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La publication française Tourmag, spécialisée dans le tourisme et l’hôtellerie, très connue dans les milieux touristiques à l’étranger comme à Maurice, consacre un article dans son édition du 26 juillet à Maurice, sous le titre évocateur d’« Imbrogliamini : Alors Maurice, tu l’ouvres quand, ton île ? »

L’article, signé Jean Da Luz, directeur de la rédaction, s’interroge sur la date à laquelle les autorités mauriciennes rouvriront les frontières aériennes, surtout que Maurice est une destination très appréciée des voyageurs français : « Destination fétiche des Français dans l’océan Indien, le flou artistique plane toujours sur la date d’ouverture de l’île Maurice aux touristes. Les pouvoirs publics avaient déjà surpris et ému le monde entier en annonçant qu’en raison de la COVID-19, il n’était pas question de mettre un seul orteil dans l’île-aux-Cerfs avant le 31 août 2020. Alors, que se passe-t-il exactement ? » se demande Jean Da Luz.

Dans son article, il rappelle que l’industrie du tourisme est un secteur clé de l’économie locale, ajoutant qu’outre la manne de devises, il est une « véritable locomotive qui booste le commerce, les groupes hôteliers, la restauration, le bâtiment, le transport, l’artisanat, etc. » Le journaliste ajoute qu’« autant dire qu’une chute brutale aura de lourdes conséquences sur le pouvoir d’achat de la population et du pays tout entier ».

Dans la conjoncture délicate de la COVID-19, Tourmag met aussi le doigt sur la perte de compétitivité de la destination Maurice, depuis l’année dernière, c’est-à-dire bien avant la pandémie, « depuis l’année dernière, son pouvoir d’attraction était déjà en chute libre par rapport à ses concurrents directs (Seychelles, Maldives, Sri Lanka) », précisant « et comme un malheur ne vient jamais seul, la COVID-19 est venue crucifier un peu plus les acteurs du tourisme en début d’année ».

Tourmag se réfère également aux tribulations d’Air Mauritius, « à la santé chancelante et concurrencée par tous les transporteurs du Golfe », qui a dû réduire la voilure et licencier la moitié de ses effectifs. « Le risque d’une disparition prématurée n’est pas à écarter quand on connaît le contexte et les difficultés des compagnies dans le monde en général, et dans la région en particulier », écrit Jean Da Luz.

La crainte des autorités de rouvrir les frontières peut être « légitime et justifiée », dit Tourmag tout en soulignant que « les observateurs pensent que cette crainte pourrait aussi cacher des raisons moins avouables sur le plan politique ». Et de poursuivre : « La crise sanitaire est aussi un enjeu de pouvoir pour les partis en place qui pourraient en sortir renforcés… ou pas ! Le tout sur fond d’élections municipales à venir et de passe d’armes entre la presse mauricienne, très critique vis-à-vis de l’action du Premier ministre et de sa gestion de la crise sanitaire. »