Enjeu — Politique et économie : Fin de l’arithmétique budgétaire laissant la place à l’équation électorale !

Deux Unknowns pour le scrutin : le dépouillement à la clôture des bureaux de vote et le Political Financing Bill, aussi bien que les ambitions du PMSD, plus particulièrement du clan Duval Consultations enclenchées au plus haut niveau pour la répartition des tickets au sein de l’Alliance Morisien, avec Pravind Jugnauth rendant visite au Leader du ML, Ivan Collendavelloo, à l’hôpital

Dès la fin de la semaine avec la conclusion des étapes pour l’adoption du cinquième et ultime budget de ce mandat du gouvernement de l’Alliance Morisien, l’exercice d’arithmétique budgétaire, que ce soit sur le plan national ou au sein des ménages, cédera la place à l’équation électorale. Les 43 heures consacrées aux débats à l’Assemblée nationale sur le budget du ministre des Finances, Renganaden Padayachy, seront écoulées mardi, avec l’intervention non-chronométrée du Premier ministre et Leader of the House, Pravind Jugnauth. Certes, les Top Chefs de Lakwizinn du Prime Minister’s Office mettent actuellement la dernière main aux arguments sur lesquels s’appuiera Pravind Jugnauth to lay the foundation grounds de cette quête pour un trois d’affilée, soit un Pravind Jugnauth 3.0., sur les races de Narendra Modi. C’est ce qu’affirment les apparatchiks du MSM en prévision de la séance de mardi, dépouillée du piège du Question TIme vu que le budget 2024-25 entamera l’étape marathon du Committee of Supply.

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Dans la conjoncture, l’équation électorale demeure encore entière dans le camp de la majorité gouvernementale. D’abord, deux unknowns constitutionnels demandent à être contournés sur la route menant au Polling Day pour les législatives. Les questions du counting on the same day, soit le dépouillement des bulletins de vote juste après la fermeture des bureaux de vote et l’adoption du Political Financing Bill et de l’amendement de la Constitution pour allouer les pouvoirs nécessaires à l’Electoral Supervisory Commission et au commissaire électoral, demeurent encore entier.

Puis, sur le plan purement politique, le leader du MSM devra attaquer de front l’épineuse question de la répartition des investitures électorales au sein de son parti et ensuite avec ses partenaires d’alliance, en l’occurrence Linite Militan, comprenant la Plateforme Militante de Steven Obeegadoo et le Muvman Patriot Morisien d’Alan Ganoo. Alors que de son côté, le Muvman Liberater d’Ivan Collendavelloo n’a pas encore dit son dernier à part des numéros d’ombre chinoise à Rivière des Anguilles/Souillac (No 13).

Mais la donne se complique pour le Premier ministre sortant avec les ambitions à peine voilées du Parti Mauricien Social Démocrate (PMSD) caressant un rôle d’allié incontournable dans la configuration politique du jour, surtout en complément à la stratégie électorale du No 4 au No 14 du MSM au décompte final de sièges pour le prochain mandat. Même s’ils ne le disent pas haut et fort, une éventuelle intégration du PMSD au sein du MSM est perçue par certains au MSM comme un danger potentiel pour la suite de leur carrière politique.

Ce n’est pas le plus orange des oranges, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint, le frontbencher et président du MSM, Joe Lesjongard, ou encore la Private Parliamentary Secretary (PPS) Tania Diolle, et probablement sans oublier la Deputy Chief Whip de la majorité, Joanne Tour, qui oseront dire le contraire. Et cela pour des raisons évidentes. Même si le moment venu, au nom de la fidélité au leader du MSM, ils consentiront au sacrifice décidé au QG du Sun Trust. Si ce n’est dicté du côté de Lakwizinn du PMO ou encore les desiderata imposés par Marsan Mervey de la majorité.

D’autres comme le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, notamment avec la Molnupiravir Saga, le Deputy Prime Minister et ministre du Logement, Steven Obeegadoo, sur le dossier des logements sociaux de la SLDC, et la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, avec l’échec de l’Extended Programme au secondaire et l’introduction du Kreol Morisien en fin de cycle secondaire, soit au programme d’étude du Higher School Certificate (HSC), sans compter l’Attorney General, Maneesh Gobin, avec la Black Label and Stag Party, malmenés au sein de l’hémicycle lors des Private Notice Questions (PNQ) pourront taire difficilement leurs ressentiments de voir Xavier-Luc Duval de se revêtir de son Palto Larkansiel pour se présenter dans le rôle de l’enfant prodigue de la politique locale à la veille des prochaines élections générales.

En tout cas, intervenant lors des débats sur le budget mardi dernier, l’ancien leader de l’opposition a élaboré le canevas en trois points en vue de remettre en selle électoralement le PMSD. D’abord, dans une tentative de convaincre l’état-major du MSM d’ouvrir la porte des négociations en vue d’un arrangement électoral, Xavier-Luc Duval a découvert ce qu’il présente comme « the undeniable truth about this budget and the Mauritian economy ».

Pacte électoral

 Le leader du PMSD, qui affirme avoir relevé « 12 points on the score », s’alignera sans fioriture sur la thèse défendue par l’Hôtel du Gouvernement au sujet des salaires des cleaners. Un point de convergence non-négligeable. À ce chapitre, il n’est passé par quatre chemins en citant le cas d’un couple de cleaners habitant le village côtier de Grand-Gaube.

« With this budget, as from 01 July, they will be able to bring home a total of Rs 44 500 a month. Now maybe if you earn Rs 300 000 a month or so or Rs 600 000 or whatever, (AxyS note qu’il n’y qu’un salarié sur 20 touchant plus de Rs 75 000 par mois) you can consider that Rs 44 500 a month is a meager sum but it is not. By all means that you can calculate income in Mauritius – disposable income – this amount – Rs 44 500 for a couple that is working », déclare le leader du PMSD. La version du Hansard faisant foi.

Le volet des « grands absents » (l’expression est de XLD) du cinquième et ultime budget de Renganaden Padayachy s’affiche comme le Set Menu pour d’éventuelles négociations avec le MSM en vue de conclure ce pacte électoral. Sans jamais hausser le ton, même s’il intervenait des travées de l’opposition, le leader du PMSD abordera les conséquences de la politique de la dépréciation de la roupie sur le coût du panier de la ménagère, des prix des médicaments en revenant sur l’option des importations parallèles.

Dans un autre ordre d’idées, Xavier-Luc Duval n’aura pas occulté la détresse des familles avec des membres victimes du fléau de la drogue en regrettant que « drug is a huge, huge social problem in Mauritius and it has not been dealt with adequately in this budget ».

Tout en se montrant ironique quant à l’absence de la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation lors des débats sur le budget, le leader du PMSD abordera succinctement l’échec flagrant de l’Extended Programme post-PSAC. « I understand she has a lot of work. But how can this government accept a programme called the Extended Programme ? 3 000 or so children joining the programme every year, upwards of 90% failed that same programme after 3-4-5 years », dira-t-il.

L’ancien leader de l’opposition complètera son electoral shopping list en revenant sur la nécessité de réhabiliter le Mauritius Turf Club aux dépens du clan de Jean-Michel Lee-Shim. « Champ de Mars is a bidonville, Mr Speaker, Sir. it is nothing more than a bidonville at the moment. This is disgusting », laissera-t-il entendre.

La question qui se pose avec la conclusion de l’arithmétique budgétaire est de savoir si les ingrédients politiques proposés par le PMSD pourront faire monter la mayonnaise dans l’équation électorale du troisième mandat.

Néanmoins, le coefficient du PMSD n’est pas l’unique élément. Les alliés du MSM depuis 2014 ou ceux qui se sont joints à la locomotive en cours de route se préparent à se mettre à table avec l’échéance des législatives se précisant. Sur le terrain, Linite Militan du tandem Obeegadoo-Ganoo multiplie les sorties, même si des die-hards du MSM ne se privent nullement pour mettre en garde contre des risques de pêcher dans le même bassin électoral.

La circonscription de Rivière-des-Anguilles/Souillac (No 13) en est un exemple type. Un poulain du ministre Alan Ganoo, Parvez Nunnoo, mène la vie dure sur le terrain au député sortant du Muvman Liberater, Ismaël Rawoo. La dernière astuce du protégé de Ganoo a été de procéder à une distribution de t-shirts à des membres de la force policière affectés à des postes de la circonscription.

Les jours succédant l’adoption de l’Appropriation Bill 2024-25 devront voir une accélération des échanges entre les partenaires de l’alliance gouvernementale au sujet des investitures. À 48 heures de la présentation du budget, Pravind Jugnauth, profitant d’une visite à l’hôpital, s’est entretenu longuement avec le leader du Muvman Liberater, Ivan Collendavelloo. Pour des raisons de santé, ce dernier n’a pas participé aux travaux parlementaires récemment.

Hot political potato

Très peu de détails ont transpiré de ces échanges sur un lit d’hôpital. Sauf que lors de son intervention sur le budget au cours de la semaine écoulée, le Deputy Speaker et membre du Muvman Liberater, Zahid Nazurally, s’est permis de faire un plaidoyer pour que le dossier d’Ivan Collendavelloo au sujet du scandale de pots-de-vin allégué sur le contrat de la centrale thermique de Saint-Louis, datant de quatre ans, soit décidé par la Financial Crimes Commission, qui a pris le relais de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC).

En parallèle, deux unknowns devront être résolus en prélude à la dissolution de l’Assemblée nationale, devant intervenir au maximum juste avant le 9 octobre. D’abord, la Commission électorale est appelée à gérer une hot political potato sous la forme de Regulations pour le dépouillement des bulletins à la fermeture des bureaux de vote le jour du scrutin. Les chances d’une telle éventualité se sont amenuisées au fil des consultations menées par le commissaire électoral, Irfan Rahman, avec les différents stakeholders, que ce soit d’ordre politique ou syndical.

La Commission électorale s’apprête à recevoir une délégation du MSM et de ses alliés au plus tard à la fin de ce mois en vue de consigner leurs points de vue à ce sujet. Ensuite, une délégation de la Commission se rendra à Rodrigues en vue d’entreprendre le même exercice, d’autant que Rodrigues a déjà l’expérience pratique du same day counting.

Subséquemment, un rapport détaillé sera présenté à l’Electoral Supervisory Commission en vue de décider de la marche à suivre avec les chances accrues d’un statu quo, avec le dépouillement des bulletins de vote venant des 334 écoles transformées en centres de vote, se déroulant le lendemain.

Une autre initiative électorale vouée à l’échec n’ayant aucune chance de se matérialiser concerne le nouveau cadre pour le financement des partis politiques. Lors des délibérations du conseil des ministres de vendredi dernier, le gouvernement a pris la décision de présenter à l’Assemblée nationale le Political Financing Bill et l’amendement de la Constitution accompagnant ce texte de loi avec des pouvoirs et prérogatives étendues à l’Electoral Supervisory Commission et au commissaire électoral.

Faisant face à un déficit au titre de la majorité qualifiée de trois-quarts sous la Constitution, le gouvernement ne dispose d’aucune chance d’obtenir un vote favorable pour ces derniers textes de loi avant l’ajournement-dissolution.

 

 

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