(Photo by Daniel ROLAND / AFP)

Les efforts sont laborieux mais ne semblent pas suffisants pour que Maurice soit retirée de la liste grise du Groupe d’action financière et de la liste noire de l’Union européenne. Des efforts seront multipliés pour que le pays soit reconnu comme un centre financier de choix. D’ailleurs, trouver de nouveaux clients devient difficile pour le secteur. Le gouvernement se donne tous les moyens pour réaliser cet objectif.

Tous les efforts que fait le gouvernement pour que Maurice sorte de l’impasse ont été dévoilés par le ministre des Services financiers, Mahen Seeruttun, mercredi soir lors du lancement de Mauritius Finance qui est une fusion de l’Association of Trust and Management Companies (ATMC) et du Global Finance Mauritius (GFM), à l’hôtel Le Méridien, à Pointe-aux-Piments. « Maurice a fait tous les efforts possibles. Nous avons soumis toutes les informations », a déclaré le ministre, en parlant de l’enlèvement de Maurice sur la liste grise du GAFI. Il a soutenu que le gouvernement a accepté le défi de faire tout son possible pour que Maurice sorte de cette liste au plus vite.

Mahen Seeruttun a souligné que Maurice a respecté le calendrier du GAFI. Selon le ministre des Services financiers, le rapport préliminaire du GAFI sera soumis à la fin de février. Ainsi, le progrès accompli par Maurice sera connu. Pour que Maurice réponde aux attentes du GAFI, a dit le ministre, le gouvernement prendra toutes les décisions nécessaires dont la révision de la structure de certains organismes régulateurs. Une “on-site inspection” se fera par le GAFI, souligné dans le rapport soumis par Maurice. Mais à ce jour, cette situation se présente comme un défi étant donné qu’il n’y a pas de vols à cause de la crise sanitaire. Des discussions sur ce sujet ont été tenues mais aucune date n’a été arrêtée. Il faudra, a déclaré le ministre, attendre pour savoir où Maurice se situera dans quelque temps.
Mahen Seeruttun a assuré que « le travail continuera et que la détermination est toujours présente ». Pour lui, les investisseurs connaissent Maurice et n’ont pas montré de signes d’anxiété, « mais attirer de nouveaux investisseurs ne sera pas chose facile ». Il garde espoir que Maurice sortira de cette liste grise. S’agissant de l’UE, il a soutenu avoir eu la confirmation qu’une fois Maurice sortie de la liste grise du GAFI, il ne sera qu’une question de semaines pour que Maurice soit enlevée de la liste noire de l’UE.

Selon lui, le GAFI analysera si la culture et la conduite des opérations ont changé à Maurice. À ce jour, aucune date n’est connue pour que Maurice soit enlevée de cette liste. Mais pour le ministre, « Maurice va dans la bonne direction ». Il a donné l’assurance qu’il sera aux côtés des opérateurs dans le secteur. Mahen Seeruttun a demandé à se préparer à faire face à la « tempête » actuelle, mais aussi à adopter les changements structurels. Par ailleurs, après depuis que Maurice a été ajoutée sur la liste de High risks jurisdiction de l’Union européenne en mai 2020, un “toolkit” sera élaboré pour que les ambassadeurs puissent faire la promotion du centre financier mauricien à l’international, a dit Mahen Seeruttun.

Par ailleurs, Maurice Finance se présente comme une nouvelle plateforme représentant dorénavant l’ensemble des acteurs du secteur des services financiers de Maurice. Elle compte 110 membres comprenant des “management companies”, banques, cabinets d’avocats, firmes comptables, la Bourse de Maurice, les gestionnaires de fonds, les investisseurs institutionnels et d’autres acteurs du monde financier. Selon Mahesh Doorgakant, président de Mauritius Finance, les deux associations travaillaient de concert déjà sur plusieurs dossiers depuis plusieurs années. « Cette fusion était naturelle et souhaitée par les deux associations car nous avons un objectif commun qui est de protéger les intérêts du centre financier international mauricien, tout en permettant à notre juridiction d’atteindre un nouveau palier de développement », a-t-il dit. Mauritius Finance se donne pour mission de promouvoir le dialogue et les synergies entre les différents acteurs privés et publics de l’industrie des services financiers à Maurice.

Mahen Seeruttun a aussi accusé les médias « de s’acharner » sur Yogida Sawmynaden. Il a tenu à défendre bec et ongles l’ancien ministre du Commerce, lorsqu’il a été interrogé sur la démission du ministre. « Zot pe derive. Kapav dir enn asarnman lor enn mo kamarad. Par kont, nou finn rest focus lor nou travay. Nou ena enn objektif pou fer enn travay et nou anvi serenite dan pei pou ki le soz avans mie », a déclaré ministre. Pour lui, il fallait encourager le gouvernement pour que le travail avance.

Mahen Seeruttun a indiqué qu’il existe une « envie » de tout ébranler pour que le pays n’avance pas. « C’est déplorable », a-t-il dit alors que le gouvernement a autant de travail à réaliser. Au moment venu, a-t-il ajouté, la population fera son choix. Il a accusé la presse de publier des grands titres et demande si cela témoigne du « patriotisme ».