« Les prix montent en flèche et le consommateur est écorché », a souligné avec inquiétude le président de l’Association for the Protection of the Environment and Consumers (APEC), Suttyhudeo Tengur, face à la dépréciation de la roupie par rapport au dollar et à l’euro. Ce qui risque, a-t-il dit, de « compliquer la situation économique mauricienne face aux défis provoqués par la Covid-19 ». Il prône un “re-engineering” complet de l’économie afin qu’elle soit remise sur les rails dans les meilleurs délais « pour éviter une crise socio-économique ».

Dans un communiqué de presse, le président de l’APEC met en relief la chute libre de la roupie, avec notamment le dollar américain se vendant à Rs 40,55 et l’euro à Rs 45,55. Une telle situation, rappelle-t-il, a été « provoquée par le confinement et la fermeture des frontières par plusieurs pays à travers le monde dont l’Europe qui est un de partenaires majeurs de l’île Maurice, surtout en matière d’exportations et de tourisme ». Ce contexte économique, poursuit-il, « ouvre la voie à une récession qui risque de durer pendant quelques années ». Ce qui l’amène à dire que l’économie mauricienne mérite un “re-engineering” complet afin d’être remise sur les rails.

Il prend l’exemple des prix des produits de consommation courante comme le riz basmati, le lait en poudre, les autres produits laitiers dont le beurre, le fromage et l’huile « qui prennent l’ascenseur ». Face à cela, « le consommateur mauricien ne sait à quel saint se vouer ». Il cite, entre autres produits, le lait en poudre Red Cow d’un kilo qui se vend à Rs 224,40, le thé Bois Chéri de 500 g à Rs 193, le sachet de gros pois 500 g à Rs 49, les biscuits Cream Crakers de 500 g à Rs 80, le sachet d’huile x4 Rajah à Rs 171, Watsonia 430 g à Rs 111, Aptajunior Baby Milk de 900 g à Rs 390, Belinda Peeled Tomatoes de 425 g à Rs 30, la boîte sardine Josiane Rouge de 125 g et le riz basmati de cinq kilos à Rs 345.

Selon Suttyhudeo Tengur, avec l’appréciation du dollar américain qui demeure la principale devise pour payer nos importations (près de 70%), le coût additionnel sera passé directement au consommateur. « C’est le peuple qui se fera tondre comme d’habitude ! Et si on fait un tour des supermarchés, on notera avec horreur une montée en flèche des prix », fait-il ressortir.

Le seul secteur en faveur des Mauriciens actuellement est l’essence. Ce que reflète le prix du baril de pétrole en chute libre. « C’est le seul point où l’économie mauricienne puisse pousser un ouf de soulagement et qui permettra à terme de rééquilibrer la balance commerciale mauricienne. »

Suttyhudeo Tengur note avec regret que les autres activités économiques telles que le secteur manufacturier et le tourisme « sont toujours en attente avec l’ouverture des pays d’Europe dont le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne qui sont nos principaux marchés ». Face à ce « tableau sombre », ajoute-t-il, « la situation économique mauricienne est en otage en attendant le dénouement de la situation socio-économique des pays du Nord ».