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Aider les enfants à profiter du temps

Coronavirus, confinement pas toujours simple d’expliquer ces mots et la situation aux enfants. Cette période peut être source d’anxiété pour eux aussi. Caroline Couronne-Grenouille, psychologue du développement de l’enfant et de l’adolescent et Julien Quenette, Docteur en psychologie du développement livrent leurs conseils pour apprendre à vivre ce confinement en famille et sur la manière de meubler le temps avec les enfants.

“Expliquer la situation est le point de départ”, conseillent les deux professionnels du développement de l’enfant afin de ne pas laisser l’enfant livré à ses interprétations. Par des mots simples ou à travers un dessin il faut expliquer que lutter contre le virus passe par la nécessité de rester à la maison. Il faut préciser que des traitements arriveront, ou encore que tout le monde, adultes et enfants, peut aider afin que ce que ce virus affecte moins de personnes.

Les parents peuvent ensuite organiser et établir un programme avec leurs enfants afin de trouver un équilibre entre les moments pour les enfants et les moments pour eux. D’autant plus que de nombreux parents travaillent de chez eux et doivent gérer les devoirs avec des enfants, sans compter la gestion de la maison avec la préparation des repas et le ménage. Il faut expliquer aux petits qu’on travaillera à la maison et que ce ne sera pas possible de jouer avec eux toute la journée.

Activités

« Plusieurs aspects importants doivent être pris en considération avant de décider des activités des enfants : leurs besoins, leurs âges, leurs tempéraments”, indique Caroline Couronne-Grenouille. En effet, l’enfant est rempli d’énergie et a besoin de se dépenser. Il grimpera, sautera, criera, se défoulera. C’est un aspect normal de son développement. Or, rajoute la psychologue du développement de l’enfant et de l’adolescent, pendant le confinement l’enfant se retrouve enfermé dans la maison, avec ses parents et ne dispose pas forcément d’un jardin. “Il faudrait donc revoir nos attentes par rapport à la situation actuelle et être réalistes”. Et il ne faut oublier que l’enfant a l’habitude d’avoir des récréations et des activités sportives à l’école/crèche pour se défouler.

Comme ce n’est pas toujours simple de trouver tous les jours des activités pour les enfants, elle propose aux parents de penser à accorder à l’enfant un espace où il peut se dépenser physiquement, sans la présence d’objets fragiles ou de valeurs. Ainsi, pour délimiter un espace où l’enfant pourra s’exprimer physiquement, vous pouvez par exemple créer un parcours d’obstacles avec des coussins, fabriquer une tente avec de vieux draps par exemple.

Leur besoin de jouer

L’enfant a aussi besoin de jouer. C’est comme cela qu’il découvre le monde et qu’il apprend. Il faut mettre des jouets à sa disposition. Il est aussi possible d’en fabriquer – faire un instrument de musique avec un bol et une cuillère en bois, trouver une recette de pâte à sel sur internet (la recette est hyper simple : c’est 1 verre de sel fin, 2 verres de farine et 1 verre d’eau tiède).

Vous pouvez également organiser un moment de danse avec votre enfant ou jouer à se déguiser pour rêver un peu ; jouer à cache-cache, écouter des sons, mettre à disposition des objets du quotidien pour que l’enfant puisse jouer à vous imiter ; proposer une activité créative comme de la peinture avec les doigts, au pinceau ou à la paille ; et si vous avez un jardin, profitez en tous les jours pour observer la nature (limaces, escargots, fleurs), prendre l’air et vous dépenser.

Important : la capacité d’attention des enfants est limitée, notamment quand ils sont très jeunes. La durée d’attention varie d’un enfant à l’autre et en fonction du type d’activité. Exemple : avant 3 ans – de 3 à 10 minutes ; de 3 à 6 ans – entre 10 et 30 minutes; et de 6 à 10 ans – entre 30 et 45 minutes. Il faut donc multipliez les petites activités, étaler sur différents moments de la journée et également varier différents types d’attention au sein d’une même activité: lecture, bricolage, et jeu.

Peu importe l’âge de l’enfant, Caroline Couronne-Grenouille souligne : “ Il/elle a besoin de sentir qu’il/elle contribue à la vie familiale, qu’il/elle est utile”. D’où l’importance aussi de proposer des activités à faire en famille, telles que préparer un gâteau ensemble, aider aux tâches ménagères. De plus, cela permettra à l’enfant de passer du temps avec les différents membres de la famille. Tout comme il faut varier les activités, il ne faut pas oublier de prévoir aussi des temps calmes avec des activités moins physiques, telles que faire un coloriage, jouer à la dinette avec ses peluches.

Julien Quenette, Docteur en Psychologie du Développement

« L’enfant autiste a besoin d’un cadre et d’un structure »

Avec le confinement, l’enfant autiste subit des changements dans ses habitudes et cela peut être source d’angoisse. Être enfermé à la maison entraîne également un manque de stimulation à tous points de vue et on peut alors retrouver des troubles du comportement tels que : violence, agressivité, automutilations, risques de fugues ou a un enfermement sur soi-même.

La première chose à faire indique Julien Quette est “de reconnaître et d’accepter son ressenti. Il ne faut pas avoir peur de parler de la situation avec les enfants et les rassurer”. Puis, structurer les activités de la vie quotidienne grâce à la mise en place de routines et/ou d’un emploi du temps visuel. Mettre en place des règles qui ont été discutées et choisies en famille avec l’enfant, valoriser et responsabiliser l’enfant en le faisant participer aux activités de la vie quotidienne de la maison car “si vous n’avez pas le temps de jouer, cela permettra de passer du temps avec lui et il sera heureux de vous aider.

Attention à l’impact des écrans (télé, tablette, portable)

Même si l’enfant semble apprendre beaucoup de chose à travers les écrans, il se renferme sur lui-même. Or, l’enfant autiste a besoin de se développer à travers ses interactions. Bannir les écrans pour les enfants en dessous de 2 ans – même si c’est pour faire des jeux pédagogiques (l’interaction avec l’adulte est d’autant plus important à cet âge).  Pour les plus âgés contrôler et limiter les expositions tant que possible. A partir de 3 ans – 15 à 20 min et augmentation progressive toujours sous la supervision de l’adulte.

Avoir un emploi du temps réfléchit ensemble avec l’enfant peut aider à cela. Le Docteur en Psychologie du Développement propose ainsi quelques idées sur des sites pour d’activités en ergothérapie :

https://www.fichier-pdf.fr/2020/04/01/fichier-pdf-sans-nom/?

https://business.facebook.com/svircentre/

https://7daysofplay.com

https://www.facebook.com/CentreLibelluleMU/

https://papapositive.fr