Photo illustration

La sécheresse contraint à des sacrifices, et les mesures imposées devraient être temporaires. À partir de ce 1er décembre, il est strictement interdit de gaspiller l’eau. Le niveau d’eau dans nos réservoirs s’est détérioré ces trois derniers mois créant ainsi une situation « inquiétante ». Un appel est fait à l’effort et au sacrifice de la population en attendant les pluies prévues vers la fin de ce mois.

Brossant un tableau sombre de la situation de l’eau dans nos réservoirs et nappes phréatiques, hier, le ministre de l’Énergie, Joe Lesjongard soutient que l’eau sera interdite au lavage de véhicules, de bâtiments ou d’une partie ou les trottoirs à partir d’aujourd’hui. Il sera interdit d’arroser les cours ou utiliser le tuyau d’arrosage pour les plantes. « Nous voulons que la quantité dont nous disposons soit utilisée jusqu’à ce que nous ayons de grosses pluies », dit-il.

L’irrigation est aussi concernée par les nouvelles mesures. À ce sujet, le ministre avance qu’une limite sera imposée sur l’heure d’irrigation. L’irrigation utilisant l’eau de la CWA et du privé est concernée. Les compagnies sucrières détenant les Water Rights devront respecter les heures établies pour l’irrigation, soit de 6 h le matin à midi les lundis, mercredis et vendredis. « Nous devons faire un effort et un sacrifice en ces moments difficiles. Ces mesures sont temporaires et seront enlevées quand la situation s’améliorera », dit-il. Ces mesures, ajoute-t-il, étaient imposées en 1999 et 2011. Joe Lesjongard demande de changer les manières de consommation et d’être prévoyant.

Après avoir imposé une coupure d’eau généralisée de 22 h à 3 heures du matin, d’autres coupures seront imposées mais le temps sera accordé aux gens pour qu’ils stockent l’eau. Ceux qui recevaient l’eau 24/7 n’ont que 19 h d’eau en ce moment.

Le niveau d’eau dans nos réservoirs, souligne le ministre, est déjà « inquiétant » et s’il ne pleut pas, ce sera « critique » pour le pays. La pluie a été déficitaire pour le pays cette année. « Nous avons l’habitude d’avoir suffisamment de pluies au mois de juillet qui nous permet de faire face à la période sèche à partir de juillet jusqu’au début de l’année », laisse-t-il entendre. Mais la situation n’est pas la même.

Selon les chiffres fournis par le ministre, le secteur agricole consomme 301 millions mètres cubes d’eau, soit 33%. La Central Water Authority utilise 287 millions m3 d’eau, soit 31% et le Central Electricity Board, 330 millions m3, soit 36%.

À cause d’un manque de pluies, les réservoirs ne sont remplis qu’à 45,7%, soit 42,1 millions m3. Le réservoir de Mare-aux-Vacoas est à 59,4%, suivi de Piton du Milieu avec 56,5%, celui de La-Nicolière à 51,9%, La Ferme à 20,9%, Mare Longue à 68%, Midlands à 40,25 et Bagatelle à 36,3%. Comparé à la même période, soit du 30 novembre 2019 à 2020, nous observons que le niveau d’eau dans les réservoirs était nettement meilleur, soit 74,15% avec 68,32 millions mètres cubes d’eau. «

C’est un changement important dans la quantité d’eau de nos réservoirs », avoue le ministre. « Les trois derniers mois confirment la baisse que nous avons enregistrée », indique-t-il. Une diminution de 28%, 36% et 23% a été notée durant les trois derniers mois à Mare-aux-Vacoas, Bagatelle et La Nicolière respectivement. La situation est aussi « dramatique » dans nos « boreholes ». Certains sont à sec et pour d’autres le niveau est très bas. Il rappelle que la situation de notre niveau d’eau était similaire en 1999 et en 2011. Par ailleurs, à l’île de la Réunion, plusieurs communes ont adopté des règlements depuis le 1er octobre pour éviter tout gaspillage.

Par ailleurs, en vue de soulager la population, dix filtres à pression ont été installés. Le stockage d’eau devient obligatoire. Selon le ministre, ceux qui iront construire leur maison devront obligatoirement mentionner le stockage d’eau lorsqu’ils iront postuler pour leur Building Permit. Les maisons existantes seront aussi concernées par cette mesure. Le dessalement de l’eau de mer sera aussi considéré, annonce-t-on de nouveau, et les opérateurs concernés par le lavage de véhicules obtiendront une assistance financière du gouvernement.