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Association Sarah: Apporter un soutien aux victimes d’accidents de la route

Marianne Sarah, victime d’un accident de la route, a créé l’association Sarah en 2018. Cet accident avait coûté la vie à son frère Giovanni, le 21 avril 2018. Ce dernier devait fêter ce jour-là son 39e anniversaire.

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« Mon frère et moi étions en voiture à Mare-d’Albert, en route pour l’aéroport. Il devait prendre l’avion pour Rodrigues en vue de participer à un trail. C’était un matin. Il pleuvait abondamment ce jour-là. La route était glissante. À un certain moment, j’ai demandé à Giovanni de prendre le volant. On parlait, on rigolait, il y avait une très bonne ambiance. Soudain, j’ai entendu un grand bruit. Un grave accident était survenu. Je pouvais bouger, Giovanni non. J’ai essayé de lui tendre la main pour le retirer de la voiture, mais c’était impossible malgré tous mes efforts », témoigne Marianne Sarah, visiblement toujours marquée par ce drame.

Des passants viennent leur porter secours et les transportent à l’hôpital. Giovanni Sarah sombre dans un coma et meurt neuf jours après. Sa sœur Marianne Sarah sera hospitalisée et a dû subir plusieurs interventions. Elle avait deux vertèbres fracturées, un nerf à la tête endommagé, la clavicule gauche fracturée. « Mon frère Giovanni et moi étions très proches. Je ne pouvais pas supporter son absence. Nous étions très liés. Le bruit de l’accident résonnait dans ma tête, je n’arrivais pas à m’endormir », regrette-t-elle.

L’idée lui est ainsi venue de créer une association pour venir en aide aux personnes ayant vécu le même drame, victimes directes ou collatérales, pour faire comprendre l’aspect humain de la situation après un tel drame. « Je voulais faire bouger les choses, mais surtout faire entendre la voix des victimes pour changer la mentalité des gens face à une personne en difficulté morale ou physique », ajoute-t-elle.

Selon Marianne, les gens parlent souvent de prévention et d’accidents, mais jamais de l’après-accident, ni de ce que deviennent les victimes. La mission principale de l’association, située à Rose-Hill, est de venir en aide et informer les victimes d’accident, de leur apporter un soutien médical, juridique et psychologique gratuitement. « Lorsqu’on accompagne un proche atteint d’une maladie grave, le caractère prévisible de sa mort nous prépare à observer un deuil. Ce qui, en quelque sorte, amortit le coup. Tandis que la mort brutale ne laisse aucune possibilité de préparation, qu’elle soit psychologique, physique ou matérielle », dit-elle.

Une cellule d’aide a été mise en place au sein de l’association pour accompagner les familles des victimes décédées et les survivants, en particulier ceux qui doivent faire face à des séquelles comme des blessures graves, des amputations ou ceux qui sont devenus handicapés ou ne sont plus autonomes. Cette cellule est à l’écoute aussi des témoins d’accident et d’autres qui vivent le traumatisme d’un accident.

Marianne croit qu’à la suite d’une mort violente, l’entourage, notamment la famille ou les amis, a un rôle important à jouer pour soutenir, guider et aider les survivants. Cette présence est d’autant plus importante lorsque la mort est violente et qu’une période de deuil doit être observée. « En ce sens, on a mis en place un service indispensable d’écoute et d’accompagnement à l’association et les victimes sont suivies au moins une fois par semaine dans un premier temps. Elles sont prises en charge par des personnes qualifiées et suivies par un psychologue. L’association fait aussi le travail sur le deuil qui est un sujet sensible », fait part Marianne.

L’association Sarah accompagne les victimes dans leurs démarches administratives, par exemple, pour accéder à un avocat lors d’enquêtes pour connaître les circonstances du drame. Elle pourvoit également un suivi médical. Car beaucoup de victimes font face à la dépression et se retrouvent seules pour remonter la pente. Les services sont gratuits, la discrétion et la confidentialité seront assurées. Ainsi, il s’agit d’aider les victimes et leurs familles, « non pas pour oublier mais pour avancer avec ceux qui sont restés ».

Selon Marianne, il y a énormément de travail après un accident. C’est un long combat à faire à travers des campagnes de sensibilisation, surtout auprès des jeunes et nouveaux conducteurs à la base. Car souvent, lors des apprentissages, ils sont conscients du code de la route et des limitations de vitesse à respecter mais une fois qu’ils obtiennent leur permis obtenu, leurs comportements changent. Ce qui, pour Marianne, peut être une cause d’accident.

En cette période festive, Marianne, qui a toujours en tête les images de ce jour fatal à son frère, lance un appel à la prudence et à la vigilance sur nos routes. « Évitez de prendre le volant si vous avez consommé de l’alcool. Autant prendre un taxi ou désigner une personne (Bob) pour conduire votre voiture », conseille-t-elle.

Marianne demande aux Mauriciens de ne pas porter un jugement sans connaître les circonstances exactes d’un accident de la route. « On ne pense pas à ceux qui restent après un accident et aux séquelles et traumatismes qu’ils subissent. Il faut changer cette mentalité », exhorte-t-elle.

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