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Dès la proclamation de la loi : La drogue au volant très bientôt réprimée

En cinq ans, de 2017 à 2021, le Forensic Science Laboratory (FSC) a en moyenne décelé chaque année la présence de drogues sur plus de 38 victimes mortes dans des accidents de la route à Maurice.

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Cela équivaut à dire que sur chaque 10 morts dans des accidents de la route, une présence de drogue a été détectée sur trois victimes. C’est dire l’ampleur du problème et la justesse des tests de contrôle de la drogue au volant dès que la loi afférente aura été proclamée incessamment après son adoption à l’Assemblée nationale mardi.

Présenté par le ministre responsable du Transport routier et du Métro, Alan Ganoo, la Road Traffic (Amendment) Act 2019 (Amendment) Bill 2022 qui a été adoptée vient en fait parfaire la loi sur la drogue au volant qui avait déjà été votée, mais qui attendait à être proclamée. Entre autres raisons pour ce report : les confinements dus à la crise sanitaire, les retards dans l’acquisition du matériel de dépistage, ainsi que le temps pris pour la formation des officiers de la police de la route.

Dans son intervention à l’Assemblée nationale, le ministre Ganoo n’a pas manqué d’insister sur le fait que la drogue mais aussi l’alcool au volant sont des facteurs responsables d’un nombre conséquent d’accidents de la circulation, quand bien même, a-t-il dit, le nombre d’accidents est en diminution.

Intervenant dans les débats, le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, a de son côté cité des études scientifiques pour expliquer que sous l’influence de drogues, des conducteurs ont tendance à rouler plus vite ou encore peuvent être dans un état de somnolence, si ce n’est qu’ils sont susceptibles d’avoir une perception déformée des choses avec les risques évidents qui en découlent. Ainsi, dès que la loi aura été publiée à l’officiel, des officiers de la police de la route seront à pied d’œuvre pour procéder à des tests sur des conducteurs suspects à partir d’échantillons de salive et d’urine. Et si ces tests préliminaires sont concluants, des prélèvements seront faits sur les suspects en vue d’analyses par le Forensic Science Laboratory.

« Un mort sur 5 sous influence de drogues »
Dans le cas de malades en traitement sous substances psychoactives, le Dr Jagutpal a laissé entendre que, de manière générale, les médecins traitants sont tenus d’informer leurs patients sous quelles médications ils sont tenus de ne pas prendre le volant. En cas de condamnation, la loi prévoit à l’intention des contrevenants une peine d’emprisonnement allant jusqu’à cinq ans et une amende ne dépassant pas Rs 50 000.

En cas de récidive, l’amendement peut atteindre Rs 75 000 et la peine d’emprisonnement jusqu’à huit ans. Le ministre Ganoo a révélé que des tests effectués ont établi que certains suspects conduisaient parfois sous l’influence d’un cocktail de pas moins de neuf drogues. Et que l’équipement « state of the art » que le Forensic Science Laboratory a acquis était capable de détecter la présence de pas moins de sept catégories de drogues, soit toutes celles classées sous la Cédule 1 de la Dangerous Drugs Act.

« Ces tests de détection de la présence de drogue sur des usagers de la route sont une mesure salutaire. Dans un pays où, selon les chiffres officiels, la police a procédé à plus de 19 000 arrestations de prévenus pour des délits de drogue depuis janvier 2015 et où pour plus de Rs 13 milliards de ces substances illicites ont été saisies, il existe effectivement une très forte probabilité que des personnes sous l’influence de drogues prennent le volant d’un véhicule, enfourchent une moto ou un vélo ou, aussi, empruntent la route comme simple piéton », trouve Alain Jeannot, président du National Road Safety Council.

Citant les chiffres de la seule année 2021, quand le FSL a détecté une présence de drogue sur les cadavres de 21 victimes d’accidents sur un total de 108 morts sur les routes, Alain Jeannot insiste sur le fait que ces statistiques laissent entrevoir que sur chaque cinq morts sur les routes, il y avait un mort qui était sous l’influence d’une drogue. « Ce qui, dit-il, témoigne de l’ampleur du problème. » Le président du National Road Safety Council insiste sur le fait que ceux qui prennent le volant sous l’influence d’une drogue non seulement mettent leur vie en danger, mais sont aussi un danger potentiel pour tous les autres usagers de la route. « Quand on sait qu’aujourd’hui le parc automobile national comprend quelque 650 000 véhicules, il serait étonnant que pas un seul conducteur ne soit sous l’influence d’une drogue quelconque », estime-t-il.

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