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Échiquier politique : Un boulevard pour les élections municipales

    Lakwizinn hésite entre l’option du scrutin dans les villes avant la reprise parlementaire du 18 octobre et le Metro Express Tam Tam en vue entre Curepipe et Port-Louis de la fin de l’année

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   PTr : « Nous souhaitons voir Jugnauth donner ces élections couvrant au moins dix circonscriptions avec la situation devenant plus claire sur le terrain »

   Réunions des éléphants politiques, soit les leaders du PTr, du PMSD et du MMM, demain pour contrecarrer cette « sensation de cafouillage » au sein de l’opposition avec très probablement un meeting conjoint en gestation

À la fin du mois dernier avec la série de shows médiatiques consacrés aux dessous de l’illegal third party access à la SAFE Landing Station de Baie-du-Jacotet et ses séquelles sur le plan politique, les observateurs avaient written off la tenue des élections municipales pendant les vacances prématurées des travaux de l’Assemblée nationale. Toutefois, les nouvelles données émergeant au sein de l’opposition parlementaire et extraparlementaire en fin de semaine écoulée poussent Lakwizinn du Prime Minister’s Office à y entrevoir un boulevard politique à exploiter à fond avant la reprise du mardi 18 octobre.

Toutefois, un autre scénario est également à l’agenda, soit dans le sillage du Metro Express Tam Tam entre Curepipe et Port-Louis en passant par toutes les autres agglomérations urbaines, et très probablement en prime la bénédiction du Premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, invité à effectuer une visite officielle à la fin de cette année, coïncidant avec l’inauguration de la ligne du métro sur le corridor Curepipe/Port-Louis.

Indépendamment du timing qui sera arrêté par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, pour les consultations dans les cinq villes, le mot d’ordre émanant du QG du MSM, le Sun Trust, demeure la mobilisation tous azimuts, avec comme thème mobilisateur, les 40 ans du parti à être célébrés le 8 avril de l’année prochaine. Du côté de l’opposition parlementaire, la réunion des éléphants politiques, en l’occurrence Navin Ramgoolam (PTr), Xavier-Luc Duval (PMSD) et Paul Bérenger (MMM), de demain devra décanter la situation après « la sensation de cafouillage » de ces derniers jours au sujet de la marche avortée réclamant la démission du Premier ministre pour haute trahison. Une décision est attendue sur une action politique sur le terrain et à ce stade, tout semble indiquer qu’un consensus se dégage pour un meeting conjoint des trois formations politiques, dont les modalités devront être harmonisées et mises au point.

Dans la conjoncture, la possibilité d’organisation des prochaines élections municipales, qui avait été reléguée au second plan comme le fut le projet de loi entérinant la révision des honoraires des ministres, des Private Parliamentary Secretaries (PPS) et des parlementaires avec le rapport du Pay Research Bureau (PRB), revient au premier plan. Requinqués par les effets pervers de l’épisode médiatique Sherry Singh au sein de l’opposition, des Top Chefs de Lakwizinn du PMO jouent avec l’idée de snap municipal elections dans les neuf prochaines semaines.

Le décodage du message du président du MSM et ministre des Utilités publiques, Joe Lesjongard, d’hier à l’effet que « enn lamars zot pa pe kapav organize asterla zot pou al diriz pei », confirme cette tendance pour les municipales avant le mardi 18 octobre, soit au plus tard vers la fin de septembre en tenant compte des rendez-vous d’ordre religieux intervenant au cours de cette période. Au cas où ce calendrier électoral est privilégié, des développements, comme la publication des writs of election devraient s’imposer dans les prochaines semaines.

Cette stratégie en vue de surprendre les partis d’opposition dans les villes pourrait être contrariée par un « plan politique présenté comme étant plus grandiose » par l’état-major du Sun Trust. En effet, avec la fin d’un des plus conséquents chantiers d’infrastructure jamais réalisé à Maurice, notamment le Metro-Express reliant Curepipe à Port-Louis en attendant le crochet par le territoire politique du leader du MSM de Moka/Quartier-Militaire (N°8), l’Hôtel du Gouvernement compte projeter cette réalisation en avant-plan.

Mauvais augure

Metro Express Limited, en collaboration avec le ministère de tutelle, travaille sur un Metro Express Tam Tam à travers les cinq villes desservies par ce mode de transport en guise de tremplin pour l’alliance gouvernementale dans sa reconquête des municipalités. En parallèle, les milieux autorisés au Sun Trust soulignent la standing invitation adressée au Premier ministre de la Grande Péninsule, Narendra Modi, pour une visite officielle à Maurice vers la fin de l’année pour l’inauguration formelle du Metro Express.

« L’éventuelle présence de Narendra Modi à Maurice à la fin de l’année servira de caution aux liens étroits entre New Delhi et Port-Louis », fait-on comprendre à l’Hôtel du Gouvernement. Dans cette perspective, les électeurs des cinq villes pourraient être appelés aux urnes au tout début de 2023, soit à un peu plus d’un an de la fin de la présente législature de 2024.

Néanmoins, un unknown sur le plan économique divise Lakwizinn du PMO. D’un côté, les pro-Padayachy se disent confiants que « les fruits de la reprise économique pourront être goûtés », avec entre autres une contribution plus robuste générée par l’industrie touristique. D’autres plus prudents expriment des réserves, d’autant qu’en sus des effets de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’escalade dans le détroit de Taïwan avec la République populaire de Chine en démonstration de force militaire, est porteuse de mauvais augure.

La Mer de Chine constitue une des voies maritimes les plus utilisées avec la Chine comme une des economic and industrial power houses les plus incontournables. Toute instabilité militaire dans cette partie du monde fait craindre de nouvelle rupture dans la supply chain sur le plan international. À ce stade, les politiques aussi bien que les capitaines d’industrie préfèrent jouer la non moins célèbre carte « atan nou ava gete » au lieu de se précipiter pour tirer des conclusions susceptibles d’être alarmistes.

Sur l’échiquier politique que les élections municipales soient organisées avant la prochaine rentrée du 18 octobre ou en début d’année, la consigne de mobilisation est lancée au niveau des différents partis politiques. Ainsi, vendredi prochain, à Triolet, le MSM compte réunir ses partisans des trois circonscriptions du Nord, soit Pamplemousses/Triolet (N°5), Grand-Baie/Poudre d’Or (N°6) et Piton/Rivière-du-Rempart (N°7), pour un premier rassemblement post-Covid-19 sur le terrain.

Ratisser large

Le test politique du MSM devra se poursuivre dans le Sud avec un rendez-vous annoncé à Grand-Bois, puis à l’Est pour les circonscriptions Nos 9 et 10, dans les villes notamment à Curepipe pour les Nos 15, 16 et 17, et plus bas pour La Caverne/Phoenix (N°14) et les régions basses des Plaines-Wilhems (Nos 18, 19 et 20), sans oublier la capitale.

En principe, le focus de cette campagne reste le 40e anniversaire du parti fondé par sir Anerood Jugnauth, avec pour lieutenants alors Harish Boodhoo et Madan Dulloo, entre autres. Mais rien n’empêche qu’en cours de route intervienne une réorganisation avec accent sur les élections municipales.

Dans les rangs de l’opposition, que ce soit du Parti Travailiste, du MMM ou du PMSD, l’on se dit prêt à affronter le MSM dans les 30 arrondissements des cinq villes du pays. « Nous souhaitons voir Pravind Jugnauth donner ces élections couvrant au moins dix circonscriptions du pays avec la situation devenant plus claire sur le terrain. Le plus tôt que ce scrutin est organisé, le mieux ce sera », confie  Patrick Assirvaden, président du Parti Travailiste. Il est rejoint avec le même langage tenu par le secrétaire général du MMM, Rajesh Bhagwan, qui s’insurge contre le fait que « par la faute de Pravind Jugnauth, les électeurs des cinq villes ont été privés de leur droit de vote pour élire leurs conseillers depuis juin 2015. »

En vue de cette échéance électorale dans les villes, la décision de principe est que ces trois partis politiques siégeant dans l’opposition à l’Assemblée nationale se mettront en entente pour affronter les candidats du gouvernement dans les villes. Les modalités devront être rendues publiques au moment voulu. « Dans l’immédiat, la priorité de l’opposition est de faire partir Pravind Jugnauth du pouvoir. Ainsi, les consultations entre les leaders de parti de lundi seront consacrées à une analyse de la situation sur le plan politique et la tenue d’une action politique sur le terrain pour le faire comprendre kare-kare, que l’heure de partir, a bel et bien sonné », maintient-on.

La tenue d’un meeting conjoint de ces trois partis d’opposition est donnée comme probable. Le leader du MMM a déjà fait comprendre que la marche citoyenne envisagée ne rapportera pas les dividendes politiques escomptées.

L’organisation de ce meeting devrait être high on the agenda de la rencontre de demain. La date de cet éventuel meeting politique devra être arrêtée en marge du congrès du Parti Travailliste devant se dérouler le dimanche 28 août au Trianon Convention Centre. En parallèle, les réunions des membres du Constituency Labour Party (CLP) se poursuivent au niveau des différentes circonscriptions en vue du congrès du 28 pour le renouvellement des membres de l’exécutif du parti.

La rencontre des leaders des trois partis de l’opposition parlementaires, après un début du mois d’août où des secousses ont été enregistrées, dont Roshi Bhadain du Reform Party n’ayant d’ « autre choix que de suivre le vote de ses délégués, les ambitions de Nanda Bodha au poste de Premier ministre n’intégrant pas la political matrix envisagée pour affronter Pravind Jugnauth aux prochaines élections ou encore Bruneau Laurette, l’homme derrière la Marche du 29 août 2020, esseulé. »

Pourtant, l’objectif de l’opposition est de ratisser large…

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