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Avec la Risky Exposure de Rs 6 milliards, des souscripteurs à une émission de Credit-Linked Notes de USD 20 M en appellent au régulateur du secteur des services financiers

MCB-CM Structured Finance Ltd : « The unexpected disclosure of the true financial situation of NMC following the discovery of a massive fraud is distressing for all the victims of the fraud »

Depuis fin février dernier, date à laquelle avaient débuté les déboires financiers du groupe NMC Healthcare Ltd à la Bourse de Londres, la Financial Services Commission (FSC) et le Stock Exchange of Mauritius (SEM) ont accusé un déficit en communications. Et pourtant, des souscripteurs à des Credit-Linked Notes de USD 20 millions (Rs 800 millions), fonds levés par MCB Capital Markets Limited par le truchement de CM-Structured Finance Ltd, en passant par la SEM, vont perdre gros. Cette affaire, que la MCB Capital Markets Ltd, un des ténors sur la place financière, arrive difficilement à gérer, fait partie du scandale de Risky Exposure de l’ordre de Rs 6 milliards, affectant au moins cinq institutions bancaires à Maurice. Pour ce qui est du volet des banques, la Banque de Maurice a déjà commandité les services d’un Special Investigator sous les dispositions de la Banking Act, avec des Warnings et recommandations en vue de remédier aux lacunes flagrantes notées sur le plan du respect des règlements. Par contre, le silence, pour ne pas dire le sommeil, de la Financial Services Commission et du Stock Exchange Commission pourrait être interrompu incessamment.
Et pour cause : des souscripteurs à ces Credit-Linked Notes pour le compte de CM-Finance Structured, d’une valeur de USD 1 000 (Rs 40 000) pour un montant de Rs 800 millions, ont saisi l’instance régulatrice pour une enquête au sujet des dessous de cette affaire. Aux termes des conditions de souscription avec la mise en faillite à l’étranger, notamment à Londres et à Dubaï, du géant NMC Healthcare Ltd, pour fraude massive dans les comptes, ils ne pourront recouvrer que 10% de leurs placements, leurs économies fondant ainsi comme neige au soleil. Jusqu’ici, ils n’auraient bénéficié d’aucun retour sur investissements vu que l’émission était intervenue en août de l’année dernière.
Le principal grief de ces souscripteurs, dont une bonne partie se révèle faire partie de la clientèle de la plus importante banque commerciale du pays, avec des dépôts fixes, est de savoir si toutes les précautions de Due Diligence avaient été engagées et suivies conjointement par la MCB Capital Markets Ltd et la CM Structured Finance Ltd avant de recommander ces placements. Ces clients victimes souhaitent voir la FSC intervenir dans les meilleurs délais en vue de tirer au clair ces zones d’ombre, d’autant plus qu’ils déplorent les conditions de quasi-opacité dans laquelle s’est déroulée l’assemblée des souscripteurs des Credit-Linked Notes le 31 août dernier.
D’ailleurs, à la suite des questions et protestations énergiques des Notes-Holders enregistrées lors de ces échanges à huis clos, et dans des conditions de surveillance sans pareille, le board de CM-Structured Finance Ltd, émanant de la MCB Capital Markets Ltd, n’a eu d’autre choix que de faire son mea culpa dans un communiqué public en date de samedi dernier. Tout en faisant état de six étapes pour la vérification avant de lancer l’émission de souscription de USD 40 millions en août de l’année dernière, cette instance concède que cette fraude massive dans les livres de la NMC Healthcare Ltd n’avait pas été détectée.
« We appreciate that the unexpected disclosure of the true financial situation of NMC following the discovery of a massive fraud is distressing for all the victims of the fraud, including the Company and the noteholders. Unfortunately, the fraud was not detected by any of NMC’s closest partners, including its auditors, its main banker, the global community of lenders, equity researchers and rating agencies », souligne la direction de CM Structured Finance Ltd, qui assure avoir retenu des services de Top Guns pour la conseiller.
« The Board (of CM Stuctured Finance Ltd) has acted based on the advice of lawyers of international repute, who have been specifically retained to assist the Company. The Company will continue to take such actions as may be necessary to ensure that any recovery is maximised », ajoutent les auteurs du communiqué, alors que tout semble indiquer à ce stade que « “Ite, missa est”, soit la messe est dite, et qu’il n’y a aucun moyen de recouvrer le moindre penny des placements consentis suite à des transferts de dépôts fixes contre promesse de Remunerative Returns ».
La filiale du MCB Group fait comprendre sous force de mea culpa que « as at the date of issue of the Notes, the Company believed in good faith and after a careful assessment that NMC Healthcare LLC and NMC Health PLC (together, “NMC”) was a credit- worthy borrower and a strong guarantor respectively ». Elle énumère les différentes étapes préalables à l’émission de Credit-Linked Notes, à savoir, entre autres :
– Une analyse approfondie des bilans financiers et du Business Model de NMC Healthcare Ltd, confirmant des « healthy, cash generating, and profitable companies » sous la signature des firmes d’experts-comptables Ernst & Young de Londres, et Ernst & Young, des Émirats Arabes Unis;
– Les notations par des agences internationales;
– Les perspectives d’expansion des activités dans le secteur de la santé en Afrique;
– La réputation de NMC Health Care sur la place internationale, notamment « the global community of major lenders and the company’s track record of successfully raising funds in the international capital markets »;
– La performance des titres de NMC Healthcare sur la Bourse de Londres;
– Sans compter un constat de visu des facilités de santé disponibles à Abou Dabi et des séances de travail avec la NMC’s Senior Management Team.
En tout cas, des spécialistes de la place financière s’accordent à faire comprendre que l’avis de la Financial Services Commission et du Stock Exchange of Mauritius ne seraient pas de trop dans la conjoncture, des souscripteurs perdant gros en la circonstance avec les Credit-Linked Notes, pour complémenter les mesures préconisées par la Banque de Maurice en matière de Guideline on Cross-Border Exposure.