Jérémie Machenley Azmoth est un amateur de haute voltige. Trapéziste, danseur, performeur de cirque, ce jeune homme de Batterie Cassée vole dans les airs et au-dessus de la stigmatisation. Les samedi 1er août et dimanche 2 août il revient au Caudan Arts Centre pour faire découvrir le Mystral Circus Show et les grandes sensations de son spectacle.

A.R-M.

À ne pas se fier à sa petite taille. Quand Jérémie Azmoth s’enroule les poignets dans les sangles qui pendent du ciel, il déploie une force incroyable pour se lancer dans des figures acrobatiques folles. L’effet est magique, bluffant. Un circassien doit être capable d’apporter beaucoup d’émotions, de l’adrénaline, et aussi de la poésie lors de sa prestation. Après avoir remporté le concours du Caudan Live dans la catégorie danse en 2018, il s’est tout de suite mis à travailler sur ce projet de Mystral Circus Show, surtout que sa victoire lui offrait cette possibilité de présenter un spectacle sur la scène du Caudan Arts Centre. “ Là où je travaille, au Club Med La Plantation Albion, je me produis pour les touristes principalement. J’ai eu envie de partager l’art du cirque avec le public local.”

Lorsqu’on est “un enfant dans le corps d’homme”, il n’est pas difficile d’imaginer un scénario à la fois mystique et astral. C’est dans cet esprit que Jérémie Machenley Azmoth a créé et conçu le Mystral Circus Show. Un spectacle où se pratiquent des disciplines hors du commun qu’il fera découvrir aux petits et grands. Ce, à travers l’histoire d’amour entre Noise, un des elfes guerriers vivant dans une forêt, et la princesse Mantra. Dans cette forêt, les agrès aériens sont réservés uniquement à la royauté. Noise, voulant démontrer sa vaillance et sa bravoure, ose s’aventurer sur un des agrès pour conquérir le cœur de Mantra et s’imposer au sein de la tribu.

Un talent issu
de Batterie Cassée

À première vue c’est un conte de fées. Mais, dans le fond, lorsque Jérémie Azmoth raconte son parcours, il en ressort des similitudes avec sa vie. Celui d’un fonceur qui a dû se battre pour conquérir ses rêves. “Je suis un enfant de Batterie Cassée, Roche-Bois. Pour ceux de là-bas, la vie n’est pas facile. Dès que tu pousses les portes d’un bureau, et que tu dis d’où tu viens, les gens te voient comme un drogué, un voleur ou autres.”

Malgré cette adversité héritée par les circonstances il a cru en sa capacité de pouvoir voler haut. Peut-être même plus haut que d’autres. “Je veux être un exemple pour tous ces jeunes en démontrant que ce n’est pas parce que nous sommes issus d’un endroit défavorisé que nous devons nous laisser affectés par la stigmatisation”.

Avant de maîtriser l’art des acrobaties du monde du cirque, Jérémie Azmoth a d’abord fait ses premiers pas en tant que comédien et animateur pour enfants avec la compagnie Rémy Vachet en 2003 pendant les vacances scolaires. Une expérience qui l’amena à rejoindre le circuit hôtelier avec la compagnie de Rémy Vachet. “Quand j’étais encore à l’école, je voulais devenir ingénieur. Mais après avoir fait BEP en mécanique, j’ai fini par abandonner cette voie parce qu’en allant chercher du travail, on me demandait si j’avais de l’expérience professionnelle. Ce qui n’était pas le cas. C’est là que je me mis à plus danser dans les hôtels.” Grâce à la troupe, il se forma sur le tas. Jérémie Azmoth ressentit de plus en plus le besoin de s’améliorer. C’est avec la compagnie SR Dance avec Stephan Bongarçon qu’il poursuivit son aventure à travers la danse contemporaine et autres styles de danses. Mais être danseur à l’hôtel ne remplit ni les poches ni le ventre. Il se souvient que : “Les fins de mois étaient très serrées. J’ai dû commencer à danser avec plusieurs groupes à la fois. Malgré tout, arrivé au milieu du mois, je me voyais souvent demander de l’argent à ma mère”.

Affronter la douleur.

C’est ainsi que sur recommandation d’un ami le jeune il se rend au Club Med La Plantation à Albion où l’hôtel et se présente alors comme danseur. Mais le recrutement concernait uniquement le cirque. “Pour moi, cela voulait dire clown ou jonglage. J’étais sur le point de m’en aller.” Mais il apprend que l’hôtel recherche un artiste “fou et aventurier“ pour faire du trapèze volant. Dès que ses yeux se posèrent sur cette structure de 10mètres de haut, Jérémie Azmoth s’imagina faire des figures. C’était en 2015, il avait trouvé sa voie. “Je n’y connaissais. J’ai dû apprendre et être en scène en même temps. Ce n’était pas facile. To al dormi ar douler, to lev ar douler. À force de persévérance, je suis aujourd’hui fier d’être un circassien, instructeur et performeur de cirque”.

Le Mystral Circus Show vient en prélude à un projet encore plus ambitieux. Celui d’ouvrir une école de cirque : “J’ai plusieurs projets en tête, mais faute de sponsors je ne peux pas encore les concrétiser. Malgré tout, je continue d’y croire.”


The Show

Le samedi 1er août à 19h30 et le dimanche 2 août à 16h, Jérémie Azmoth présentera son Circus Show. À la base, il voulait donner une suite à Mystral présenté en août 2019. Sur les conseils d’Ashish Beesoondial, du Caudan Arts Centre, il a apporté des retouches à son spectacle. “La dernière fois, Mystral était trop abstrait. Il y avait un manque de compréhension, surtout pour les enfants.”

Sur scène, les acrobaties de Jérémie Azmoth ainsi que de Gunga Gitish (Le Roi), Julia Moura (La Princesse), Sharon Nabab (La Reine) seront accompagnés des danseurs et des guerriers elfes interprétés par Samuel Manick, Sanjana Pandoo, Nathalia Lalouette, Wenda Elephant et Miguel Lisette (chorégraphe). Adelphe Cadou veillera à monter et descendre les agrès pendant le spectacle. Les billets sont en vente à Rs 300 et Rs 450.