Les opérations de nettoyage continuent sur les côtes sud-est de l’île avec d’un côté Polyeco s’occupant des sites 1 à 8, soit de la Pointe D’Esny à Rivières des Créoles Sud en passant par les îles, et Le Floch Dépollution se chargeant des sites 4 à 7, de Rivières des Créoles à Bambous Virieux. Si quelques sites sont déjà passés à la phase 2 de nettoyage, soit la phase mécanique avec les techniques de flushing ou flooding, d’autres restent toujours en attente, notamment les zones recouvertes de mangroves.

Une décision devrait être prise incessamment pour décider du sort de ces centaines de colonies de mangroves pour la plupart très affectées par les fuites d’huile du MV Wakashio. Il ressort du Conseil des ministres de vendredi qu’une Japan Disaster Relief Expert Team de la Japan International Cooperation Agency sera dépêchée à Maurice pour aider à gérer et contenir les impacts de la fuite d’huile dans le lagon de Mahéboug. En effet, lors d’une visite guidée il y a deux semaines avec la presse et les représentants des Nations unies à Maurice, les experts exprimaient leurs inquiétudes quant au traitement des mangroves. D’ailleurs, une équipe d’experts japonais a été dépêchée à cet effet.

Ainsi, Seiji Tashiro, Emergency Relief Officer, a soutenu que les experts japonais surveillent de près l’état des coraux. Et dans un article de TheJapanTimes en date au 30 août, il a été indiqué que « according to Japan’s Environment Ministry, high-pressure washing machines or chemicals should not be used to remove oil from mangrove trees as they could damage them. »

Les deux entreprises expertes elles aussi s’accordent pour dire que le nettoyage des mangroves sera le plus difficile. «Nous avons déjà travaillé sur des mangroves en Inde notamment », précise Jean-Luc Daridon, du Floch Dépollution. « Et généralement, la nature reprend son droit dans ce cas-là. Il s’agit avant tout d’une plante avec des racines aériennes sur laquelle il y a une écorce, une enveloppe qui la protège et c’est ce qu’il ne fait pas enlever, il la faut nettoyer. Le principe, c’est d’enlever le maximum d’huile manuellement et d’utiliser la technique du flooding pour évacuer l’huile au niveau du sol et accélérer le nettoyage naturel que ferait la mer. Et tant que la mangrove garde cette enveloppe, elle ne sera pas affectée. »

George Artemakis, Project Manager chez Polyeco, soutenait lui aussi qu’il faudrait adopter une approche plus précautionneuse pour éviter d’abîmer les mangroves. « Nous allons retirer l’huile avec des pads, rolls, oil snares, etc. » Il est aussi à noter qu’une équipe japonaise d’experts a été dépêchée sur les lieux. À savoir que les mangroves sont des plantes qui constituent un véritable écosystème de marais maritime composé de palétuviers, seuls végétaux capables de pousser avec les pieds dans l’eau et qui se développent dans certaines zones à côtes basses des régions tropicales ou à l’embouchure de certains fleuves. Ces palétuviers sont reconnus pour leur grande capacité d’absorption du carbone. À Maurice, on en trouve deux espèces : la Rhizophora mucronata et la Bruguiera gymnorrhiza.

Par ailleurs, quelque 1 282 tonnes d’huile lourde ont été collectées et près de 1 116 tonnes de déchets souillés par l’huile lourde ont été collectées et transférées à l’Interim Storage Facility for Hazardous Wastes à La Chaumière pour y être stockées.