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(Batsirai la Sournoise) Cultures vivrières : l’ADMA évoque des pertes de Rs 150 000 par arpent

Le passage du cyclone tropical intense Batsirai a grandement impacté les cultures vivrières. Les fortes rafales et les pluies n’ont pas épargné les plantations, certaines dont la récolte était prévue incessamment. Des pertes sèches de l’ordre de Rs 150 000 par arpents, en raison principalement des pluies diluviennes dans certaines régions. Les planteurs, regroupés au sein de l’Agricultural Development and Marketing Association (ADMA), font état de plus de 50% de pertes. Déjà affectés « par le manque de soutien de la part du gouvernement », en dépit de leurs nombreuses doléances, ils expliquent que la situation se corse dans le sillage du passage de Batsirai.

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« Les pertes sont considérables. Tous les planteurs se retrouvent dans cette situation. D’ailleurs, certains légumes étaient prêts à être récoltés », déclare Arassen Chinan, membre de l’ADMA. Et ce, après avoir effectué un constat des cultures affectées. Il avance qu’en novembre et début décembre, des planteurs n’ont pas ensemencé la terre à cause de la sécheresse. Ils ont démarré les opérations aux champs vers fin décembre, soit suite aux averses.

« Il est malheureux que nous n’ayons rien récolté. De plus, des légumes n’étaient pas encore arrivés à ce stade-là », dit-il. Et ce, avant d’ajouter que quelques semaines étaient nécessaires en ce sens. Lui-même devait procéder à la récolte de pommes d’amour la semaine prochaine. Il avance que parmi les cultures complètement affectées figurent la pomme d’amour, et les fines herbes. La carotte et le chouchou, dit-il, ont été légèrement épargnés. Mais pour lui, ces deux légumes auront des difficultés à attirer les clients vu qu’ils ne sont pas « agréables » à la vue. « Ces carottes ne seront pas vendues », anticipe-t-il, en confirmant le chiffre de Rs 150 000 de pertes à l’arpent.

Arassen Chinan avance qu’il faudra au moins deux semaines pour remettre à niveau les champs. Il espère que d’autres averses ne viendront pas aggraver la situation. Après la mise en terre des semences, il estime qu’il faudra attendre deux mois pour la récolte. Il se demande d’ailleurs si les planteurs auront le courage de cultiver la terre à nouveau.
La crainte du passage d’autres cyclones, ajoute-t-il, est très présente. « La plupart des planteurs ne veulent pas attendre jusqu’au mois de mars. Si nous cultivons à nouveau, nous perdrons jusqu’à Rs 200 000 par arpent. Nous ne pourrons pas injecter de l’argent à chaque fois. Comment survivrons-nous ? ».

Le planteur, qui réitère le manque de soutien du ministère de l’Agro-industrie, fait ressortir que face à une pénurie de légumes sur le marché local, il sera question de l’importation. Ces légumes ne se vendront pas aux prix bas. Par ailleurs, il déplore que plusieurs marchands de légumes profiteront de la situation pour augmenter leurs prix. « Et on dira que ce sont les planteurs qui vendent les légumes au prix fort », dit-il.
Pour sa part, Vivek Bhujun, trésorier au sein de l’ADMA, fait état de plus de 50% de ses cultures abimés. Toutefois, ce n’est qu’après l’évacuation naturelle de l’eau de ses terres qu’il pourra mieux situer la question. Pour recommencer à cultiver, une période est nécessaire à la préparation même des terres. Le planteur prévoit un manque de légumes locaux sur le marché pour au moins un mois. Vivek Bhujun avance que certains légumes qu’il récoltera ne trouveront pas preneurs sur le marché. Les clients, dit-il, ne seront pas intéressés à acheter, malgré la qualité et son goût. Il regrette que certains consommateurs préfèrent le « look » à la qualité.

Gardant espoir que le gouvernement vienne en aide aux planteurs, Vivek Bhujun dit craindre que le manque de soutien affecte grandement la communauté des planteurs. Hormis les calamités naturelles, il fait ressortir que les planteurs souffrent énormément quant à l’achat des intrants. De plus, les coûts de production ont augmenté et le changement climatique plombe la récolte des champs. Les néo-planteurs, estime-t-il, ne font pas long feu.

Par ailleurs, Vivek Bhujun affirme que le remboursement de l’assurance est très faible. Il ajoute que plusieurs planteurs n’ont pas les moyens d’assurer leurs cultures. Après les dommages causés à leurs plantations, ils se voient à nouveau à la case départ. « Certains contracteront des prêts pour redémarrer leurs activités », dit-il.

L’ADMA compte environ 70 planteurs. Ce nombre, dit-on, reste quasi fixe chaque année. « Certains nouveaux membres intègrent l’association, mais abandonnent par la suite, car ils voient le métier de planteurs compliqué. Être planteur, c’est prendre des risques », explique un membre. L’association, a sous sa charge, plus de 600 arpents de terre.

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