9 avoués, 2 avocats et 3 notaires parmi les 150 candidats aux examens du barreau

En dépit d’un syllabus revu suite aux recommandations de Lord Phillips et un Time-table allégé, le taux d’échec élevé persiste.

Les résultats des examens du barreau, qui se sont tenus en août dernier, ont été rendus publics hier. Sur 150 candidats souhaitant y accéder, seuls 11 ont été reçus, dont 9 avoués (7 du sexe féminin); 2 avocats et 3 notaires.

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Avec ce taux d’échec qui persiste d’année en année, malgré la réforme au niveau du cursus suite aux recommandations de Lord Phillips et un Time-table allégé, des légistes font part de leur préoccupation. D’année en année, le scénario est le même.

Ce deuxième Lockdown cette année posait un sérieux problème pour eux, car ils affirmaient n’avoir pu terminer leur syllabus à temps et disaient même « ne pas être prêts » pour les examens. Pour le Council for Vocational and Legal Education (CVLE), qui évitait la question de renvoi, l’organisation de ces examens devient « un véritable casse-tête », car il se retrouve avec deux cohortes d’étudiants qui doivent passer les examens cette année.

Le CVLE a finalement maintenu sa décision d’aller de l’avant avec la tenue des examens à compter du 2 août. Pendant plus de deux mois, les étudiants n’ont pu suivre leur formation. Bien que certains modules étaient en ligne, d’autres impliquaient une présence qu’ils n’ont pu honorer en raison du confinement.

Ainsi, comme bon nombre d’institutions ayant considéré un renvoi pour la tenue des examens afin de ne pas pénaliser les candidats, ces jeunes estimaient que « le CVLE aurait dû prendre ces facteurs en considération ». En début d’année, les examens avaient été fixés au 2 août, avec des changements conséquents dans l’emploi du temps et les épreuves suite aux recommandations du High Level Committee présidé par Lord Phillips.

Ces aspirants légistes, pris au dépourvu par cette décision, affirmaient déjà qu’ils seront certes « pénalisés en raison du retard de deux mois dans leur programme en raison du deuxième Lockdown ». Si la cohorte de l’année dernière a quand même eu plus de temps pour préparer les examens, « rien », avancent-ils, n’a été fait pour que cette formation se déroule dans les meilleures conditions.

L’indisponibilité des chargés de cours et le manque de travaux pratiques sont en effet des problèmes qui perdurent. Cependant, les étudiants en droit disposent d’un syllabus bien plus allégé depuis la mise en oeuvre de certaines recommandations de Lord Phillips. Le HLC recommandait des amendements aux règlements régissant la Law Practitioners Act pour enlever certaines matières du programme du cours remanié à l’intention des avocats. Il s’agit de la Commercial and Business Law, de l’Administrative and Constitutional Law, et de l’Arbitration Law and Family Law, car considérées comme « pas pertinentes » en tant que préalables pour accéder au barreau.

Le nouveau syllabus, qui tient compte de ces changements, a été “gazetted” et le nouveau “time-table” les prenait en considération. Le rapport de Lord Phillips recommandait aussi clairement que la responsabilité de conduire les examens du Bar Vocational Training soit confiée à l’Institute for Judicial and Legal Services (IJLS), citant les « lacunes » au niveau de l’Université de Maurice, qui en avait la responsabilité depuis des années.

En 2012, rappelons-le, le CVLE avait été institué pour remplacer la Continuing Legal Education (CLE) en vue d’offrir davantage d’opportunités aux jeunes souhaitant poursuivre une carrière d’avocat, mais qui n’arrivaient pas à être admis au barreau, les examens étant jugés « trop difficiles ». Ainsi, depuis 2013, c’est l’Université de Maurice (UoM) qui accueille ces examens. De nouvelles pistes pédagogiques avaient été introduites afin d’éviter des « massive failures ». « Or, d’année en année, le bilan est plus catastrophique », estiment des membres de la profession légale, qui disent ne pas comprendre pourquoi ces jeunes, déjà détenteurs d’un LLB, ne parviennent pas à réussir à ces examens, alors que ceux qui le font à l’étranger y arrivent. « C’est un massacre qui se perpétue d’année en année », fait-on ressortir.

Certains de ces étudiants envisagent même de faire recorriger leur questionnaire. Ces examens sanctionnent le Bar Vocational Course, qui met l’accent sur l’aspect purement pratique de la profession. Maurice compte chaque année environ un millier d’étudiants en LLB, répartis dans la faculté de droit de l’UoM et dans une demi-douzaine de centres de formation privés qui offrent des cours à distance. Plusieurs jeunes choisissent aussi de faire leur LLB en Angleterre.

Le parcours pour entrer dans la profession comporte quatre étapes : l’obtention du Bachelor of Law (LLB) après trois années d’études, une année de cours de Bar Vocational Course, et le “pupillage” d’une année auprès d’un aîné de la profession. Théoriquement, ce parcours dure donc cinq ans.


Les avoués

Praveena Devi Katwaroo
Tusha Luxmi Jugheroo
Haajra Begum Rohom
Rakahita Anauth
Yeshna Devi Rampall
Mary Joyce Zéphyr
Nessen Canjamalay
Jageshwarsingh Lukeeram

Les 2 avocats

Priyanka Seetaram
Yash Bujun

Les 3 notaires

Logen Valayten
Khooshalee Bisonauth
Khajall Koomar

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