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(Tirs croisés) Cyclones plus puissants en vue : Maurice est-elle prête ?

Les spécialistes le disent : avec le changement climatique, les cyclones seront plus puissants et dévastateurs. De plus, ce qui accentue leur danger, c’est la rapidité avec laquelle ils évoluent, de surcroît de manière erratique, comme le dit Vassen Kauppaymuthoo, ingénieur en environnement et océanographe. Alors, Maurice est-elle prête à faire face à la fureur de la nature et de son imprévisibilité ? Vassen Kauppaymuthoo ne prend pas de gants dans ses observations : « Le système de classes est désuet ». Du fait notamment qu’il est basé « uniquement sur les prévisions de la vitesse du vent ». Or, montre-t-il : « On sait bien qu’un cyclone est un phénomène complexe, qui comprend beaucoup de paramètres : les houles, le niveau de la mer qui monte, les pluies torrentielles, etc. Il faut donc qu’on arrête de penser qu’un cyclone, c’est simplement du vent ! ». L’expert en environnement s’inquiète du fait que dès que le cyclone dépasse son point le plus proche, on enlève l’alerte. « Une mauvaise décision par rapport aux classes expose la vie des gens. » Il penche pour un mélange des systèmes réunionnais et américain. Avec les imprévisibilités de plus en plus marquées des cyclones, il faut « plus de réactivité au niveau de la météo ».
Sunil Dowarkasing, consultant en environnement, se montre aussi tranchant, soulignant qu’en 2021, le pays affichait un Lack of Coping Capacity de 58,21% par rapport aux cyclones, alors que le manque d’Adaptive Capacity tourne autour de 41%. « Nous sommes donc très mauvais », dit-il. Il constate par ailleurs que notre Response est demeurée « très archaïque ». Il nous faut, plaide-t-il, « une Care Management Strategy pour accueillir les sinistrés ». Pour lui, « tout est à refaire, selon les normes d’un pays qui aspire à devenir un High Income Country ». De même qu’un Response Management à travers une unité spéciale de la SMF.
S’agissant des personnes mal logées, le père Gérard Mongelard, membre de Drwa A Enn Lakaz, regrette, lui, que « les autorités se donnent peu de moyens pour accompagner ces personnes ». Ainsi, qu’il y ait plus de 30 000 demandes à la NHDC, « qui sont encore en train d’être traitées, montre un vrai dysfonctionnement et un certain échec de la politique de logement à Maurice». Il fustige le manque de moyens des centres de refuge, mais aussi la lenteur administrative et la lourdeur des corps para-étatiques, avec pour effet que les dossiers « traînent des années sans que les demandeurs d’un logement ne voient la lumière au bout du tunnel ». Alors, dit-il, qu’il aurait suffi d’un peu de bonne volonté politique. Un concept qu’il résume en disant : « Soyons plus humains ! Et osons prendre les devants ! »


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VASSEN KAUPPAYMUTHOO  :
« Le système de classes est désuet ! »

Cela faisait 14 ans que Maurice n’avait pas connu d’alerte cyclonique de Classe IV. Batsirai est venu nous rappeler à quel point Dame Nature est capable de virulence et susceptible de causer des dégâts. À quel point diriez-vous que Maurice est prête à faire face aux cyclones puissants et aux autres calamités naturelles ?

Nous nous sommes un peu endormis sur nos lauriers. Pendant 70 ans, nous avons eu un système de classes, mis en place par les Anglais, et qui a bien fonctionné. Mais nous avons continué à utiliser ce système, aujourd’hui désuet. C’est un système qui est basé uniquement sur les prévisions de la vitesse du vent. Or, nous savons bien qu’un cyclone est un phénomène complexe, qui comprend beaucoup de paramètres : les houles, le niveau de la mer qui monte, les pluies torrentielles, etc.

Dans le monde, nous constatons que les dégâts sur les infrastructures proviennent davantage de l’eau, des houles et des ondes de tempêtes. Il faut donc que nous arrêtons de penser qu’un cyclone, c’est simplement du vent.

Beaucoup d’autres paramètres ne sont pas tenus en compte par notre système ! Exemple : si le vent a baissé, mais que nous avons de grosses houles, nous enlevons les alertes, alors que les houles peuvent être très dangereuses.

Deuxième chose qui m’inquiète beaucoup – d’ailleurs, une personne a perdu la vie en se rendant au travail peu après la levée des alertes –, c’est que dès que le cyclone dépasse son point le plus proche, nous enlevons l’alerte. Or, c’est graduel jusqu’à la Classe 4, et après, nous retirons l’alerte d’un seul coup. C’est aussi ce qui s’est passé avec Dina, en 2002. Les routes étaient impraticables et dangereuses, avec des chutes de branches, après l’alerte. Nous passons du feu vert à orange et rouge très lentement, puis du rouge au vert directement, sans passer par l’orange. Dès que le cyclone commence à s’éloigner, nous enlevons complètement les risques.

Il était donc important de garder l’alerte de vigilance après la levée de l’alerte IV ?

Définitivement. Il n’y aurait pas eu de famille endeuillée. Par ailleurs, si nous avions émis un avertissement de Classe 3, cela aurait permis aux adultes et aux enfants de rester protégés à la maison, et aux autorités de nettoyer les routes et les ponts, d’ouvrir les passages obstrués. Une mauvaise décision par rapport aux classes expose la vie des gens. Pour moi, nous n’aurions pas dû enlever l’alerte, mais basculer vers la Classe 3, et ensuite diminuer graduellement. Cela démontre une faille énorme et que le système est dépassé.

Sur quels critères devrait-on se baser alors pour lever l’alerte 4 ?

Un cyclone vient avec des bandes nuageuses. Des fois, il y a des accalmies, et d’autres fois, il y a du vent. Pour moi, tant que les bandes nuageuses actives ne sont pas passées, on ne peut pas lever les classes, parce qu’il y a toujours des rafales. D’ailleurs, la Météo avait émis un avertissement de vents forts, mais un tel avertissement n’empêche pas les gens de partir travailler.

Deuxièmement, il faut voir l’état de la mer. Y a-t-il encore des houles, des risques sur les zones côtières qui peuvent inonder les routes ? Troisièmement, l’onde de tempête est-elle vraiment passée ? Le niveau de la mer a-t-il retrouvé sa stabilité ? Quatrièmement, il est possible que le cyclone soit parti mais qu’il y ait encore beaucoup de pluies, ce qui peut causer des inondations sur les routes, et des gens peuvent perdre le contrôle de leurs voitures.

Quel système devrions-nous adopter ?

Le système de La-Réunion n’est pas mal, avec des couleurs (jaune, orange, rouge), mais combiné avec un système américain utilisant l’échelle de Saffir-Simpson, qui donne la classification des cyclones en termes de puissance. Premier critère donc : est-ce un cyclone puissant ? Ensuite, avec les codes de couleur, comme à La-Réunion, c’est bien plus clair que les classes, qui sont basées sur une limite arbitraire du vent, utilisée il y a 70 ans, quand il y avait des maisons en tôle.

En termes d’équipements, le pays est-il à jour ?

Nous disposons d’un radar offert par le gouvernement japonais. Malheureusement, certains m’ont dit que ce n’était pas correctement calibré. Nous avons besoin de données pour pouvoir prendre des décisions. Il faut installer beaucoup plus de stations automatiques. Quand la Météo a fait une demande, on a dit que c’était trop cher. Mais les données satellites n’apportent pas assez d’informations sur le terrain par rapport aux pluies torrentielles par exemple. Nous n’avons pas (ou très peu) de données sur le niveau de la mer, qui auraient pu prévoir cette onde de tempête qui a inondé le Nord. Ensuite, il n’y a pas assez d’informations du public. Si par exemple j’habite Grand-Baie et que je vois la mer monter, je devrais pouvoir en avertir la Météo.

Avec le changement climatique, les cyclones sont-ils appelés à être plus virulents ?

Il n’y a pas forcément plus de cyclones, mais les systèmes sont beaucoup plus puissants. Deuxièmement, ils évoluent très rapidement, de manière erratique, ce qui fait que les grands systèmes de prévision n’arrivent pas à planifier. C’est pourquoi les stations automatiques pour des données sur le terrain sont importantes. Il faut suivre à la minute près. Si le système évolue en cinq minutes, il ne faut pas attendre deux heures pour sortir un autre bulletin. Il faut plus de réactivité !

Nous sommes bien plus vulnérables aux effets climatiques en tant qu’île. Il faut bâtir notre résilience en termes de prévisions météos. La plupart de nos infrastructures n’ont pas passé le test cyclonique (les grandes baies vitrées, les constructions à flancs de montagne, les bâtiments ne respectant pas la distance de 30 m de la mer). Un cyclone est passé à 150 km de l’île et 20 000 personnes étaient privées d’électricité. Et nous continuons d’installer des poteaux électriques avec des fils pendus, alors que nous aurions dû avoir des infrastructures souterraines. Il ne faut pas rester cacher derrière les procédures !


SUNIL DOWARKASING (Consultant en environnement) :
« Enorme lacune en Coping et Adaptive Capacity »

Cela faisait 14 ans que Maurice n’avait pas connu d’alerte cyclonique de Classe IV. Batsirai est venu nous rappeler à quel point Dame Nature est capable de virulence et susceptible de causer des dégâts. À quel point diriez-vous que Maurice est prête à faire face aux cyclones puissants et aux autres calamités naturelles ?

Quatorze ans après, nous avons aujourd’hui un nouveau cycle. Maurice et la région feront face à des cyclones de catégories 3-5. Des études le prouvent. Mais, d’abord, voyons ce que disent les rapports internationaux sur la vulnérabilité et les Coping and Adaptive Facilities de Maurice. La Coping Capacity est l’immédiateté avec laquelle on gère un cyclone. L’Adaptive Capacity est le travail de préparation sur le temps. La vulnérabilité de Maurice est restée plus ou moins la même pendant les trois dernières années (entre 37-38%). Notre Coping Capacity varie chaque année. En 2021, notre Lack of Coping Capacity était de 58,21%. Nous sommes donc très mauvais.

Comment expliquer cette variation annuelle ?

J’ai posé la question au ministère. Ils n’ont pas pu me répondre. Ce qui est grave, c’est que cela tourne autour de plus de 50%. Il y a une énorme lacune à combler en ce qu’il s’agit de cette Coping Capacity. Quant au manque d’Adaptive Capacity, cela tourne autour de 41%. L’an dernier, c’était 38,7%, contre 59,4% en 2020. Ce sont des chiffres qui montrent les lacunes au niveau de ces deux Capacities.

La MPA a sorti un rapport en 2020 (Climate Change, Vulnerability and Adaptation Study of Port-Louis Harbour). On y mentionne que Maurice est le 10e pays le plus exposé aux Natural Hazards au niveau mondial. Le World Risk Report nous classe 51e. Il faut toutefois noter qu’il y a quand même eu un petit progrès. On était 16e en 2018, et on est passé au 51e rang. Mais cela ne change rien au danger réel, si ce n’est qu’il y a maintenant une Climate Change Insurance. C’est juste que plusieurs pays sont venus s’ajouter à la liste. Ce qu’on peut noter donc, c’est qu’on est très vulnérable. Nous avons un manque de Coping et d’Adaptive Capacity.

Avec le changement climatique, les cyclones sont-ils appelés à être plus virulents ?

Des études montrent qu’avec une augmentation de 2 °C, nous basculerons certainement vers des cyclones de catégories 3-5, et il a été prouvé que la vitesse des rafales augmentera de 5%. Nous ferons donc face à des cyclones plus intenses et des rafales beaucoup plus fortes. Par ailleurs, les études ont trouvé que dans la région de l’océan Indien, les cyclones de catégories 3-5 ont augmenté systématiquement depuis 1979. Voilà les conditions qui nous attendent.

Sommes-nous prêts à y faire face ?

Notre Response est demeurée très archaïque ! Prenons les centres de refuge. Nous sommes seulement sorti des écoles primaires pour venir aux centres sociaux. Mais le processus et le Care Management n’ont pas changé. Nous nous souvenons de l’épisode de biscuits et de l’eau aux sinistrés… Il nous faut une Care Management Strategy pour accueillir les sinistrés. Tout est à refaire, selon les normes d’un pays qui aspire à devenir un High Income Country. Les services que nous donnons doivent suivre. Le pays tire vers un niveau économique extrême, mais les services ne suivent pas. Il y a une incohérence totale entre la vision et la réalité.

Que pourrions-nous faire pour être davantage prêts face à une catastrophe naturelle ?

Il nous faut des Dedicated Centres, avec les facilités nécessaires pour accueillir les sinistrés. Déjà, ces derniers sont psychologiquement affectés en quittant leur maison, où ils risquent de tout perdre. Il faut les accueillir dans un espace bien plus humain, où leur état d’esprit peut se préparer à affronter ce qui va se passer après. Il manque ce Care Management.

Un autre aspect, c’est la sécurité pendant les cyclones. Je propose qu’une unité spéciale de la SMF soit formée pour faire face aux cyclones. Dès qu’il y a une annonce de cyclone, des unités peuvent se poster pour faire face à des situations de danger (Response Strategy).

Autrement, nous aurions dû identifier les maisons et les familles à risques, région par région. Ainsi, nous pourrions effectuer un niveau de Preparedness avec ces familles, lesquelles sauraient alors exactement quoi faire en cas de cyclone. Il n’est pas nécessaire de construire de nouveaux bâtiments pour accueillir les sinistrés. Combien d’écoles primaires ne sont-elles pas à l’abandon ? Ne pouvons-nous pas les transformer en centres de refuge ?

Je lance un appel au gouvernement pour qu’il commence à travailler sur un Global Framework, parce que nous aurons à faire face à des cyclones plus violents. Dans la politique du logement, il faut offrir à ces personnes une meilleure maison. Certains ont un mètre carré pour la salle de bains et les toilettes, et ce, dans un pays qui aspire à redevenir un High Income Country…

En conclusion ?

Il nous faut une stratégie plus globale, qui met l’accent sur le Care Management. Il y a un travail psychologique à faire. Ce qu’on fait là, c’est du Dumping. On prend ces gens, on les met dans un centre de refuge. Le Care Management fait défaut. Il importe aussi de bâtir un Response Management autour de la SMF. Ensuite faire un travail d’identification des familles à risques.


PÈRE GERARD MONGELARD (DRWA A ENN LAKAZ) :
« Soyons plus humains et osons
prendre les devants ! »

Le cyclone Batsirai est venu mettre en relief la précarité dans laquelle vivent des familles, comme les sans-abri ou ceux n’ayant que des abris de fortune. En cette saison pluvieuse et cyclonique, y a-t-il urgence de les aider ?

Les temps de crise, de confinement, la saison des pluies, de cyclones, viennent en effet fragiliser les mal logés et exacerber une situation déjà difficile. L’urgence est là et les autorités se donnent peu de moyens pour accompagner ces personnes. Les Shelters manquent de moyens. À Cité Malherbes, par exemple, il n’y a pas de centre pour les accueillir. Ils se sont retrouvés dans un centre à 5 kilomètres de chez eux, sans matelas ni nourriture. Et à notre grand étonnement, le lendemain, tôt le matin, alors que les conditions cycloniques n’avaient pas changé, ces réfugiés ont été mis à la porte. « Lev pake ale ! » C’est inadmissible ! La paroisse a dû s’organiser pour leur fournir de quoi passer la nuit.

L’Église a-t-elle un plan de logement pour ces personnes ?

Pourquoi cette question ? L’Église doit-elle se substituer à l’État ? N’est-ce pas à l’État de pourvoir à un logement décent pour chacun de ses citoyens ? C’est un droit humain. Qu’il y ait plus de 30 000 demandes à la NHDC, qui sont encore en train d’être traitées, montre un vrai dysfonctionnement et un échec de la politique du logement à Maurice.

Les gouvernements qui se sont suivis n’ont jamais pu tackle ce problème comme il faut.
L’Église fait ce qu’elle peut pour accompagner les mal logés dans leurs démarches. L’association Droit au Logement (DAL), en lien avec Caritas et des citoyens de bonne volonté, a depuis deux ans fait avancer pas mal de dossiers urgents. Ils ont fait aussi pas mal de propositions en matière de logements-relais, mais ils font face à une lenteur administrative et une lourdeur des corps para-étatiques, qui sont parfois désespérantes !

Avez-vous été témoin de demandes venant de familles sans logement pour un abri lors du passage de Batsirai ?

Oui. Des familles se sont retrouvées en difficulté. Une famille avait même un enfant de trois ans sérieusement malade. Le père nous a raconté que réveillé à 5h du matin, il a dû lutter dur pour que son abri en tôle ne s’écroule pas sur eux. Au matin, sa famille et lui ont quitté leur logement de fortune pour être accueillis au centre Sainte Hélène. Mais il n’a pu que constater les dégâts par la suite. Heureusement qu’ils avaient fui, puisque son logement est à ciel ouvert maintenant.

Quels sont les autres problèmes sociaux engendrés par le fait que ces familles n’ont pas d’abri correct ?

Vivre dans ces conditions pose beaucoup de problèmes : hygiène, salubrité, malnutrition, scolarité des enfants. L’environnement est très humide, propice aux maladies et aux infections. Les mères ont aussi du mal à trouver du travail, ne pouvant laisser leurs enfants seuls dans un tel état.

Quelles solutions pourrait-on trouver pour ces familles ?

Plusieurs propositions ont été faites, comme des logements-relais, que l’on pourrait construire vite. Il suffit d’un peu de bonne volonté politique. Beaucoup de gens sont prêts à aider. Il faudrait aussi que des Fast Tracks soient possibles pour les cas plus nécessiteux, enquête de terrain à l’appui. Where there’s a will there’s a way ! Soyons plus humains, et osons prendre les devants ! Cette situation n’est plus tolérable.

Que sont les maisons-relais ?

Quand une famille est en difficulté, on les y installe pendant un an ou deux, le temps qu’elles fassent leurs démarches auprès de la NHDC. Quand elles quittent la maison, on accueille une autre famille. Et pendant qu’elles sont dans ces maisons-relais, on les accompagne. Si le mari n’a pas de travail, nous l’aidons à en trouver un. Nous encadrons les enfants en âge d’aller à l’école. Nous leur procurons ce qu’il faut pour réussir.

Mettre à leur disposition un logement ne suffit pas…

L’accompagnement est très important. Quand elles ont vécu des années dans une maison de fortune, elles sont psychologiquement touchées.

Les conteneurs peuvent-ils être une solution pour des maisons plus solides ?

Nous avons déjà visité les conteneurs déjà aménagés. Mais cela coûte cher. Deuxièmement, nous nous demandons si c’est adapté pour la région de Curepipe par exemple. Cela reste une option. Mais il y en a d’autres que nous avons envisagées, comme la construction de maisons en tôle solides avec deux ou trois chambres. Nous avons un modèle à Sainte-Hélène. Nous pourrions faire un modèle de deux, trois ou quatre chambres, selon le nombre d’enfants.

Vous proposerez ces modèles aux autorités ?

Si le gouvernement est preneur, il y a aucun problème, mais il faut trouver des terrains. Où construire ? À un moment, nous avons essayé d’approcher la compagnie Medine, mais avec le Covid-19, il n’y a pas eu de suite.

Vous comptez donc aussi sur le privé ?

Oui. Si nous pouvons avoir des terrains et trouver des sponsors pour construire quatre ou cinq maisons-relais sur un terrain. Comme cela, nous pourrions accompagner ces familles. Nous misons beaucoup sur l’accompagnement.

Est-il important de ne pas reclure ces familles dans certaines régions ?

Avec Drwa A Enn Lakaz, nous sommes sur plusieurs régions. Il y a 46 familles à Rivière-Noire qui vivent dans des conditions déplorables, 230 familles à Bambous. Il faut voir dans quelles conditions elles vivent. Il y en a aussi à Tranquebar, Pointe-aux-Sables, Vallée Pitot, Riambel… C’est un problème national. Il faut une volonté politique.

Nous parlons de construire 12 000 maisons, soit, mais c’est sur le long terme. Or, c’est dans l’immédiat qu’il faut trouver des maisons pour ces personnes. Plus nous tardons, plus l’enfant grandit. Des fois, il y a trois générations. Combien de temps cela durera-t-il ? Il faut réaliser que pendant des années, nous n’avons pas construit de maisons à Maurice. Le retard est considérable : 30 000 inscrits !

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