Au Sud, soit dans le district de Savanne, les candidats se sont lancés dans une campagne plus ou moins agressive. Propos communaux, attaques personnelles, présence des hommes politiques, des membres du gouvernement pour imposer une influence… Toutes les stratégies sont permises pour remporter cette bataille régionale.

À Chemin-Grenier, l’un des villages les plus importants de la région, une campagne « très malsaine » est dénoncée. La présence du ministre Alan Ganoo est constatée tous les jours dans les villages, surtout à Chemin-Grenier. « Il vient distribuer des denrées alimentaires à des habitants tous les jours. Sauf, qu’il ne sait pas que les habitants de Chemin-Grenier ne veulent plus entendre parler de lui. Alan Ganoo tente bien que mal d’influer sur les votes et ce n’est pas juste envers les autres candidats qui œuvrent sans soutien politique », dénonce-t-on au sein du Groupement pour le Progrès de Chemin-Grenier. « À partir d’aujourd’hui, bann lougarou pou sorti la. D’ailleurs, les candidats, qui bénéficient du soutien politique, ont commencé à acheter des agents des candidats. Nous vivons une campagne très malsaine », ajoute-t-on.

Anil Nemchand, l’ex-responsable des Relations publiques de Bel-Air Sugar Estate, dont on entend souvent en marge de l’Angus Road Saga, est candidat indépendant à Rivière-des-Anguilles. Très actif sur sa page Facebook, il dit « souhaiter apporter sa contribution et expérience à mon village natal ». Il a déjà été candidat aux élections générales en 1990 et estime qu’il y a « plusieurs projets qui doivent être complétés pour ce village tant sur le plan social, éducatif, jeunesse et infrastructurel ». Il dit qu’il « compte bien mettre la pression sur le gouvernement pour réaliser ces projets » s’il est élu conseiller. « You all electors must be knowing me, my background, my career and everything I have done during my long career which started in 1970. How helpful I have been to the community is known to one and all. Electors who can differentiate deversing people will surely vote for me », a-t-il écrit pour son dernier message aux électeurs .

À Surinam, les campagnes se poursuivent ce samedi, avec notamment les campagnes de porte-à-porte, les “meetings” et les réunions avec les agents et supporters. Ibrahim Toofany, un jeune candidat de l’équipe Nuvo Vizyon, déplore également les « campagnes malsaines » dans son village. « Certains partis affichent ouvertement leur couleur politique. De plus, le ministre Alan Ganoo a été aperçu dans le village la semaine dernière. Nous sommes conscients qu’il y a aussi des campagnes communales en cours. Mais nous sommes satisfaits de voir que les villageois parviennent à comprendre ce qui se passe. Ils ne vont pas se laisser influencer par les jeux politiques », dit-il. Et d’ajouter que les habitants de Surinam souhaitent offrir une chance à de jeunes candidats, d’autant que le village est resté “dormant” pendant les huit dernières années.

À Souillac, la tendance est presque la même. Steven Perumal du Mouvement Pour Le Progrès, est à sa première participation pour les élections villageoises. Il se dit « choqué » par les campagnes malsaines qui sont privilégiées. « Les campagnes de porte-à-porte, les réunions et les Meetings se poursuivent jusqu’au dernier jour. Le Mouvement Pour le Progrès est une nouvelle équipe comprenant des jeunes face à trois équipes vétérans. Les scènes dont nous sommes témoins suscitent la colère. La tension est plus palpable ces deux derniers jours. Certains candidats ont distribué des denrées alimentaires aux habitants pour les influencer. J’ai même entendu dire que des candidats, battus lors des dernières élections générales, étaient présents sur le terrain pour soutenir certains candidats. Mais ces actions ne nous affaibliront pas », dit-il.