Maurice est l’une des îles les plus vulnérables du monde face au changement climatique. Dans le souci de protéger l’environnement, le plastique à usage unique est désormais banni depuis le 15 janvier. En sus des contraventions dressées pour infraction, le Mauritius Oceanography Institute (MOI) sur le microplastique est actuellement en cours.

En vue de veiller à ce que la gamme de mesures adoptées interdisant l’usage du plastique soient respectée, des opérations “crackdown” ont été menées dans différentes régions de l’île par des officiers du ministère, en collaboration avec la Police de l’Environnement et les collectivités locales. « Des opérations “crackdown” ont été effectuées dans des centres commerciaux, des aires de restauration et des supermarchés. Du 15 janvier au 2 février, 376 points de vente de produits alimentaires ont été visités à travers l’île. Au total, 43 contraventions ont été prises et 15 321 produits en plastique à usage unique non biodégradable ont été saisis », explique-t-on au ministère.

Ces opérations se poursuivront crescendo. « Nous constatons que le nombre de contraventions a sensiblement diminué. Cela reflète l’adhésion de la population », fait ressortir le ministère.  Suite à cette première mesure, d’autres suivront en cours d’année. Toutefois, un moratoire d’un an pour passer aux produits biodégradables, soit jusqu’au 15 janvier 2022, a été accordé à l’industrie agroalimentaire locale et aux importateurs de produits alimentaires emballés dans du plastique. Cette décision « a été prise pour contrôler la disparité qui s’est créée et qui aurait favorisé les importateurs au détriment des fabricants locaux ».

Le ministère poursuit en ajoutant que les importateurs n’ont pas besoin d’autorisation du ministère, car leurs produits sont déjà emballés, comme les yaourts, glaces, desserts, etc. Alors que l’industrie agroalimentaire locale doit, elle, obtenir une lettre d’autorisation du ministère de l’Environnement, puisque leurs gobelets, bols et plateaux sont importés vides, avant d’être emballés localement. « Cette lettre d’autorisation permettra au ministère d’avoir un meilleur contrôle sur les produits en plastique entrant dans le pays », précise-t-on.

Les présents règlements ne s’appliquent qu’aux produits en plastique à usage unique, tels que les gobelets, bols et plateaux, et sous les Environment Protection (Control of Single Use Plastic Products) Regulations 2020. Les sacs en plastique utilisés comme partie intégrante de l’emballage sont, eux, régis par un autre règlement, soir les Environment Protection (Banning of Plastic Bags) Regulations 2020. À noter que ce type d’emballage est autorisé à condition que l’importateur ou le fabricant soit enregistré auprès du ministère et que les sacs en plastique soient correctement étiquetés.

Le ministère travaille également en étroite collaboration avec le ministère du Commerce pour amender les Consumer Protection (Control of Import) Regulations 2017 afin de pouvoir bannir les produits emballés dans du plastique et qui ne peuvent pas être contrôlés sous les Environment Protection (Control of Single Use Plastic Products) Regulations 2020, tels que les fruits et légumes importés dans des conteneurs à charnières. Les importateurs et les fabricants sont aussi encouragés à chercher des alternatives aux emballages en plastique dans le cadre de ce moratoire d’un an.

En effet, depuis 15 janvier, la loi concernant l’interdiction d’un individu d’être en possession, d’utiliser, de vendre, de distribuer, d’importer ou de fabriquer des produits en plastique non biodégradable (incluant le polystyrène) et à usage unique est entrée en vigueur.

Par ailleurs, l’Institut océanographique de Maurice mène actuellement une étude de recherche sur « l’évaluation de l’accumulation anthropique de microplastiques dans les eaux mauriciennes », explique le ministère, et ce afin d’analyser l’effet du plastique sur l’environnement terrestre et marin. « Le but de cette étude est d’évaluer la quantité et le type de microplastiques présents dans les eaux mauriciennes », dit-on.

Les données collectées seront ensuite utilisées comme un indicateur de base pour suivre les tendances et les schémas d’accumulation de microplastiques dans nos eaux. En deuxième lieu, elles seront utilisées pour des études complémentaires sur leurs effets sur les organismes marins lors de l’ingestion et les effets potentiels sur les êtres humains en fonction de la teneur en polymère des microplastiques. L’étude, qui a débuté en 2017, est toujours en cours.