La semaine dernière, cette affaire a fait le tour de Maurice, certains attristés par le drame qui touche la famille Auckal, d’autres pointant du doigt des incohérences dans le récit de Neelam Auckal quant au déroulé de son histoire. Reste que si une enquête policière a été ouverte pour faire la lumière sur ce cas de disparition alléguée de nouveau-nés, une semaine après, le mystère reste entier. Le ministère de la Santé a simplement passé le relais à la police et au ministère de l’Egalité des Genres, qui s’est, lui, assuré que Neelam Auckal bénéficie d’un soutien psychologique. La police, elle, poursuit son enquête.

Entre-temps, la question « où sont les bébés de la famille Auckal? » reste entière. La famille, qui maintient que Neelam Auckal a accouché à l’hôpital de Candos le 23 juin dernier, a retenu les services de Me Sanjeev Teeluckdharry. Elle compte loger une mise en demeure contre l’Etat, le ministère de la Santé, et le directeur de l’hôpital de Candos, mardi prochain, et demande que la police fasse une enquête sérieuse pour faire la lumière sur cette affaire.

Le cas de Neelam Auckal, qui maintient avoir donné naissance à des jumeaux le 23 juin dernier, jumeaux qui seraient décédés selon ce que lui aurait appris le personnel médical de l’hôpital Candos dans un premier temps, puis inexistants quelques heures plus tard, a suscité de nombreuses réactions la semaine dernière. S’il a rappelé d’autres cas de bébés disparus au sein des hôpitaux mauriciens, il a aussi fait ressortir le cas d’une femme « perturbée ». Plusieurs critiques accablent cette femme dont le passé remonte à la surface. Toutefois, il ressort qu’une semaine après que cette affaire a été référée à la police de Quatre-Bornes, le dossier n’a toujours pas avancé pour établir les preuves concernant l’accouchement allégué de Neelam Auckal au Maternity Ward de l’hôpital de Candos. A ce stade, selon nos informations, la police, se fondant sur les détails fournis par la Santé, a pu uniquement établir comme preuve que Neelam Auckal a reçu des soins à la section ENT de l’hôpital. « Rien ne prouve sa présence à la Maternity Ward de Candos comme elle l’a prétendu », disent les sources policières. Il nous revient que la CID de Piton a repris l’affaire pour enquêter sur les auscultations que Neelam Auckal affirme avoir eues pendant sa grossesse dans une clinique connue d’une banlieue de la capitale. La police de Piton a également entendu la jeune femme à ce sujet.

Pour rappel, Neelam Auckal affirme avoir suivi un traitement à cette clinique pendant les huit mois de grossesse, mais aurait perdu son dossier. Si, dans un premier temps, elle avait a avancé qu’elle avait été suivie par un certain Dr Ramgoolam, par la suite, elle a dit qu’elle ne se souvient plus du nom du gynécologue qui suivait son cas, car « mo latete fatigué, ena trop beaucoup docteur labas ». Or, contactée la semaine dernière, la direction de la clinique a récusé ces propos, avançant, d’une part, n’avoir aucun Dr Ramgoolam au sein de ses services, et d’autre part, ne détenir aucune trace des consultations de Neelam Auckal à la clinique. « It’s mere invention », avait répondu le directeur de la clinique.

Soutien psychologique

Cependant, si au courant de la semaine, Neelam Auckal se serait rendue chez un médecin de Bel Air pour authentifier qu’elle a bien accouché récemment, le médecin en question l’a référée à la clinique où elle soutient avoir suivi son traitement, indiquent certaines sources. Toutefois, selon son avocat, vendredi, elle a été examinée par un autre médecin et la famille est dans l’attente du rapport. Rapport qui sera soumis comme  preuve dans la mise en demeure que la famille contre loger contre l’Etat, le ministère de la Santé et le directeur de l’hôpital de Candos pour réclamer l’ouverture d’une enquête.

Parallèlement, au ministère de la Santé et à Candos qui se sont dédouanés déjà de ce cas par la diffusion d’un communiqué de presse la semaine dernière affirmant que si Neelam Auckal est bienvenue à l’hôpital, disant qu’elle était enceinte et a reçu des soins pour des problèmes d’oreilles, on fait ressortir : «Laissons la police faire son travail. » L’affaire a été ainsi référée, en début de semaine, au ministère de l’Egalité des Genres. Selon nos informations, Neelam Auckal a refusé l’assistance légale proposée par les autorités. Elle a toutefois accepté le soutien psychologique offert. Elle a aussi donné sa version des faits à un officier du Family Counselling du ministère de l’Egalité des Genres.

Depuis le 25 juin, soit deux jours après son accouchement, Neelam Auckal dit vivre un véritable calvaire.  « Zot pe pran mo lavi passé zot pe melanz tou. Mo latet pe fatigue ek tousala », dit-elle. A ses côtés, son époux Atish explique : « Nou pe viv enn cauchmar, viré tourné pe pans saem. Ki finn arrivé. Mo madam nek leve dormi, levé dormi. » Estimant que la police tarde à revenir vers eux, il déplore « dimoun pe dir nou pe koz menti ». Il lance un appel pour que la police fasse son enquête au plus vite.