afrique et au moment du décès de mon père pendant cette compétition. » De son côté, Caroline Ramasawmy a qualifié la demande de démission de Philippe Hao Thyn Voon « d’injustifiée ». La pongiste s’est demandé combien de dirigeants sportifs ont accompli autant que le président du COM. « Il a beaucoup contribué au niveau du tennis de table, et se fait respecter au niveau de l’ACNOA et de la fédération internationale de tennis de table. » Selon Caroline Ramasawmy, le TFES, alors sous la présidence de Michaël Glover, n’aurait pas respecté certains critères, d’où une baisse au niveau des sportifs.

À l’heure des questions, Roilya Ranavoisoa a maintenu que ce groupe a agi de son propre chef, sans être influencé par les principaux dirigeants du COM. Elle a fait ressortir, de même que Merven Clair, qu’ils sont intéressés à se porter candidats à l’élection de la Commission des athlètes du COM, à condition d’être choisis par leur fédération respective.