À Vieux-Grand Port-ce matin, la foule se pressait chez les Raghoo. Parents, voisins, amis, collègues, politiciens mais aussi d’autres anonymes sont venus rendre un ultime hommage à la WPC Dimple Raghoo, plus connue sous le nom de Vanessa, qui a perdu la vie dans des conditions drastiques dans l’exercice de ses fonctions. La tristesse était palpable. Le choc aussi, car Vanessa Ragoo, était très populaire. Mais la colère aussi pouvait se lire sur le visage de ceux présents. «  Des assassins ! » s’insurge-t-on.

Éclatant en sanglots, Lavishka, une des sœurs, s’époumonne : «  Li pa ti merit sa kalite la mor-la. Li ti trop bon pou nou. »  Elle était connue pour être très méticuleuse et surtout très débrouillarde c’est elle qui s’occupait de tout à la maison. « Limem papa limem mama », confie sa sœur Pooja.

Mardi, en marge d’une cérémonie religieuse prévue chez les Raghoo ce samedi, elle a emprunté la voiture d’un collègue pour aller effectuer quelques achats. Elle était ressortie pour aller déposer la voiture de son ami à Mahébourg. A la maison, un de ses cousins effectuait des travaux de peinture. C’est à lui que les éléments de la police sont venus annoncer qu’il y a eu un accident. «  Mo ti panse dan sa loto-la linn fer aksidan. Mo pe degaze pou ale stasyon Grand-Port. La zot dir mwa Mahébourg ki bizin ale. En chemin, zot dir nou bizin al lopital Rose-Belle », raconte Pooja.

Une fois à l’hôpital c’est la confusion totale. « Dimoun ti pe koze, nou pa ti pe konpran. Nou ti zis kone linn tap ar loto  » , dit-elle. C’est de retour à la maison que les sœurs apprendront les circonstances du décès de Vanessa Raghoo. «  Li ti pe dir enn zour sa travay-la pou touy li », soupire Pooja.