C’est ce qu’indique Bertrand Hanauer, CEO de Transinvest 

Le retard imputé à l’absence des experts étrangers bloqués par la fermeture des frontières

Les zones d’ombre qui entourent depuis plusieurs mois la construction du pont routier qui enjambera la falaise de Grande-Rivière-Nord-Ouest (GRNO), un maillon indispensable au projet qui reliera les routes A1 et M1, ont été éclaircies cette semaine par Bertrand Hanauer, CEO du constructeur Transinvest. « Certes, au vu de diverses contraintes techniques, de ressources humaines et les deux mois de confinement, nous avons accumulé plusieurs semaines de retard sur le planning, mais les deux piles qui serviront de support au tablier du pont sortiront de terre sous peu », indique Bertrand Hanauer. Pour mémoire, la publication, en avril 2018, du rapport des ingénieurs de la Korean Expressway Corporation (KEC) sur les risques d’éboulement de la falaise avaient contraint Transinvest à revoir ses plans et changer le positionnement des deux piles.

Le retard dans la mise en œuvre du pont à câbles porteurs long de 330 mètres, haut de 123 mètres et d’une largeur de 24,7 mètres avec deux voies de circulation demeure la seule ombre au tableau de ce projet qui vise à améliorer la circulation sur le réseau de la route A1 et sur l’autoroute M1. Le projet consiste aussi en la construction d’un échangeur à la route A1 à Coromandel et d’un giratoire en contrebas et un autre échangeur qui surplombera l’autoroute M1. La Road Development Authority (RDA) et le constructeur, Transinvest/GCC Bouygues, ont été, dès le lancement des travaux en avril 2018, pris au dépourvu par le contenu du rapport de la KEC quant aux risques de glissement de terrain aux deux extrémités de la falaise où doivent être construites les deux piles de 20 000 tonnes chacune.

Après plusieurs mois d’études du phénomène qui ont conduit à l’exécution de travaux de stabilisation du sol et de forage, le consortium Transinvest/GCC Bouygues et la RDA ont conclu qu’il fallait modifier le positionnement des deux piles. Reste que les travaux supplémentaires engendrent inéluctablement des coûts additionnels aux Rs 2,5 milliards déjà englouties. Après de longs mois de négociations ardues, au cours desquels les travaux ont été au point mort, la RDA et le ministère des Infrastructures publiques consentent en octobre 2019 à décaisser une enveloppe de Rs 155 millions en faveur du consortium pour qu’il accepte de reprendre les travaux.

Des drains  souterrains

Des images aériennes prises au-dessus de la falaise vendredi dernier démontrent pourtant que l’érection des deux piles du pont n’avait toujours pas démarré. « Il faut dire que les deux mois de confinement nous ont coupés dans notre élan. Nous étions arrivés à l’étape de la mise en place des unités de fondation très massives, dans la mesure où cet ouvrage d’art a ceci de particulier qu’il est le fruit du recours à un très grand volume de béton armé afin de constituer des pieux solides. Du fait de la complexité de l’ouvrage et en marge de l’érection des piles dans les semaines à venir, je ne vous cache pas que nous sommes confrontés à un manque d’ouvriers étrangers qualifiés. La réouverture des frontières sera à n’en pas douter l’élément moteur », nous confie Bertrand Hanauer. Compte tenu de ce contretemps, la livraison de ce chantier pharaonique inclus dans le Road Decongestion Programme (RDP), prévu initialement pour le mois de novembre 2020, devrait se faire en 2021.

Les travaux vont bon train en ce qu’il s’agit de l’autopont échangeur à la route A1 à partir des locaux de Gamma Construction. Huit des seize poutres qui constituent la structure aérienne ont été installées. Il nous revient par ailleurs que le tracé de Coromandel a fait l’objet depuis avril 2018 d’un litige entre la RDA, d’un côté, et la National Development Unit (NDU), la Land Drainage Authority (LDA) et les consultants de Servansingh Jadav, de l’autre. Selon une source au ministère des Infrastructures publiques, « la NDU et la LDA avaient, d’après un plan soumis par les consultants en 2017, entrepris de construire un système de drainage dans la zone où se situera le giratoire, mais avec le dévoilement du projet du projet M1-A1 en 2018, les deux parties se sont livrées à un bras de fer qui s’est terminé au cours de la semaine écoulée. Le ministre Bobby Hurreeram a réuni tout le monde et il a été décidé qu’un drain souterrain sera finalement construit sous le giratoire. L’eau sera évacuée dans la falaise de GRNO. »

La route A1-A3 se dévoile

La construction de la route de liaison A3-A1 reliant Gros-Cailloux à Coromandel en vue de permettre une connexion rapide du trafic ouest-Coromandel est arrivée à un stade très avancé. Cette route de 2,7 km de long à deux voies et de 7,5 m de large est une extension de l’A1-M1. Elle permettra notamment aux automobilistes sortant de l’autoroute M1 d’emprunter le pont qui surplombera la falaise de GRNO puis de contourner le giratoire à Coromandel et parcourir les 2,7 km pour atteindre la route A3 qui mène vers l’ouest. « 65% des travaux ont été complétés sur environ 1,5 km », souligne une source chez Gamma Construction Ltd, qui entreprend le projet qui comprend également l’aménagement de trottoirs de 1,5 m de large. Les travaux devraient se terminer à la fin de l’année, selon notre interlocuteur.