"L'athlète Rosario Marianne (à g.) a été injustement pénalisé au cours de ces deux dernières années

Krisley Appadoo , président sortant, remet en cause les élections, alors qu’il a voté !

A peine élu, il y a trois semaines, que le nouveau Mauritius Paralympics Committee (MPC) subit déjà ses premières secousses, et non des moindres. En effet, nous apprenons que Nishan Beeharry, « président pas président » et contesté surtout à l’Aurally Handicapped Person Sports Federation (AHPSF), conteste à son tour les élections du 21 août, à Curepipe. En fin de semaine, c’est la Visually Handicapped Persons Sports Federation (VHPSF) qui a contesté les élections auprès de l’Ombudsperson for Sports. La raison : l’AHPSF n’a pas été autorisée à participer à ces élections. Jean-Marie Malépa, président nouvellement élu au MPC, avance, lui, un conflit interne au sein de cette fédération et le fait que Nishan Beeharry n’est plus reconnu comme président de l’AHPSF. Il avance même que c’est le président sortant, Krisley Appadoo, qui l’a affirmé le jour de l’assemblée générale. D’où la non-participation de Nishan Appadoo aux élections. Idem pour les trois athlètes qui s’y étaient présentés, contraire à la Sports Act 2016.    

Il n’est pas question pour Week-End de s’engager dans le parti pris, mais ce qui se passe dans cette affaire, suscite de nombreuses interrogations. Il y a d’une part, des problèmes internes à l’AHPSF, qui font que Nishan Appadoo aurait perdu son titre de président. Il y a ensuite, cette contestation de la part du président sortant du MPC et représentant de la Physically Handicapped Persons Sports Federation (PHYSFED), Krisley Appadoo, et d’autres personnes, d’une élection à laquelle ils ont pourtant participé, en toute connaissance de cause. Ce qui amène à se demander quelles sont les réelles motivations derrière ce mouvement, qui conteste les résultats des élections du 21 août, d’autant que la démarche intervient trois semaines après.

Mettons d’abord les choses bien en perspective. Que reproche-t-on à Jean-Marie Malépa et à sa secrétaire, Hewlett Nelson, en particulier ? Celle d’être allée de l’avant avec les élections du 21 août en dépit du fait que certains étaient réticents, plus précisément Krisley Appadoo et Dominique Pancham (représentant de la VHPSF), président et secrétaire sortants du MPC. Si les principaux concernés ont fauté, alors ils devront assumer pleinement la responsabilité de leurs décisions.

Conditions d’élections

Il est de notre devoir d’éclairer nos lecteurs par rapport à une situation confuse, mais qui au final ne l’est certainement pas si nous analysons de plus près la situation. Revenons d’abord aux conditions d’élections et à l’agenda adressé aux membres, signé par le secrétaire d’alors, Dominique Pancham ! Si référence est faite qu’un membre du comité a démissionné, l’agenda mentionne aussi « Election of the members of the managing committee » et non de « member ». Or, quand Krisley Appadoo vient dire à la presse : « Pour moi, on devait seulement remplacer Jocelyne Cornet au poste de secrétaire… », on est en droit de se poser des questions.

Soit Krisley Appadoo ne dit pas la vérité, soit il arrive difficilement à comprendre des choses qui sont pourtant très claires. Nous apprenons aussi que Krisley Appadoo était opposé à la non-participation de l’AHPSF à l’élection du MPC à travers une déclaration de presse. Idem pour Dominique Pancham, demandant même que les élections soient renvoyés, le 21 août. Leurs réactions sont légitimes dans la mesure où laSports Act 2016 parle effectivement d’élections entre les quatre fédérations handisportives. La question qui nous interpelle toutefois est pourquoi ont-ils tout de même participé aux élections ? Idem pour la VHPSF, représenté par son président.

Etant dans un pays démocratique, ils auraient pu, par exemple, quitter la salle de réunion précisant leur position dans le procès-verbal. Mais si on décide tout de même d’assister à une élection jusqu’à la fin, tout en votant, c’est qu’on a cautionné tout ce qui va avec et ce, en âme et conscience.

Contestation après 3 semaines !

Pourquoi venir donc se plaindre, trois semaines après ? Décidément, il y a un gros problème et ceux concernés, plus précisément Krisley Appadoo et Dominique Pancham, devraient savoir ce qu’ils veulent au juste. Aussi, nous aurions bien aimé savoir si Krisley Appadoo a fait acte de candidature pour un nouveau mandat en tant que président ? Si cela est avéré, alors son cas est encore plus sérieux qu’on ne le pense.

Alors qu’il se veut défenseur la démocratie, on ne peut s’empêcher de se demander où était Krisley Appadoo lorsque Rosario Marianne, athlète souffrant d’une déficience visuelle, remuait ciel et terre auprès de la VHPSF pour obtenir une licence ? Cela afin de pouvoir participer aux compétitions. Lui qui se disait aussi communicateur, où est la rencontre qu’il avait prévu avec la presse au lendemain de son élection comme président du MPC en 2018 ? De même, maintenant qu’il n’est plus secrétaire du MPC, Dominique Pancham peut-il nous dire pourquoi Rosario Marianne a eu autant de difficulté pour obtenir une licence, alors qu’il était question d’un athlète ?

Pour ce qui est des problèmes internes à l’AHPSF, il est clair qu’ils ne seront pas résolus en une semaine. Mais toujours est-il bon de prendre en compte que sur quatre fédérations, trois étaient présentes aux élections. Ce qui constitue largement le quorum ! Que Nishan Beeharry décide de défendre les intérêts de l’AHPSF est une chose. Qu’il décide de contester les élections du MPC, alors qu’il n’a plus de statut au sein de cette fédération est autre chose. Mais le plus révoltant est la démarche de Krisley Appadoo et de Dominique Pancham. Quel a été leur bilan au cours de ces deux dernières années, si ce n’est qu’il n’y a pas eu de réunion de l’exécutif pendant plus d’une année et qu’un athlète a été injustement privé de participation aux compétitions par sa fédération !

Hors texte – Valorisation des handisportifs

Reynolds Permal mal placé pour en parler

Reynolds Permal a été président du MPC pendant deux ans (2016 à 2018). Il serait bon de savoir ce qu’il a apporté de concret au handisports dans son ensemble pendant cette période. Tout comme Krisley Appadoo, les réunions du comité exécutif ont été très rares sous sa présidence. Ce qui est encore plus révoltant, c’est qu’aujourd’hui, suite à la non-participation des représentants de l’AHPSF aux élections du 21 août, Reynolds Permal trouve à dire, à la presse, « Le MPC a pour mission de rassembler le maximum de personnes handicapées, les valoriser et les aider à s’épanouir. Et là, on a exclu un membre de la famille. Ça va à l’encontre de notre philosophie du sport. »

Ainsi donc, Reynolds Permal est devenu philosophe. Sauf qu’il semble avoir la mémoire très courte en évoquant la valorisation des personnes handicapées, plus précisément les handisportifs dans ce contexte précis. Il est même très mal placé pour parler de ces valeurs. Qu’il nous dise aussi pourquoi la fédération dont il fait partie depuis des lustres, soit la VHPSF, a fait des misères à Rosario Marianne, pour lui approuver une licence au cours de ces deux dernières années ? Au point où ce dernier rate des compétitions d’importance et, dans un autre contexte, les Jeux des Iles de l’année dernière à Maurice. Est-cela qu’on appelle aider les handicapés dans le jargon ?