Ils attendaient au moins une rencontre avec le ministre de l’Agro-industrie, Maneesh Gobin, après que plusieurs lettres lui ont été adressées sur leur situation. Les membres de l’Agricultural Development Marketing Association (ADMA), très inquiets de ce qu’ils vivent en ce moment, demandent qu’ils soient encadrés par le gouvernement pour l’avenir du secteur agricole à Maurice.

Les problèmes auxquels fait face l’ADMA sont multiples. C’est en somme ce qu’avance son président, Kaviraj Santchurn. Mais l’un des problèmes qu’il considère le plus important est la production de la pomme de terre. Selon ce président, dont les membres sont principalement des planteurs qui habitent à Vacoas, la culture de la pomme de terre débute le 15 avril. Ce processus démarre par l’obtention de graines de l’Agricultural Marketing Board. Il avance qu’avant 2020, les établissements sucriers cultivaient leurs pommes de terre 20 jours après que ces planteurs ont mis en terre leurs graines. « Lorsque nous allions récolter notre pomme de terre, soit 90 jours après la semence, celle des établissements sucriers n’était pas encore prête. Ainsi, les petits planteurs avaient le temps de vendre ses pommes de terre, et par la suite, les établissements sucriers en écoulaient pour eux », avance le président.

Or, depuis l’année dernière, il note que les graines de pommes de terre sont livrées aux petits planteurs et aux établissements sucriers au même moment. « Ceci est une concurrence déloyale, car les établissements sucriers ont de gros moyens. Ils cultivent leurs pommes de terre sur le littoral. Et lorsque nous avons de la pluie sur les hauteurs, ils ont du soleil. De ce fait, les marchands préfèrent se rendre sur le littoral pour acheter les pommes de terre. Et ainsi, les nôtres ne sont pas vendues », dit-il. À cause d’une telle situation, Kaviraj Santchurn dit avoir écrit deux lettres en juillet et décembre de l’année dernière à ceux concernés. « Aucune action n’a été prise », déplore-t-il.
Déçu que sa demande n’ait pas été prise en considération, il mentionne qu’une interpellation allait être posée par la députée du MMM, Joanna Bérenger, lors du Question Time au Parlement à ce sujet. Mais, pour lui, étant donné la manière dont les travaux se sont déroulés à l’Assemblée nationale, cette question n’a pu être posée. « J’ai fait le suivi sur ce problème. J’ai écrit plusieurs lettres, et j’ai aussi fait poser une question à l’Assemblée nationale », dit-il, mais sans aucune suite.

Après une discussion téléphonique avec le ministère de l’Agro-industrie sur le sujet, il soutient qu’il semblerait qu’il n’existe que peu d’intérêt de prendre en compte les problèmes des petits planteurs. « Nous ne demandons aucun sou du gouvernement. Nous cherchons uniquement un encadrement », dit-il, demandant que les petits planteurs puissent cultiver leurs pommes de terre avec une avance de 15 jours.

Kaviraj Santchurn fait ressortir que la culture de pommes de terre devra débuter le 15 avril. « Comment les petits planteurs pourront-ils concurrencer avec les établissements sucriers alors que l’activité principale de ces derniers n’est pas la plantation ? », demande-t-il. Le président demande aussi au gouvernement de protéger les petits planteurs, car ces derniers « ne vivent que de leurs plantations ».

Il souhaite également une rencontre avec le ministre de l’Agro-industrie pour discuter de l’importation des graines de pomme de terre. Selon lui, l’AMB « doit uniquement importer les graines de pomme de terre, et non les compagnies sucrières ». Il poursuit : « J’achète une tonne de graines de pomme de terre à Rs 45 000 et je n’ai pas le droit d’en importer alors que les compagnies sucrières oui. Ce n’est pas juste. » Si cette situation change, il croit que c’est la population qui en bénéficiera. Kaviraj Santchurn ne veut pas un conflit avec le gouvernement malgré la colère de ses membres. Il souhaite des discussions civilisées et que le cri des planteurs soit entendu.