Photo illustration

L’attention des habitants de La Preneuse a été attirée il y a deux semaines par le fait que des expatriés et certains propriétaires de bungalows ont interdit aux Mauriciens l’accès à une partie de la plage dans la localité.

Selon un habitant de La Preneuse, les conflits ont  commencé à se multiplier entre certains propriétaires de bungalows pieds dans l’eau et des pique-niqueurs. « Le débat pour l’accès à la plage a été relancé ici. Des Mauriciens en sont privés d’accès. Cela  arrive de plus en plus souvent avec le nombre grandissant de Mauriciens qui fréquentent cette plage », a expliqué un habitué de cette plage.

« Trouver une place sur la plage publique est un parcours du combattant, plus particulièrement en cette période où la chaleur bat son plein. De nombreuses familles se rendent à la plage pour se relaxer », fait remarquer F., un travailleur social de la localité. « Le problème se pose de plus en plus à La Preneuse car cette plage est victime de l’érosion  depuis plusieurs années, malgré les travaux entrepris par l’Etat. L’érosion perdure bien que des sacs de sable et autres matériaux en plastique aient été placés tout au long de la plage. Li pa efikas sa metod la. »

Didier, un habitant de La Preneuse et dont le père possède un bungalow dans la région, défend la position des propriétaires de bateaux. « Nous sommes conscients de la situation. Nous ne pouvons pas interdire aux Mauriciens d’avoir accès à la plage ou de circuler librement sur la plage. Mais il y a certains Mauriciens qui viennent à la plage avec tout un attirail de cuisine, leur stéréo tonitruante, quand ce n’est pas les enfants qui viennent jouer au foot et laissent derrière  des tas d’immondices.

F. donne la réplique à Didier : « Vous devez comprendre que tous les Mauriciens ne sont pas  pareils. Tous n’ont pas la même mentalité. Et nous, Mauriciens, avons à droit à la tranquillité sur nos plages. »

Un haut cadre du ministère des Collectivités Locales, que Le Mauricien a contacté, a rappelé qu’il y a plus de 20 ans que son ministère avait tenté d’ouvrir des passages pour donner l’accès aux plages du pays. Mais on se heurte malheureusement  aux contestations des détenteurs de baux. Si le gouvernement empiète sur ces  terrains, cela risque de poser de gros problèmes légaux. « Il faut peut-être apporter des modifications à la loi ou faire l’acquisition de terrains », a-t-il souligné.

Lors d’une descente des lieux dans le nord du pays en 2008 en compagnie de ses officiers, Mahen Jhugroo, ancien ministre du Logement et des Terres, avait laissé entendre que pour ouvrir des passages donnant accès à la plage, le gouvernement n’hésiterait pas à faire l’acquisition de terres. Rien n’a changé depuis. Les conflits entre propriétaires de bungalows persistent.