Fraîchement élu président de l’Association mauricienne de tennis de table, l’ancien pongiste Rajessen Desscann nous dévoile ses plans et objectifs pour son mandat. Alors que le travail qui a été fait il y a déjà quelques années commence à porter ses fruits, c’est dans cette même lignée que le nouveau n°1 de l’AMTT souhaite faire avancer cette discipline à Maurice.

Vous avez connu la gloire en étant joueur et désormais vous vous trouvez président de la discipline qui vous a fait émerger sur la scène locale et internationale. Comment réagissez-vous ?


C’était une étape inévitable dans cette aventure. Après ma carrière de joueur, j’ai été entraîneur pour être ensuite technical manager de l’AMTT, et être président, c’est une ascension qui a pris le temps nécessaire. J’espère faire honneur à mes prédécesseurs et ainsi répondre aux attendes des pongistes mauriciens.

Quelle a été l’importance de passer par ces différentes étapes ?


Selon moi, avant de devenir président d’une fédération, il faut connaître les bases de sa discipline.

Selon vous, que pouvez-vous apporter de plus au tennis de table mauricien ?

Il faut savoir que j’ai toujours été au côté de l’ancien président de l’AMTT, Vimal Basanta-Lala, et nous avons commencé un travail ensemble et j’irai vers cette continuation. Et surtout qu’après 17 ans Maurice a réussi à décrocher une médaille africaine, je souhaite avec les différents techniciens, comme le directeur technique national, Cédric Rouleau, et l’entraîneur national, Allan Arnachellum, essayer de porter le tennis de table mauricien vers les sommets.

Même si le comité directeur a été élu de facto, êtes-vous satisfaits de votre nouvelle équipe ?

À 100%. Parmi les huit membres, il y en a cinq qui ont défendu Maurice dans les années précédentes, et les trois autres ont fait partie intégrante de l’AMTT. Donc, ils ne sont pas des novices.

Selon vous, qu’est-ce qui est mieux, être un ancien pongiste ou être un spécialiste de l’administration pour partie de la fédération ?


Je pense qu’il faut les deux. Prenons mon cas. Je ne dirai jamais qu’ayant évolué à un haut niveau je serai le meilleur président que l’AMTT ait connu. Il y a plusieurs aspects à prendre en compte lorsqu’il faut diriger une fédération, et c’est là que l’aspect administratif entre en jeu. Ce mélange d’univers est inévitable pour le bon fonctionnement de l’AMTT.
De ce fait, vous renouvelez votre confiance au duo Rouleau-Arnachellum ?
Je n’ai aucun doute dans leurs capacités, et cela après les récentes bonnes performances aux championnats d’Afrique seniors. Ayant occupé ces postes, je connais la difficulté et les responsabilités. Il faut savoir qu’un entraîneur ne peut former un pongiste sur un an et espérer des résultats, car cela prendra le temps qu’il faut.

Donc, vous êtes satisfait du travail effectué par le DTN ?


Bien évidemment. Avec la situation actuelle, le fait de travailler en pleine pandémie n’est pas évident, car nous avions des projets. Mais peu importe, je suis satisfait de son travail.

Psychologiquement, comment l’AMTT aide-t-elle ses pongistes en ces temps de pandémie ?


C’est certainement un coup dur pour eux. 90% des compétitions internationales ont été annulées. Au niveau des entraînements, nous avons connu des perturbations avec la fermeture et la réouverture du centre à la suite de cas détectés. Durant les trois dernières semaines, nous avons eu uniquement trois séances d’entraînement. Nous avons essayé de trouver des solutions, comme faire en sorte que les élites puissent bénéficier des compétions comme le Top 10 Gymkhana Open qui débutera prochainement.

Après 17 ans, Maurice a décroché une médaille continentale. Selon vous, pourquoi cela a pris tout ce temps ?

Est-ce que ce sont les autres pays qui ont progressé ou c’est Maurice qui n’était pas niveau ?
Pas vraiment. La dernière médaille avant celle de cette année date de 2004, et j’étais à cette époque encore joueur. De 2004 à 2007, je pense que le travail n’avait pas été fait correctement. Lorsque j’ai intégré la fédération en 2007, il y avait un énorme travail à faire et nous avons alors créé un projet pour l’élite. Et Prathna Jalim est la preuve que ce projet a été une réussite.

Dans l’histoire du tennis de table mauricien, vous êtes le seul pongiste à avoir décroché une médaille d’or aux Jeux des îles de l’océan Indien en simple hommes. Pourquoi vos successeurs tardent-ils à venir ?

Les JIOI de l’après-2007 étaient différents de ceux que j’ai connus. La majorité des joueurs des différentes îles comme les Maldives, Mayotte ou La Réunion évoluent tous en Europe et le niveau à ce stade est très élevé. Et certainement, cela fait une grande différence.
Quel est le projet que l’AMTT mettra en place pour redresser cette situation ?
Nous avons déjà deux pongistes en Europe, Prathna Jalim et Zayhan Sheik Hossen, qui sont en France. À l’avenir, nous souhaitons envoyer des jeunes à l’étranger et de là, dans trois ou quatre ans, nous pourrions avoir de bons résultats.

Donc, les résultats ne viendront pas de sitôt…
Pas vraiment. En masculin, nous avons du retard au niveau du continent.

Selon vos dire, nous remarquons que vous restez réaliste en ce qu’il s’agit du niveau local…
C’est sûr. Je ne dirai pas que nous avons un gros retard à rattraper, mais nous avons des pongistes de talent qui émergeront prochainement.
Y a-t-il un plan qui a été établi pour maintenir les championnats nationaux ?


Effectivement. Nous espérons pouvoir réaliser ces championnats d’ici fin décembre. Au niveau des formules, l’équipe technique travaille actuellement sur ce dossier, mais peut-être que cela se tiendra sur deux semaines afin de respecter les mesures sanitaires.
Qu’en est-il des prochaines échéances internationales ou continentales ?
Cette année, il n’y a aucune compétition. Toutefois, en 2022, nous avons les championnats d’Afrique jeunes à Madagascar, auxquels nous souhaitons participer car n’étant pas trop loin de Maurice, et les Jeux de la CJSOI.

Donc, l’accent a été mis uniquement sur les jeunes pour 2022 ?


Pas du tout, car pour les seniors, on se doit d’attendre les dates de confirmation qui ne cessent d’être repoussent à cause du Covid. Et c’est pour ça que cette année, au niveau de l’AMTT, nous n’avons pas établi un calendrier sur un an mais sur quatre mois, et cela afin d’être prêts à toute éventualité par rapport à cette pandémie.