Mortal Shell

Mortal Shell est sorti le 18 août dernier sur PC, PS4 et Xbox One. Bien que plein de promesses, une question demeurait : puisque surfant sur la vague du Dark Souls-like, le titre a-t-il suffisamment d’arguments pour nous faire craquer ? C’est ce que nous allons voir.

Après avoir arpenté les mêmes couloirs de tutoriel que dans la démo, le zombie qui vous servira d’avatar virtuel dans Mortal Shell va se mettre en quête d’explications. Une aventure toute en filigrane, que vous pourrez parcourir sans vous soucier du pourquoi ni du comment, ou creuser un peu, via quelques descriptions d’objets, un peu particulières cette fois,ci comme nous le verrons un peu plus tard, ou des conversations cryptiques avec certains PNJ. Mais en tout cas, malgré sa narration quasi absente, avec des dialogues anglais et des textes français, l’univers reste séduisant. Que ce soit dans ses décors, ses monstres ou son héros, Mortal Shell propose un design qui saura accrocher le plus grand nombre, perdu quelque part entre la “dark fantasy” et les folklores celtes et nordiques. Seule la partie sonore semble un peu en retrait, avec des musiques convaincantes, mais aussi des bruitages plutôt répétitifs, avec beaucoup de râles de monstres.

Balancé dans un monde impitoyable, notre héros devra donc se frayer un chemin dans les niveaux, articulés autour d’un grand noyau central. Si le milieu est très labyrinthique et sert de dangereux “hub” géant pour l’exploration du reste, les donjons à visiter, séparés par des temps de chargement, sont plus linéaires, malgré la présence de quelques “raccourcis des familles”. Malgré tout, l’exploration se montre intraitable, puisque vous ne disposez pas de fiole de soin, et qu’il faudra compter sur des consommables plus ou moins efficaces. Aussi, les mobs sont très dangereux, notamment en groupe, et n’hésitent pas à se planquer pour mieux vous attaquer dans le dos.

Clairement, si l’univers de Mortal Shell n’est pas le plus vaste jamais vu dans un Dark Souls-like (il s’avère plutôt court si on le compare au maître), on prend tout de même pas mal de plaisir à en découvrir les nombreux pièges et secrets, et ses petites subtilités comme les animations qui permettent d’accéder aux combats de boss, souvent fatales pour notre avatar. Si l’exploration n’est donc pas de tout repos, c’est bien souvent à cause des combats, implacables dès les premières minutes. Devant composer avec la formule classique vie/endurance/magie, il ne faudra pas foncer tête baissée ou ce sera la mort assurée.

Des failles facilement identifiables

Mortal Shell se targue d’être encore plus rude que la concurrence, et sur certains points, certains seulement, c’est le cas. Ici, pas de bouclier, mais deux mécaniques défensives aux timings serrés : le contre, qui doit être chargé, et ne peut pas tout parer, notamment contre les boss, et une autre fonctionnalité plus originale, soit la possibilité de durcir son corps, en le rendant immobile, pour absorber tous les dégâts, et même sonner un ennemi qui tapera alors dans une surface aussi dure que de la pierre. On pourra même, et il le faudra tant les ennemis sont retors, durcir sa peau au beau milieu d’un combo quitte à l’interrompre, pour encaisser, sonner puis riposter aux attaques ennemies, qui ne laissent bien souvent aucune autre fenêtre pour porter son attaque.

La jouabilité est intéressante, les combats contre plusieurs ennemis difficiles, le bestiaire assez varié, mais le tout souffre d’une certaine rigidité, d’un peu de lenteur et d’inertie. Les animations aussi, même si certains coups restent très spectaculaires. Aussi, les boss sont dangereux, mais une fois leurs patterns assimilés et leurs failles identifiées, on n’en fera plus qu’une bouchée, même si le combat comporte plusieurs phases. Malgré tout, impossible de ne pas pester devant les temps de chargement longuets entre deux morts, lorsque le point de réapparition se situe juste à côté de l’antre d’un boss…

Fort heureusement, pour se simplifier la vie, on aura à notre disposition un système de Shell. Le héros pourra trouver dans la grande zone centrale, un peu cachées, parfois défendues par un boss, quatre “coquilles”, chacune possédant ses propres caractéristiques. Et on peut donc changer de “build” de personnage en cours de partie, en échange d’un objet consommable. Le chevalier possède une barre de vie géante, le voleur de l’endurance presque infinie, un autre est spécialisé dans la magie et le premier que vous trouverez est le plus équilibré des quatre. Pour les plus courageux, il sera bien évidemment possible de finir le jeu sans utiliser de coquille, et restant sous la forme d’un zombie zarbi à moitié à poil !

Pour la faire courte, Mortal Shell est un Dark Souls-like plus dur que la moyenne du genre. Assurément, le système de défense en combat, à base de parade et de durcissement, est intraitable et intéressant, mais les affrontements souffrent d’une certaine rigidité. Côté RPG, c’est maigre, avec peu de compétences à déverrouiller et aucun niveau à passer. Et si l’exploration reste difficile, l’architecture des niveaux reste très classique au final, et parfois linéaire. Mais bon, le titre reste néanmoins pas trop mal fagoté dans l’ensemble.


LE COIN DU RETROGAMING – Rad Racer

Cinq ans avec le célèbre Super Mario Kart, qui allait lancer une véritable franchise, Nintendo, associé alors à Square Co, distribuait Rad Racer. Sorti en 1987, ce jeu vidéo de course automobile, un des premiers du genre sur Nintendo Entertainment System, était alors considéré comme la réponse du géant nippon au fameux Out Run de son concurrent de l’époque, Sega, sorti l’année précédente. Labellisé Highway Star, avant de changer de nom pour sa sortie américaine, le titre possède un gameplay qui n’est pas sans rappeler justement celui de Out Run, jusqu’au changement de thème musical sur l’autoradio de la voiture. Le jeu propose une série de huit courses sur route, où le joueur doit passer différents “checkpoints” avec une limite de temps au volant d’une Ferrari 328 ou d’un bolide de F1. En cas de collision avec une autre voiture ou un obstacle, le véhicule est immobilisé pendant un moment avant de pouvoir redémarrer. Un vieux jeu, certes, mais qui restera pour toujours un classique du genre.