Le ministre des Finances Renganaden Padayachy

Dans le sillage de la réouverture des frontières le 1er octobre, Le Mauricien a rencontré le ministre des Finances et du Développement économique, Renganaden Padayachy, pour faire le point sur la situation économique et évoquer les enjeux de la relance. Pour le Grand Argentier, la réouverture totale de nos frontières constitue bien une étape importante pour assurer une reprise franche et durable de notre économie.  « Cette phase tant attendue a été rendue possible par le véritable Game Changer de cette crise : la vaccination ».  Il annonce que son ministère enclenche actuellement des mesures pour ramener le niveau d’endettement du gouvernement sous la barre des 80% du Produit intérieur brut (PIB) d’ici 2022. « C’est dans cette perspective que j’ai institué le Comité de soutenabilité des finances publiques », fait-il ressortir.

Comment se présente l’économie  près de 18 mois après la fermeture des frontières ?

Il est clair que nous revenons de loin. Pendant plus d’un an et demi, nous avons vécu dans l’incertitude et l’expectative la plus totale. Nos repères et habitudes, notre mode de vie, ont été complètement chamboulés.

Il va sans dire, l’économie mauricienne a été mise à rude épreuve : deux confinements, la fermeture de nos frontières et des restrictions nécessaires pour protéger la santé de nos compatriotes. Je rappelle que l’économie a connu deux contractions successives, -6,9% pour l’année fiscale 2019-2020 et -5,4% pour l’année fiscale 2020-2021.

Pour vous donner une idée de l’ampleur du choc, nous sommes passés d’un flux annuel pré-Covid de 1,3 million de touristes pour la période 2018-2019 à plus de 3 000 touristes à peine en 2020-2021. Rendez-vous compte, c’est une baisse de 99,7% des arrivées touristiques ! Sur la période, nous avons facilement perdu 1,6 million de touristes. En termes de devises étrangères, c’est un manque à gagner de près de Rs 100 milliards.

Dans ce contexte, la réouverture totale de nos frontières est, bien entendu, une étape importante pour assurer une reprise franche et durable de notre économie. Cette phase tant attendue a été rendue possible par le véritable Game Changer de cette crise : la vaccination.

C’est le nouveau souffle, la bouchée d’oxygène, dont nous avons besoin pour atteindre les objectifs de croissance que nous nous sommes fixés.

Et aujourd’hui alors?

Le pire est aujourd’hui derrière nous. Nous sortons de la crise en ayant réussi à protéger la structure de notre économie, de notre capital industriel et humain. Concrètement, cela veut dire que nous avons œuvré efficacement pour empêcher les défauts de paiement, éviter les faillites et préserver les emplois.

Avec toujours le même pragmatisme, nous avançons dans un climat de retour à la confiance. Regardant vers l’avenir, la stratégie mauricienne s’articule maintenant autour du triptyque Relance, Résilience et Renaissance. Je crois fermement en notre capacité à rebondir et à renouer avec une croissance soutenue, durable et inclusive. Le retour des investisseurs et des touristes à Maurice va booster notre activité économique. Nous devons, ensemble, accompagner et accélérer cette tendance.

À cet effet, nous mettons tout en œuvre pour réussir. À l’instar de l’institution de la Project Implementation Monitoring Agency pour l’investissement public ainsi que du High-Level Committee pour l’investissement privé, qui se réunissent tous deux mensuellement sous la présidence du Premier ministre, Pravind Jugnauth.

Avant que le pays ne soit frappé de plein fouet par la crise économique et sanitaire due au Covid-19, des problèmes économiques, notamment au niveau de la dette, étaient là?

L’endettement public est un thème que j’ai abordé plusieurs fois et qu’il est important de traiter avec discernement. De prime abord, permettez-moi de souligner qu’au-delà du niveau de la dette, ce qui importe bien plus, c’est sa soutenabilité.

Pour ce qui est du cas mauricien, comme partout ailleurs dans le monde, il n’est pas une surprise que notre taux d’endettement a augmenté face au ralentissement brutal de l’activité économique et à l’augmentation des dépenses publiques pour faire face à la crise.

Une fois encore, ne nous arrêtons pas au simple ratio endettement/PIB. Ce serait une erreur de jugement, un parti-pris contre-productif. Il faut prendre le sujet dans une perspective de moyen et long terme. C’est sur sa tendance qu’il faut se pencher tout autant que sur l’utilisation et les sources de financement de cette dette.

Et ce n’est pas le Fonds monétaire international (FMI) qui dira le contraire. La récente mission du FMI au titre de l’Article IV a ainsi conclu que notre secteur public est viable compte tenu de sa structure, de son profil et de sa composition. Cette analyse s’appuie sur les conclusions globales du FMI quant au niveau de dette post-Covid dont la directrice générale a fait part « Please spend as much as you can […] to protect the economy from collapse. »

Maurice a par ailleurs fait le choix responsable de recourir à hauteur de 79% de notre dette totale à des financements nationaux. Nous nous appuyons sur les partenaires locaux pour maintenir et renforcer notre souveraineté financière.   Cela ne veut en revanche pas dire que les prêteurs internationaux boudent Maurice, bien au contraire.

Maurice, seul pays africain avec le Botswana à être classé par Moody’s comme pays à investissement de qualité, possède toute la confiance des institutions de financement. Le Japon et l’Agence française de Développement (AFD) l’ont d’ailleurs montré récemment.

Que comprenez-vous par investissement de qualité ?

Nous ne sommes absolument pas dans un engrenage où il nous faut nous endetter pour financer nos dépenses courantes. Nous empruntons pour financer les dépenses d’investissements, c’est totalement différent.

C’est un choix bien évidemment stratégique puisque nous connaissons l’effet multiplicateur des dépenses d’investissements sur l’activité économique. En effet, selon les analyses conduites par mon ministère, chaque roupie dépensée dans un projet d’investissement – public ou privé –  induit un effet multiplicateur de Re 1.54 dans l’économie dans son ensemble et 32 sous de revenus fiscaux à l’État.

Une des références en la matière, l’économiste Olivier Blanchard, l’a expliqué très clairement. Professeur d’économie à Harvard, au Massachusetts Institute of Technology et chef économiste du FMI entre 2008 et 2015, soit pendant la Grande crise, il défend ardemment que : « La dette est coûteuse, mais pas catastrophique. Être obnubilé par sa réduction, au prix de dépenses d’infrastructures réduites ou de chômage plus élevé, est une erreur. » Tout en ajoutant : « Les taux d’intérêt bas, plus bas que le taux de croissance dans la plupart des pays, changent complètement la problématique. Le coût budgétaire de la dette devient quasiment nul. Si le taux de croissance excède le taux d’intérêt, le rapport dette sur PIB diminuera au cours du temps, sans avoir jamais besoin d’augmenter les impôts. »

Ainsi, automatiquement, si la croissance du PIB réel ou nominal surpasse celle du déficit alors le niveau de dette diminue mécaniquement. C’est aussi en cela que la relance économique est clé, car elle permet de rendre notre dette soutenable à moyen et long terme.

Mais, nous devons aussi adopter la stratégie de la fourmi. Alors que nous sortons de la crise, il nous faut être consciencieux. Nous travaillons d’ores et déjà, au niveau de mon ministère, pour ramener le niveau d’endettement du gouvernement sous la barre des 80% du PIB d’ici 2022. C’est dans cette perspective que j’ai institué le comité de soutenabilité des finances publiques.

En tant que ministre des Finances il vous revenait d’approuver toutes les dépenses supplémentaires de toutes sortes. Étiez-vous confiant de trouver les fonds nécessaires ?

La période a été, comme vous pouvez l’imaginer, marquée par des prises de décisions multiples dans un contexte d’urgence historique. Les deux derniers budgets ont été préparés et présentés en pleine crise sanitaire dont il était extrêmement difficile si ce n’est impossible d’anticiper avec exactitude les conséquences en termes économiques. En période normale, élaborer des anticipations et prévisions économiques est déjà un exercice complexe. Alors imaginez-vous en pleine crise sanitaire et économique.

Pendant ces deux années, notre stratégie a été dynamique. Pleinement conscients que cette crise initialement sanitaire allait rapidement se muer en une crise économique, nous nous sommes adaptés à son évolution car nous ne pouvions pas mesurer en amont, par manque de visibilité, son ampleur.

Ce gouvernement, sous le leadership du Premier ministre, a très vite compris qu’il nous faudrait trouver les ressources complémentaires pour faire face quand la question se poserait. Au lieu de procéder à des dépenses à l’aveugle, nous avons fait le choix de prendre, au fur et à mesure, les décisions budgétaires qui s’imposaient sur fond d’une crise dont la forme et l’ampleur ont été, je l’ai dit, évolutives.

Avec le recul quelles sont les mesures les plus importantes que vous avez prises pour traverser la crise ?

Depuis le début de la crise, préserver notre capacité de production s’est constitué comme la stratégie du gouvernement. Il s’agissait de soutenir les secteurs les plus durement impactés par la crise, notamment ceux de l’aérien et du tourisme. Sans quoi, l’effet boule-de-neige entrainé par l’affaiblissement structurel de ces industries aurait anéanti notre économie tout entière. Notre but a été et reste d’empêcher cet effet ricochet.

Pour faire face à l’onde de choc, le gouvernement a choisi d’aller très vite et d’aller très loin dans son soutien aux opérateurs et aux ménages mauriciens. Sans nul doute au-delà de tout ce que nous aurions pu imaginer en temps normal.

Parmi l’arsenal des mesures introduites, je vous cite quelques-unes des plus importantes qui ont véritablement permis de protéger notre économie et notre population :

le financement direct des salaires que le gouvernement a accordé au travers du Wage Assistance Scheme et du Self-Employed Assistance Scheme au bénéfice de plus de 540 000 Mauriciens. Depuis mars 2020, ce sont plus de Rs 25 milliards, soit 6% du PIB, qui ont été déboursées ;

l’ouverture de lignes de crédit à des taux préférentiels et de moratoires sur le capital et l’intérêt de la dette par la Banque de Maurice, la DBM et la SIC à hauteur de Rs 37 milliards ;

la mise à disposition de Rs 80 milliards par l’entremise de la création de la Mauritius Investment Corporation (MIC) ;

le soutien du gouvernement au profit d’Air Mauritius pour Rs 12 milliards ; et

le soutien au pouvoir d’achat des Mauriciens par le biais des subsides sur de nombreux produits alimentaires et le maintien des avantages sociaux, en particulier de la pension.

D’un point de vue holistique, il est clair que le gouvernement a déployé des moyens extraordinaires pour lutter contre la crise. Ce courage, cette détermination et ce sens de l’action juste et efficace portés par le Premier ministre ont largement été salués par les organisations internationales.

La Banque mondiale estime que la Response du gouvernement face au Covid-19 est d’ailleurs considérée comme étant la quatrième plus importante au monde, représentant 32% du PIB.

Le recours aux fonds de la Banque de Maurice était-il une solution facile comme vous le reprochent vos détracteurs ?

Une solution de facilité, certainement pas. Une solution innovante, efficace et nécessaire dans une situation de crise sans précédent. Oui. Je le dis simplement, sans cette approche coordonnée des pouvoirs publics, que ce soit du côté fiscal et monétaire, nous aurions été voués à l’échec.

Regarder dans la même direction, c’est la seule façon de servir l’intérêt national. Les décisions prises, tant la subvention accordée par la banque centrale au gouvernement que la création de la MIC, s’inscrivent dans ce cadre précis.

Sans ces mesures, nous aurions connu des licenciements massifs, des faillites en cascade et l’écroulement du système bancaire, bâtissant le creuset du chaos économique.  Je laisse ces critiques de côté, qui ne proposent aucune alternative. Nous devrions nous réjouir d’avoir eu cette marge de manœuvre de la Banque de Maurice, comme cela est le cas en Inde, où le gouvernement a bénéficié d’une subvention de la Reserve Bank of India (RBI) à hauteur de 13,5 milliards de USD.

Êtes-vous satisfaits que les fonds octroyés au MIC sont utilisés de manière judicieuse ?

Comme je l’ai déjà dit, la MIC est un formidable outil, une chance pour le pays. La compagnie a largement contribué à préserver les emplois, en particulier dans le secteur touristique.

La MIC est une entité autonome, qui investit de manière indépendante. Et je suis persuadé que les récentes déclarations du président de la MIC, Mark Florman, ne vous ont pas échappé. Il a indiqué clairement que les détails des opérations de la MIC seront publiés en toute transparence et dans le respect des règles de bonne gouvernance.

Les points forts du budget 2021 2022 ont été la relance de la consommation et de l’industrie de la construction. Les deux domaines reposent entièrement sur l’importation. Pourquoi ce choix ?

Effectivement, vous avez raison de dire que le budget 2021-2022 fait la part belle à l’investissement et à la consommation. Restaurer la confiance et relancer la machine économique en misant sur des industries clés sont au cœur des enjeux du dernier budget.

Pour assurer une reprise robuste et tournée vers des secteurs stratégiques, nous misons sur un grand plan en faveur de la relance de l’investissement public et privé ainsi que sur l’émergence de nouvelles industries, celle de la biotechnologie et des énergies renouvelables tout comme sur la transformation des industries dites traditionnelles telles que la canne à sucre.

Quid de la consommation ?

Pour en revenir à votre question sur la consommation, pourquoi présenter la consommation comme un mal qu’il faut absolument combattre ? D’un point de vue économique, la consommation est un indicateur clé dans la mesure de l’activité. Il est crucial de se défaire de cette fausse perception qui consiste à résumer la consommation à l’importation. Statistiques à l’appui, la consommation de biens et services à Maurice est en grande partie locale.

Plus de la moitié de ce que nous consommons est produit à Maurice.  La consommation est un puissant révélateur de la confiance des ménages et des opérateurs. Une reprise de l’activité entrainera bien évidemment une hausse dans la consommation. C’est un cercle vertueux, et une excellente chose !

C’est l’une des raisons pour lesquelles ce gouvernement n’a de cesse de promouvoir notre autonomie à travers la fourniture locale de biens et de services. Sans consommation, c’est tout l’écosystème de la production locale qui sera affecté avec les risques que cela représenterait pour des dizaines de milliers d’emplois.

Alors que le CPB joue un rôle clé dans l’allocation des contrats publics, son directeur et son ingénieur principal ont été interpellés par l’ICAC. Ne pensez-vous que cela instille un doute dans la population concernant l’allocation des contrats ?

Comme vous le savez, je ne suis pas habilité à commenter une enquête en cours. En revanche, il est clair que l’ouverture d’une enquête par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) témoigne du haut degré d’indépendance de nos institutions.

Je rappelle que Maurice, d’après le classement du très respecté The Economist Intelligence Unit, est le seul pays d’Afrique à faire partie de la catégorie des démocraties pleines et entières. Nous sommes même classés devant de grandes démocraties telles que les États-Unis. Cet excellent résultat est évidemment imputable à la qualité de nos institutions.

Revenons sur le terrain économique, la sortie d’Air Mauritius a été accueillie favorablement mais beaucoup se demande d’où vient les Rs 12,5 milliards que le gouvernement a déboursées pour renflouer la compagnie aérienne ?

Comme l’a très récemment indiqué le Premier ministre, le sauvetage d’Air Mauritius constitue un élément crucial de notre stratégie. Posséder une compagnie aérienne nationale assure notre indépendance économique et représente un atout économique majeur pour notre pays. Création d’emplois, connectivité régionale et internationale, positionnement de Maurice comme destination de premier choix sont quelques-uns des bénéfices que nous en tirons.

L’exemple de la crise de la Covid-19 a été un puissant révélateur de l’importance stratégique d’Air Mauritius. En effet, nous connaissons parfaitement le rôle central de la compagnie au cours de ces 18 derniers mois.

Alors que les frontières étaient fermées, et les avions au sol, c’est bien grâce à Air Mauritius que nous avons pu nous procurer les équipements médicaux et vaccins nécessaires. Il en va de même pour le rapatriement de nos concitoyens qui aurait été impossible sans Air Mauritius.

De façon plus globale, Air Mauritius s’est imposée comme le maillon central de notre ouverture à l’international, du point de vue du commerce mondial mais surtout en ce qui concerne l’assise de notre secteur touristique. Je rappelle que c’est près de la moitié des touristes qui voyagent à Maurice via Air Mauritius.

Les Rs 12 milliards ont été avancées par le gouvernement à Air Mauritius. Cette décision a été prise le cadre du plan de sauvetage de la compagnie aérienne mais surtout avec une vision ambitieuse pour l’avenir.

Par le truchement de la création d’Airport Holdings Ltd (AHL), nous allons bâtir une plus grande synergie et plus d’efficience au niveau du secteur aéroportuaire.  Notre vision est claire, c’est celle du modèle d’Airport-City pleinement intégré au territoire et créateur d’emplois.

Comment se présente le Comité conjoint privé-public ? Cela participe-t-il à réunir les conditions pour assurer le décollage économique du pays ?

La mise en place de ce comité témoigne de la volonté portée au plus haut niveau de l’État de baser notre relance sur un dialogue continu et efficient entre le public et le privé.

Le budget 2021-2022, intitulé Better together, Mieux ensemble, est précisément un appel lancé aux opérateurs privés pour que nous bâtissions conjointement et intelligemment la reprise économique.

Encore une fois, regarder dans la même direction et avancer en ordre de bataille n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Assurément, la mise en place d’un tel comité fait partie des conditions nécessaires pour assurer la reprise de notre économie.

J’en profite pour vous annoncer que la prochaine réunion du comité conjoint se tiendra d’ici à la mi-octobre et pour adresser un message de remerciements à l’ensemble des opérateurs qui, avec volontarisme et intelligence, jouent le jeu de la coopération.

C’est pour le meilleur de notre pays, de notre économie, de notre population. Voir cette synergie se développer apporte de la confiance, de l’espoir et des perspectives pour notre avenir. C’est réjouissant !

Jean Marc POCHÉ

« Air Mauritius s’est imposé comme le maillon central de notre ouverture à l’international, du point de vue du commerce mondial mais surtout en ce qui concerne l’assise de notre secteur touristique. Je rappelle que c’est près de la moitié des touristes qui voyagent à Maurice via Air Mauritius ».

« Ce gouvernement n’a de cesse de promouvoir notre autonomie à travers la fourniture locale de biens et de services. Sans consommation, c’est tout l’écosystème de la production locale qui sera affecté avec les risques que cela représenterait pour des dizaines de milliers d’emplois »

« Pour assurer une reprise robuste et tournée vers des secteurs stratégiques, nous misons sur un grand plan en faveur de la relance de l’investissement public et privé ainsi que sur l’émergence de nouvelles industries, celle de la biotechnologie et des énergies renouvelables tout comme sur la transformation des industries, dites traditionnelles, telles que la canne à sucre ».