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Réouverture des discothèques : La fièvre du samedi soir reprend possession des pistes de danse

Considérées au cœur de la pandémie comme des hauts lieux de contamination, les discothèques ont payé le prix fort. Fermées durant quasiment deux ans, elles espèrent aujourd’hui voir enfin le bout du tunnel. Depuis vendredi, après l’annonce du Premier ministre mercredi à l’effet qu’il n’y avait non seulement plus besoin de pass vaccinal, mais aussi de jauge de 50 personnes pour les rassembler, les discothèques mauriciennes, du Nord au Sud, en passant par l’Ouest et le Plateau central, longtemps touchées par le Covid, ont rallumé les platines. Pour le bonheur des clubbers, qui avaient hâte de retrouver le dance floor.

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Les boîtes de nuit étaient en plein désarroi depuis mars 2020. S’il y a eu un premier déconfinement en juin, elles sont restées portes closes. Après le deuxième confinement en avril 2021, alors qu’ils pensaient reprendre leurs activités, les gérants de boîtes de nuit se sont vus une nouvelle fois contraints de rester portes fermées. Malgré la réouverture des frontières en octobre dernier et la baisse du nombre de cas de Covid depuis le début de cette année, les night-clubs n’ont pu opérer. Si bien que certaines ont même, pour des questions de survie économique, fermé boutique, leur gérant se cherchant une nouvelle orientation.

D’autant que durant toute cette période de fermeture, ils ont eu à faire face à davantage de concurrence déloyale, avec des restaurants, pubs, hôtels se réadaptant aux besoins, se transformant en dance floor accueillant des clients pour faire la fête jusqu’aux petites heures du matin pour des mousse party, lounge DJ, sunset pool party, 48 hour non-stop music festival… Mais depuis vendredi, c’est avec un brin d’optimisme que les établissements de nuit ont rouvert et les fêtards, même si moins nombreux que d’habitude, étaient au rendez-vous .
Même pas froid

Vendredi soir, malgré la grisaille, les fêtards étaient de sortie. « On a attendu trop longtemps. Il faut profiter de ce moment. Faire la fête en boîte nous a beaucoup manqué. On est prêt pour s’éclater”, nous confiaient Christelle et Hilla, deux jeunes cadres d’une trentaine d’années, qui disent être restées sagement à attendre que les boîtes de nuit puissent rouvrir. Cette impatience, elle est aussi palpable chez Gianni, 27 ans, qui était, dit-il, “un rat des discothèques”. Vendredi, il était sur son 31 et se déhanchait déjà sur le parking de sa boîte de nuit favorite à Flic-en-Flac. “Avant le Covid, j’étais en boîte les vendredis, samedis, et même des fois le dimanche. J’adore danser. Et danser en discothèque c’est pas la même chose que dans une fête à la maison ou chez des amis. Il y a toute une ambiance, les lumières, la musique, les gens. Ça m’a énormément manqué ces deux ans. Cela fait du bien de retrouver ses marques”.

Dans le Nord, les clubbers abondent dans le même sens. “Ça manquait tellement de pouvoir sortir, de voir du monde enfin ! » s’enthousiasme Juliette, 25 ans, qui a profité de la réouverture des discothèques vendredi pour goûter à un morceau de la vie d’avant Covid-19. L’ambiance rappelle furieusement ce qu’était sortir avant la pandémie: les masques disparaissent, la distanciation sociale n’est plus de mise. Au son des rythmes techno-house, latinos, dance, reggae… les amateurs de la piste de danse profitent pleinement de leur liberté retrouvée. “C’est hyper convivial et je pense que les gens veulent vraiment s’amuser. Ça nous donne encore plus envie de sortir parce que tout le monde veut vivre ce qu’on avait avant le Covid”, dit Juliette.

Soulagement

Yan Morowa, président de l’Association of Nightclub & Private Club Owners (ANCO), confie que “c’est avec soulagement que nous avons rouvert les portes vendredi. Cela fait deux ans que nous n’avons pas travaillé et revoir les clubbers est une immense joie. Pas seulement pour la fête, mais aussi pour le business. Qui dit clients, dit aussi rentrée d’argent. Nous espérons que nous allons pouvoir voir la lumière au bout du tunnel”. En effet, durant ces deux ans, cela n’a pas été facile pour les propriétaires et gérants de boîtes de nuit de rester sans activités. « Ne pas travailler pendant deux ans, être sans ressources et sans aides, cela n’a pas été évident, surtout que nous avons des frais, comme le loyer, à honorer”, explique Dayana Ramasamy, propriétaire et gérante de la boîte Blue Safari dans le nord. Heureusement, dit-elle, qu’il y avait la famille et de bons amis qui ont donné un coup de main pour qu’on s’en sorte malgré tout.

D’autres n’ont pas eu cette même chance. Ils ont dû fermer boutique. Et certains propriétaires de discothèques ont cherché d’autres alternatives pour rebondir et ne pas sombrer. “Cela n’a pas été facile, car les frais sont énormes pour faire tourner une boîte. C’est pourquoi certains, las d’attendre que le gouvernement nous autorise à rouvrir, ont préféré plier bagage. Surtout qu’avec cette crise sanitaire, on ne sait pas à quoi s’attendre. Nous sommes les premiers à devoir fermer lorsque la pandémie s’annonce et les derniers à ouvrir lorsque tout va bien”, dit Yan Morowa.
Optimisme

Quoi qu’il en soit, c’est avec soulagement que les propriétaires de discothèques ont accueilli leurs clients depuis vendredi, car outre les affaires, c’est aussi la bonne humeur qui revient. “C’est bon de retrouver ses amis. C’est génial de voir les gens se laisser aller sur la piste de danse et déstresser après être restés si longtemps enfermés”, disent les gérants de discothèques. DJ Kan, lui est aux anges. « Pendant plusieurs mois, je n’ai pas travaillé. J’ai essayé à un moment de jouer dans les hôtels, mais ce n’est pas la même chose. Il manque cette ambiance de fête qu’ont les boîtes de nuit. Ce début est assez calme on va dire, mais dès la semaine prochaine, les fêtards seront au rendez-vous et nous allons faire la fiesta”, dit-il.

En effet, si le nombre de fêtards était assez timide vendredi, samedi l’ambiance était plus chaude et les clubbers plus nombreux. Et les propriétaires de discothèques relativisent. “C’est le début, les gens attendent que ça monte. Dès la semaine prochaine, cela va reprendre crescendo”, disent-ils.

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