Malgré nos 2 % de forêts primaires restantes, Maurice abrite des espèces uniques au monde. Des rescapés de l’urbanisation qui trouvent en nos zones forestières protégées des sanctuaire pour prospérer. Le Macchabé Skink, de son nom scientifique Gongylomorphus fontenayi, est un parfait exemple d’endémicité. Cette espèce, qu’on peut trouver uniquement à Maurice, vit en cachette dans la forêt Macchabé.

Chiffrée à quelque 10 000 individus, la population du Macchabé Skink est suffisamment grande explique Atmah Toocaram, park ranger. Ce dernier nous a accompagné un matin à la recherche de ce reptile méconnu du public dans les parages de Pétrin. La précision étant que nous n’avions qu’un faible pourcentage de possibilité de l’apercevoir. Le Macchabé Skink fait en moyenne 10 cm, il est mince et ayant un instinct de survie particulièrement développé il reste systématiquement caché. “C’est très difficile de le voir dans la nature, il se cache en permanence, particulièrement pour se protéger de ses prédateurs. Quand nous devons le capturer pour des études, nous n’avons d’autres choix que de placer des pièges”, explique le park ranger.

Espèce furtive.

Pour avoir les meilleurs chances de l’observer, il vaut mieux y aller par temps ensoleillé. Heureusement, pas de brume aujourd’hui. On comprend qu’il est très difficile de voir cette famille de lézards à l’entrée du Pétrin où le va et vient est constant. Quoiqu’il arrive que les chanceux les voit furtivement traverser le sentier qui sépare la Conservation Management Area de Pétrin.

Parmi les prédateurs dont se cache le scinque il y a les rats et les souris au sol. Mais, le danger peut également venir du ciel puisque la crécerelle de Maurice n’hésitera pas une seconde à n’en faire qu’une bouchée si le petit scinque se retrouve malencontreusement dans son champs de vision. “La crécerelle de Maurice préfère les proies perchées sur les arbres, mais elle s’attaquera au scinque si elle le voit”, explique Atmah Toocaram.

Sous les feuilles mortes.

Pour avoir une chance de l’observer, certaines zones sont à privilégier telles que les crevasses, les petites caves souterraines, les espaces recouverts de plantes et particulièrement les zones ensevelies par des feuilles mortes. “Elles constituent pour eux une cachète idéale mais ce sont également des zones où trouver les petits insectes dont il se nourrit comme les fourmis”, confie Atmah Toocaram. À noter qu’il complémente cette alimentation avec du nectar. Territorial, il sillonne une zone bien précise dormant là où il peut sauf pendant la ponte qui survient deux fois l’an où les femelles pourront rester au même endroit. Deux oeufs sont pondus en moyenne augmentant les chances de survie de l’espèce au fur et à mesure.

Notre guide va même jusqu’à retourner des pierres sous lesquelles il se cache parfois, mais sans succès. La chasse aura été vaine, il faut dire que la coloration, marron chocolat, du Macchabé Skink lui permet de bien se camoufler dans son environnement et d’observer ceux qui empiètent sur son territoire.

Les autres scinques endémiques mauriciens

Le Macchabé Skink est le seul de sa famille qui habite sur le ‘mainland’, les 4 autres étant cantonnés aux îlots autour de Maurice. Ils sont le Bouton Skink, le Bojer’s Skink, l’Orange tail Skink et le Telfair Skink qui est le plus grand de la famille avec des instincts de prédateurs qui lui permet de se nourrir de geckos. Le Mauritian Giant Skink, qui marchait sur notre sol il y a très longtemps, a lui connu le même sort que le dodo au panthéon des espèces éteintes.