L’ex-PM et leader du Labour, qui affirme que « mo pe degaze dousma-dousma », reçoit une carte Get Well et un bouquet de fleurs du PM indien, Narendra Modi

Après trois jours d’intenses tractations que ce soit sur le plan politique, diplomatique et médical, l’ancien Premier ministre et leader du Parti Travailliste, Navin Ramgoolam, a mis le cap mercredi sur New Delhi. L’objectif de ce déplacement est de poursuivre son traitement anti-Covid-19 au All India Institute of Medical Sciences (AIIMS) dans la capitale indienne. Placé en Intensive Care Unit de cet établissement hospitalier de premier ordre sur le plan international en vue de permettre à l’équipe médicale d’assurer un « better and close monitoring », il se dit conscient que le traitement qu’il devra subir sera élaboré. C’est ce qu’il a indiqué lors d’un échange téléphonique de son lit de l’AIIMS, hier matin, avec Week-End. L’évolution de l’état de santé de Navin Ramgoolam est suivi par les autorités indiennes, car le Premier ministre, Narendra Modi, lui a fait parvenir une carte Get Well avec un message réconfortant en la conjoncture, aussi bien qu’un bouquet de fleurs.

Dans un premier temps, le leader du Parti Travailliste affirme être reconnaissant d’être en mesure de bénéficier des services et de la compétence des meilleurs spécialistes de l’AIIMS, tout en saluant le dévouement des médecins mauriciens qui ont été à son chevet depuis qu’il est malade. De son lit d’hôpital à New Delhi, la voix entrecoupée de toux et de raclement de la gorge, il affirme qu’il se sent mieux. « Dousma-dousma mo pe degaze », ajoute Navin Ramgoolam en indiquant qu’il est soumis de manière systématique à une batterie d’examens médicaux. En cause, la forme sévère du coronavirus qu’il a contractée. Il ne sait jusqu’ici toujours pas où ni comment il a été contaminé. Il est très positif quant à l’amélioration de sa santé. « Mo tre pozitif. Si pa pozitif, pou rest dan bez mem. Bizin pozitif pou nous avanse », dit-il.

Interrogé sur les nombreuses critiques quant à son départ pour l’Inde, il rebondit : « Kan ou malad ki ou fer, ou rest Moris mem ziska enter ou ? Mo finn rod tretma parski mo finn gang enn forn sever Covid. » À ceux qui voient en son départ pour New Delhi, cautionné par le gouvernement mauricien, un rapprochement du PTr au MSM, il réplique « zot malad dan Moris. Ki sa ena pou fer ar politik. Dimounn malad pe al rod meyer trertma, ki zot oule ? Zot ki zot lespri embrouye. Enn mantalite tier mond. Nek dir tou zafer politik, politik. »

« Business as usual »

Navin Ramgoolam justifie le choix de l’Inde pour poursuivre son traitement médical. « Pourquoi l’Inde ? Kot mo pou gagn meyer trertma », dit-il du tac au tac. D’ailleurs, explique-t-il, c’est parce qu’il a essayé de résister à la maladie qu’il s’est retrouvé dans un état plus sérieux. « Sa mem errer mo’nn fer. Mo’nn sey konbat par mwa. Mo bann dokter inn trouve ki se enn form grav ki mo’nn gagne, mo bizin plis swin », maintient-il, soulignant au passage que c’est pour des raisons personnelles qu’il n’a pas pris le vaccin contre le corona. Au sujet du décès de la petite Keira Esther, la plus jeune victime au Covid-19 à Maurice, l’ancien Premier ministre regrette de n’avoir pu suivre ce cas en raison de son état de santé.

Abordant le volet des affaires du parti en son absence, Navin Ramgoolam fait ressortir que les choses se dérouleront normalement. « Il n’y a pas de changement. C’est business as usual. Mon absence ne gêne pas le fonctionnement du parti. Nous avons un président, un secrétaire, les instances… Il n’y a aucun souci à ce que les choses se passent comme d’habitude. Chacun sait ce qu’il a à faire », dit-il.

Et alors que plusieurs interrogations ont surgi quant à son choix de se faire accompagner par l’homme d’affaires Dhaneshwar Damry, Navin Ramgoolam balaie d’un revers de la main les supputations et avance « mo pa ti le personn accompagn mwa. Ni dokter ni personn. Ni mem mo madam, parski mo pa le expoz li. » Toutefois, pour sa prise en charge, les autorités indiennes auraient exigé que le Dr Ramgoolam soit accompagné d’un proche qui connaît le circuit indien. « Pou ki si ena bann demars pou fer, sa dimounn ki avek mwa la, li kone ki bizin fer, kot bizin ale. Save pa dir ki Damry ena lavantaz lor enn lot mamb PTr », déclare-t-il.

Navin Ramgoolam a conclu cet échange téléphonique en disant qu’il est confiant de s’en sortir, même si cela prendra beaucoup de temps, car le traitement sera long. Et il s’insurge que ses détracteurs ne voient en son départ qu’une affaire politique : « Zot malad. Kot pena narye zot trouv kikzoz. Dimounn pe rod tretma, zot pe ankor koz politik mem ! »