Firefigthers try to extinguish a fire at the Congress building during a protest demanding the resignation of Guatemalan President Alejandro Giammattei, in Guatemala City on November 21, 2020. - The Vice President of Guatemala, Guillermo Castillo, asked President Alejandro Giammattei to resign together for "the good of the country," after the 2021 budget -the largest in history, which generates indebtedness and rejection among Guatemalans- was approved in Congress. (Photo by Johan ORDONEZ / AFP)

Des centaines de Guatémaltèques ont mis le feu samedi au parlement de leur pays pour protester contre le budget 2021, au moment où des manifestants exigeaient la démission du président Alejandro Giammattei, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des flammes gigantesques ont ravagé l’intérieur du bâtiment, dont la façade était constellée de graffitis antigouvernementaux. La Croix-Rouge a soigné plusieurs personnes intoxiquées par les fumées, selon un porte-parole de l’organisation, Andrés Lemus.

Lors de la manifestation devant le Congrès, la police a interpellé plus d’une vingtaine de personnes.

Près d’une cinquantaine ont été hospitalisées pour blessures, dont une dans un état grave.

Le groupe ayant mis le feu au bâtiment a agi alors qu’une manifestation pacifique avait lieu devant l’ancien palais du gouvernement, dans le centre historique de la capitale et à proximité du Congrès, pour exiger la démission du chef de l’Etat, un médecin de 64 ans au pouvoir seulement depuis janvier.

Exhibant des drapeaux bleus et blancs du pays, les manifestants brandissaient des banderoles ornées des slogans « plus de corruption » ou « Giammattei out ».

Les forces de l’ordre ont lancé des gaz lacrymogènes sur la foule au sein de laquelle des enfants ont été pris de panique, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

Les manifestants reprochent notamment au président d’avoir donné son aval au budget controversé de près de 13 milliards de dollars, le plus important de l’histoire du pays.

– Le vice-président veut démissionner –

Des Guatémaltèques mécontents dénoncent aussi l’opacité des ressources pour faire face à la pandémie du nouveau coronavirus ou la création d’un poste de super-ministre attribué à un jeune proche du président.

Dans la nuit de vendredi à samedi, le vice-président du Guatemala lui-même, Guillermo Castillo, avait exhorté le président Giammattei à démissionner avec lui.

« Pour le bien du pays, je lui ai demandé que nous présentions ensemble notre démission », a dit M. Castillo dans un message à la nation, diffusé à travers les réseaux sociaux et envoyé aux journalistes sur le groupe WhatsApp de la vice-présidence. M. Castillo a de nouveau admis ne pas avoir une bonne relation avec le chef de l’Etat.

Le parlement, composé pour la plupart de membres du parti au pouvoir et de formations apparentées, a approuvé cette semaine un budget très controversé.

Des entités économiques et analystes ont mis en garde contre le risque qu’un tiers du budget soit financé par la dette, comme proposé.

En outre la plupart des fonds sont destinés à des infrastructures gérées par des entrepreneurs et négligent la lutte contre la pauvreté et la malnutrition infantiles, ce qui a suscité des protestations.

Sur près de 17 millions d’habitants du Guatemala, plus de 59% de la population vit dans la pauvreté et la malnutrition infantile touche près de la moitié des enfants de moins de cinq ans.

Le Congrès a approuvé des prêts de plus de 3,8 milliards de dollars pour faire face à la pandémie de coronavirus, bien que moins de 15% de ces ressources aient été investies.

La gestion de la crise provoquée par la pandémie a été sévèrement critiquée par les opposants politiques et des secteurs de la société, dénonçant notamment des carences dans les hôpitaux.

Selon les données officielles, le pays a enregistré 11.8417 cas de contaminations et 4.074 morts du Covid-19.

ec/ial/lbx/roc