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COVID-19 – Vaccins « expirés » administrés au public : une vive polémique s’engage !

- Dr Gujadhur (ex-patron de la Santé) : « Qu’en dit le Regulatory Body de Maurice, soit le Vaccination Committee ? » - Patients : « Déjà avec le Consent Form, on prend des risques. Be la avway nou labatwar direk ! » - Du stock de 792 386 vaccins, seuls 588 806 peuvent être utilisés

Le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, confirme : « Pou ena enn parti vaksin ki pou ekspire, sa nou pa kapav deny. Me de lot kote, Pfizer, le manufacturer, ek approval WHO, pou bann vaksin ki sipozeman pe ekspirer-la, finn donn enn ekstansion sa dat ekspirasion-la. Ki ve dir ki nou pou ena de mwa ou trwa mwa de plis pou kapav servi sa bann vaksin-la. » Cette déclaration provoque, depuis, une vive polémique, autant auprès des professionnels de la santé que dans l’ensemble de la population, régulièrement conseillée de se faire vacciner contre le Covid-19.

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De prime abord, ces médecins du privé et du public, qui optent pour l’anonymat, s’insurgent : « où sont ces documents officiels qui attestent que ces vaccins peuvent être administrés ? Nous ne disons pas que les lots qui ont atteint leur date limite, comme ces Pfizer avec la date du 31 juillet 2022, inscrit sur les fioles, sont périmés. Attention, dans le jargon médical technique, il y a des nuances qu’il faut tenir en ligne de compte. Pour un médicament qui arrive à sa date d’expiration, on parle d’une efficacité réduite et qui diminue. Mais là, nous avons affaire à des vaccins qui, de surcroît, sont expérimentaux ! Balayer d’un revers de main une telle décision et demander aux Mauriciens d’aller se faire vacciner, comme s’ils allaient prendre du placebo ou un Panadol, ce n’est pas du tout professionnel et c’est “unethical” pour le moins. »

Quelques Mauriciens, également sollicités sur la question, affichent hésitation, craintes et, surtout, leurs appréhensions. « Déjà, avec la première dose de rappel, nous ne sommes pas tout à fait sûrs que cela n’a pas impacté nos constitutions, expliquent ces séniors. Mais nous avons pris le parti de nous protéger, et dès avril-mai, peu après avoir fait le vaccin antigrippe, nous avons fait notre première dose de rappel », fait-on comprendre. De manière générale, les adultes interrogés par Le-Mauricien déplorent : « déjà, on nous a fait signer ce Consent Form où, en quelque sorte, on prend la responsabilité si on meurt. Aster pe dir pou met vaksin kinn ekspire ar nou : be sa pe avway nou direk labatwar mem sa ! »

Les médecins sollicités demandent au ministre Jagutpal de publier les documents dont il fait mention dans sa déclaration. « Il évoque des permis de la part du fabricant, à savoir Pfizer, pour ce qui est du stock qui a expiré fin juillet, et dit que l’OMS a donné son feu vert. Dans un souci de transparence, est-ce que le ministre ne pense pas que, rendre public ces documents dont il parle, aidera à décanter la situation ? Parallèlement, tenir un langage clair et venir avec des explications plausibles seront définitivement en faveur de gagner la confiance des Mauriciens. Comment allez-vous convaincre des personnes déjà sceptiques et hésitantes à venir se faire vacciner quand vous leur dites, en plus, que le produit a atteint sa date de péremption ? »

Les personnes à qui Le Mauricien a parlé sont d’avis qu’elles n’iront pas se faire vacciner dans ces conditions… « Si, quand à l’hôpital ou à la Mediclinic, quand on demande qu’on nous montre la fiole et que la date affichée prouve que le vaccin n’a pas atteint sa date d’expiration, on acceptera de le faire. Mais si les préposés refusent de montrer la fiole et font des chichis, alors on refusera de se faire vacciner. Tant pis. C’est une question de confiance. »

Du stock de 792 386, il ne reste que 588 806 vaccins

Dans sa réponse au Parlement le 26 juillet dernier, le ministre de la Santé, le Dr Kailesh Jagutpal, a déclaré que le stock de vaccins dont dispose Maurice, au 20 juillet, est de 792 386 unités. « De ce nombre, 298 440 de la marque Pfizer, dont 203 560 ont expiré le 31 juillet dernier; 2 400 expirent fin août et 92 460, en septembre. Il y a également 68 296 vaccins de la marque Sinopharm, dont 8 296 expirent en juin 2023  et 60 000 en août 2023. 115 250 vaccins Johnson & Johnson font partie du lot, dont 4 630 expireront en décembre 2022/janvier 2023 et 110 620 en août 2023. Il y a aussi 119 520 vaccins Moderna, dont 500 arrivent à expiration en août 2022 et 119 020 en septembre 2022. Et aussi 190 880 Pediatric Vaccines Pfizer dont 1 930 expirent en août 2022 et 180 950 fin septembre 2022. »

Des 792 386 vaccins en stock, il ne reste donc que 588 806 disponibles pour ce mois d’août. Mais certains atteindront leur date de péremption à la fin de ce mois.

Dr Gujadhur : « Qu’en pense le Vaccination Committee ? »

Trois points avancés par le Dr Vasantrao Gujadhur, ex-directeur des services de la Santé, sur la question : « D’abord, les Mauriciens achètent leurs vaccins : le gouvernement prélève Rs 2 sur le fioul à cet effet. En tant que consommateurs, nous avons donc droit à des produits en bon état. Secundo, comme le FDA est un Regulatory Body pour les Etats-Unis, à Maurice, le nôtre, c’est le Vaccination Committee. Qu’en pensent les Drs Joomaye et Gaud ? Pourquoi ne sont-ils pas encore montés au créneau jusqu’à présent ? Et tertio, le ministre Jagutpal évoque des accords avec le fabricant de Pfizer et l’OMS s’agissant de l’extension des dates d’usage des vaccins. A-t-il des documents à cet effet et peut-il les publier, dans un pur souci de transparence ? »

Le Dr Gujadhur fait également remarquer : « Maurice n’est certainement pas l’unique pays à faire face à ce souci de stock de vaccins qui expirent. Ce que je ne comprends pas, c’est ce que font les équipes de la Santé ? Nous avons, pour la première dose, 1 013 062 de Mauriciens qui l’ont fait. Mais pour la première dose de rappel, soit la première Booster Dose, 631 739 citoyens l’ont fait, et quant à la deuxième, même pas 13 476. Les différences sont très importantes. Donc, j’en reviens à ma question : que font les officiers de la Santé ? Dès le départ, ils ont en mains tous les Contact Details des citoyens quand ils remplissent les formulaires pour la première dose. Toutes ces données sont informatisées. Pourquoi ne pas les avoir appelés au fur et à mesure et s’assurer que ces personnes viennent faire leurs doses de vaccins, que ce soient la deuxième dose, la première dose de rappel ou la deuxième dose de rappel ! S’il y avait un travail appliqué et soutenu, se serait-on retrouvé avec autant de vaccins ayant atteint la date de péremption ? »

Dr Hazarika (WHO) :

« US FDA & EMA have granted a shelf-life of 9 to 12 months for Pfizer vaccines »

Sollicité pour une réaction, le représentant de l’OMS à Maurice, le Dr Indrajit Hazarika, déclare : « US FDA and EMA have granted an extension for the shelf life of the Pfizer-BioNTech Covid-19 Vaccine from 9 months to 12 months when stored between -90°C to -60°C. If a country wishes to apply the extension of shelf-life for Covid-19 vaccine products where certified by the supplier, the National Regulatory Authority can apply this extension based on their own evaluation of the product dossier, informed by the decisions of the FDA and EMA. Both FDA and EMA applied this extension retroactively to previously-produced vials, based on their scientific assessment. »

De plus, ajoute le Dr Hazarika, « should countries consider applying the shelf-life extension retroactively, it is strongly encouraged that the programmatic benefits and risks are carefully evaluated » et renvoie au site Web de la FDA qui, dit-il, « contient des informations précises et supplémentaires ».

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