• Le « turnover » de ce Major Player dans l’hôtellerie s’effondre à un niveau historiquement bas
  • L’endettement du groupe atteint la barre des Rs 17,6 milliards

Les effets désastreux de la COVID-19 et de la fermeture des frontières sont loin de s’atténuer pour les groupes hôteliers. Après dix mois de fermeture et sans aucun espoir de réouverture à moyen terme, leur situation financière subit de plein fouet les affres de la crise. Le principal groupe hôtelier du pays, New Mauritius Hotels, vit un drame sans précédent : son dernier bilan financier  en date en est la preuve. Le groupe essuie de lourdes pertes, se chiffrant à Rs 1,4 milliard pour le semestre se terminant le 31 décembre 2020. Son chiffre d’affaires s’écroule à un niveau historiquement bas, soit Rs 588,9 millions, comparé à Rs 5,2 milliards pour la période correspondante en 2019; la pandémie a donc divisé par dix son chiffre d’affaires…

Les répercussions de la fermeture prolongée des frontières et les protocoles de quarantaine stricts en vigueur dans la plupart des pays affectent de manière significative les résultats semestriels du groupe (juillet à décembre 2020). Au 1er trimestre (juillet à septembre 2020) de son exercice financier, NMH réalise un chiffre d’affaires en forte baisse à Rs 213 millions, (contre Rs 2,1 milliards pour la période correspondante en 2019). De ce montant, Rs 189 millions proviennent des opérations mauriciennes. Les coûts étant largement supérieurs aux revenus, le groupe affiche un excédent brut d’exploitation négatif de Rs 487 millions.

Les pertes au cours de ce trimestre s’élèvent à Rs 781 millions. Compte tenu du statut COVID-SAFE de Maurice, Canonnier Beachcomber a rouvert ses portes aux Mauriciens et résidents en juillet 2020, tandis que Victoria Beachcomber et Mauricia Beachcomber ont redémarré leurs opérations sous la supervision des autorités de la santé publique, dans le cadre des quarantaines.

Au cours du 2e trimestre de son année financière, NMH a rouvert les hôtels Paradis Beachcomber et Royal Palm Beachcomber Luxury aux clients locaux. Les villas de Trou-aux-Biches Beachcomber ont également redémarré leurs activités pour l’accueil des passagers en quarantaine. Malgré une légère amélioration du taux d’occupation, par rapport au 1er trimestre, le groupe enregistre quand même des pertes de Rs 622 millions, contre des profits de Rs 579 millions en 2019.

Pour faire face aux pertes massives encourues depuis le début de la crise, NMH a signé un “binding term sheet” avec la Mauritius Investment Corporation Ltd (MIC), le 29 décembre dernier pour l’émission d’obligations remboursables et convertibles pour un montant total de souscription de Rs 2,5 milliards, garanti par une charge flottante sur les actifs du groupe. Les obligations ont une maturité de neuf ans et portent un taux d’intérêt fixe de 3,5%.

Le conseil d’administration de NMH est d’avis que l’injection de Rs 2,5 milliards, combinée à la restructuration de la dette, et d’autres initiatives stratégiques contribueront à stabiliser la situation financière. Ce jusqu’au retour progressif de la profitabilité, suivant la réouverture totale des frontières et d’un volume soutenu d’arrivées touristiques vers notre destination.

NMH est actuellement engagé dans des discussions avec la MIC sur les modalités des transactions relatives aux obligations. Les conditions détaillées seront incluses dans un document qui sera diffusé aux actionnaires. Une assemblée d’actionnaires sera aussi convoquée. Entre-temps, NMH a obtenu un crédit-relais des banques pour garantir le bon déroulement de ses opérations.

La dette nette du groupe a atteint Rs 17,6 milliards, au 30 juin 2020, ce qui s’explique par l’émission d’obligations à taux fixe libellées en euros et totalisant USD 40 millions pour le financement du projet Ste Anne, aux Seychelles. Les obligations ont été entièrement souscrites et cotées sur la Bourse de Maurice en avril 2020, durant le confinement. Ce financement ainsi que les facilités supplémentaires de USD 28 millions, mises à disposition par les banques à la fin de l’année, sont “ring-fenced” et sont garanties par des actifs détenus par Ste Anne Resort Ltd. NMH a complété les travaux à Ste Anne et la remise des clés a eu lieu le 1er février dernier. Ces recettes locatives vont générer des profits  à partir du 3e trimestre de l’année financière.

En dépit de la conjoncture extrêmement difficile, NMH espère que le début de la campagne mondiale de vaccination permettra une reprise de l’industrie du voyage et du tourisme au cours de la deuxième partie de 2021. « Il est extrêmement important qu’une majorité de la population soit vaccinée le plus tôt possible afin d’atteindre l’immunité collective », soutient NMH.

Par ailleurs, outre le financement de la MIC, le groupe négocie également des délais de paiement plus longs pour les dettes existantes. L’objectif étant d’assouplir la position de liquidité, jusqu’au retour à la normale. Le conseil d’administration envisage aussi d’autres initiatives stratégiques, en cas de prolongement de la crise.