- Publicité -

Amendements à l’IBA Act – XLD : « A quand le tour de la presse écrite ? »

Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, soutient que les amendements proposés à l’Independant Broadcasting Authority Act (IBA Act) « constituent une atteinte à la liberté de la presse et à la liberté d’expression ». Ainsi, il fait ressortir qu’après le contrôle des réseaux sociaux à travers le Cybercrime and Cybersecurity Bill, le gouvernement veut maintenant contrôler les radios indépendantes. Il s’est demandé « à quand le tour de la presse écrite ? ». Selon lui, l’urgence avec laquelle le gouvernement présente ce projet de loi a « pour but d’empêcher une station de radio de renouveler sa licence pour une durée de trois ans ».

- Publicité -

« L’IBA Amendment Bill est un autre pas vers l’atteinte à la liberté d’expression et la liberté de la presse », a déclaré le leader de l’opposition en faisant état de la série de « vendettas » contre certains titres de presse et une radio en particulier, le gouvernement vient cette fois avec un nouveau projet de loi. Après protestation du Premier ministre, Pravind Jugnauth, le leader de l’opposition a toutefois accepté de retirer le mot « vendetta ». Il a alors reformulé sa phrase pour parler d’une « longue liste d’actions contre une radio en particulier, en l’occurrence Top FM ».

Il regrette qu’à un moment où, dans d’autres pays, comme la Grande-Bretagne, il y a actuellement des débats sur le Covid-19, particulièrement avec le nouveau variant préoccupant découvert au Botswana, Maurice ait choisi de débattre de l’IBA Amendment Bill. « Quelle est l’urgence d’un tel projet de loi ? » s’est-il demandé, en ajoutant que « si ce n’est le fait que la radio en question doit renouveler sa licence dans quelques jours ». Il poursuit : « sans ce projet de loi, qui sera sans doute voté aux petits matins, la radio aurait renouvelé sa licence sous l’ancienne loi pour une période de trois ans. Là, elle aura à se plier aux nouvelles exigences, avec surtout une licence limitée à un an. »

Xavier-Luc Duval dit avoir pourtant compris que la radio en question était « proche de ce gouvernement », avant une action en Cour le 27 février 2019 contre une licence accordée à deux nouvelles radios, Planet FM, qui a fait faillite, et Wazaa FM, « très critique contre l’opposition ». « Cette démarche a été suivie d’une série d’actions, où plusieurs entités du gouvernement, notamment la State Bank of Mauritius, Mauritius Telecom et la Beach Authority, ont résilié leurs contrats avec la radio. Sans compter les tracasseries de la Mauritius Revenue Authority », s’insurge-t-il.

« Le but principal de l’IBA Amendment Bill vise à réduire la durée de la licence des radios indépendantes, passant de trois ans à un an, mettant ainsi la pression sur ces dernières. Qui voudra investir dans une radio privée avec une licence d’un an ? Les autres radios existantes pourront-elles faire de nouveaux projets ? Les banques leur feront-elles confiance ? Avec ce projet de loi, on vient priver ce secteur d’investissement », s’estil demandé.

Xavier-Luc Duval a ensuite fait référence à des pays comme la Grande Bretagne, l’Australie ou l’Inde, où la licence des radios privée est de cinq ans. Il fait comprendre qu’avec un permis d’opération limité à un an, il y aura « d’autant plus de pression sur la ligne éditoriale des radios ».

Il s’est aussi interrogé sur l’indépendance de l’IBA, étant donné que c’est le gouvernement qui choisit ceux qui y siègent. « À quel point l’IBA est-elle indépendante ? Nous avons tous que ce sont des activistes politiques qui sont nommés sur les boards. D’ailleurs, mon prédécesseur, Arvin Boolell, avait contesté les nominations à l’IBA. »

Xavier-Luc Duval s’est aussi élevé contre une autre provision du projet de loi, concernant l’obligation de divulguer les sources. Il s’est appesanti sur l’importance des radios privées pour permettre aux citoyens de faire entendre leur voix. « À travers la presse écrite, on s’exprime de manière indirecte, mais à la radio, c’est direct. Comme on le dit, “Vox populi vox dei”. Autrement, où les citoyens s’exprimeraient-ils ? À la MBC ? »

Ainsi, a-t-il poursuivi, « après une tentative infructueuse de contrôler Facebook, le gouvernement est venu contrôler les réseaux sociaux » avec le Cybercrime and Cybersecurity Bill. « Maintenant, on veut contrôler les radios indépendantes avec l’IBA Amendment Bill. La question qui se pose, c’est à quand le tour de la presse écrite ? » a-t-il conclu.

- Publicité -
EN CONTINU

l'édition du jour