Photo illustration

La pêcherie Saint Benoît, à La Preneuse, a fait une requête pour 500 m de senne auprès du ministère de la Pêche depuis mars dernier. Toutefois, celle-ci n’a toujours pas été approuvée, alors qu’il ne reste que deux mois avant la fermeture de la pêche à la senne. C’est ce que dénonce le porte-parole Louis Arnaud L’Enflé. Mais au ministère concerné, on laisse entendre que la pêcherie doit d’abord retourner les sennes en sa possession, car il est interdit d’avoir plus de 500 m de senne.

Selon Louis Arnaud L’Enflé, la loi prévoit que chaque pêcherie a droit à 500 m de senne. Contrairement aux autres types de pêche, il faut avoir une autorisation pour faire l’acquisition de nouvelles sennes, car cette activité est contrôlée en raison des dégâts à l’environnement. Or, la Saint Benoît La Preneuse Cooperative Society a fait une demande pour de nouvelles sennes depuis le 3 mars dernier. À deux mois de la fermeture de la saison, sa requête n’a toujours pas abouti.

Le porte-parole explique : « Le contrôleur de Fisheries de La Preneuse a déjà approuvé notre requête, mais au niveau du ministère, on refuse de signer. On me dit que si la demande est acceptée, nous dépasserons les 500 m réglementaires. On n’arrive pas à comprendre que si on a une corde de 100m par exemple, lorsqu’on fait les mailles, cela nous revient à 50 m. Je ne blâme pas le ministre pour cela, mais ses officiers doivent comprendre cela. »

Le pêcheur ajoute que, pendant le confinement, une partie de sa senne a été abîmée au soleil. Raison pour laquelle, dit-il, il est important de les remplacer, car les activités sont difficiles avec une partie de senne seulement. « Il ne reste que deux mois pour la pêche à la senne et nous n’avons plus beaucoup de temps devant nous. Il est important que l’on comprenne cela », souligne-t-il.

Toutefois, au ministère de la Pêche, on a une autre explication à cette situation. Un préposé explique ainsi : « Les pêcheries ont droit à 500m de senne seulement. Si l’on dépasse ce chiffre, on est dans l’illégalité. Nous avons demandé à M. L’Enflé de nous retourner les sennes en sa possession pour que nous puissions lui en donner d’autres. Autrement, nous allons cautionner l’illégalité. »

Notre interlocuteur ajoute que les pêcheries ont en effet droit à cette requête, mais qu’il faut rester dans les normes. Rappelons que la pêche à la senne est contrôlée par les autorités. La période de pêche s’étend de mars à septembre chaque année. Pendant la fermeture, les sennes sont gardées sous scellé par les officiers des “fisheries”. À la réouverture, elles sont remises aux pêcheries.

Signalons également que le ministère de la Pêche avait mis en place un projet, visant à encourager les pêcheurs à rendre leurs sennes, contre une compensation. Mais ce projet n’a pas connu le succès escompté, car les pêcheurs ne sont pas d’accord sur le montant de la compensation qui était de Rs 135 000 par pêcheur par coopérative ou Rs 250 000 pour le propriétaire de sennes dans une pêcherie et Rs 50 000 pour les pêcheurs.