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…alors que la Sports Act 2016 interdit aux membres d’une fédération et autres présidents de comités régionaux d’être « actively engaged in politics »

Le président de la fédération de pétanque, Radhakrishansingh Rajkoomar,
et les autres dirigeants sportifs engagés ne passent pas

La Sports Act 2016 interdit formellement aux dirigeants sportifs d’être « actively engaged in politics ». Pourtant, certains ont fait fi de ces règlements en participant aux élections villageoises de dimanche dernier, comme c’était le cas pour d’autres, l’année dernière, lors des élections générales. A noter que le Parquet avait, en novembre 2018, sommé deux présidents de fédération et un membre du comité exécutif d’une fédération de démissionner de leurs fonctions. Un des trois avait toutefois trouvé une excuse pour se retrouver à nouveau dans son fauteuil de président !

Que cela soit très clair : participer à une élection, que ce soit générale, municipale ou encore villageoise équivaut à faire de la politique active et ce, peu importe ce que diront ceux qui sont impliqués. La loi est d’ailleurs très claire à ce sujet. La Sports Act 2016 en fait référence en deux occasions. D’abord, à la partie III (ORGANISATION OF SPORT Sub-Part A – National Sports Federations) sous section 6 (Functions and powers of National Sports Federations) (1) (f) où il est dit que : « A National Sports Federation shall, in the discharge of its functions and exercise of its powers – ensure that no person actively engaged in politics, coach or athlete sits on its Managing Committee or acts as chairperson of any of its regional sports committees or sports club affiliated with it. »

Etonnant M. Rajkoomar !

Référence est aussi faite à la partie 9 (General Assembly and Managing Committee of National Sports Federations) sous section (5) (i) : « No person shall be eligible for election as a member of a Managing Committee of a National Sports Federation where – he is actively engaged in politics. » Sauf que certains dirigeants persistent à croire que tout est permis et continuent à pervertir la loi sportive du pays. Cela, au vu et au su des autorités concernées, dont le ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL).

Radhakrishansingh Rajkoomar, président de la Fédération mauricienne de Boules (FMB), anciennement connue comme l’Association Pétanque de l’île Maurice, est de ceux-là. Lui qui n’est cependant pas passé à Souillac après le décompte. Déjà en octobre 2018, il avait été appelé à démissionner suite à une décision du Parquet. Il avait alors déclaré, à Week-End, dans un article en date du 9 décembre de la même année, qu’il avait déjà démissionné comme président de cette fédération en 2017 et également en tant que conseiller de village de Souillac et de district de Grand-Port. à un autre titre de presse, il avait précisé avoir démissionné de ces deux responsabilités, début 2017 avant de postuler, à nouveau, pour le poste de président, lors des élections tenues en avril de la même année.

Selon Radhakrishansingh Rajkoomar donc, il n’était plus engagé politiquement à cette époque étant donc éligible à briguer à nouveau une place au sein du comité directeur de la FMB et également, celui de président. Que nous dira-t-il, cette fois, après avoir été candidat sous la bannière du Mouvement Populaire de Souillac lors des élections villageoises ? Peut-être avancera-t-il avoir démissionné comme président avant ces élections et qu’il refera ensuite acte de candidature aux élections fédérales comme tel était le cas en 2017, selon ses propres dires ? Des élections fédérales qui sont, rappelons-le, prévues pour la majorité des fédérations sportives, l’année prochaine ! Aussi, ce qui est déploré dans son cas, c’est que Radhakrishansingh Rajkoomar avait avoué avoir accompagné une sélection aux Mondiaux de Madagascar en sa qualité…d’entraîneur.
Son nom avait même été cité dans un document officiel du MAJSL comme entraîneur et qu’un Cash Prize de Rs 3 200 lui est destiné pour sa participation aux championnats d’Afrique qui s’était tenu à Lomé au Togo en juin 2019 ! Or, la Sports Act 2016 précise, cette fois à la partie 9 (General Assembly and Managing Committee of National Sports Federations) sous-section (5) (h) : « No person shall be eligible for election as a member of a Managing Committee of a National Sports Federation where – he is currently engaged in coaching. » Avouez que sa position interpelle et ce, à divers niveaux !

Ranjit Jokhoo et Pascal Telvar

Dans le même registre, mais à une échelle différente, Ranjit Jokhoo, membre de l’Association mauricienne de Volley-Ball, a été candidat à Pamplemousses, mais à titre individuel. Sauf qu’une fois encore, être candidat se résume à faire de la politique, même s’il a été lui aussi battu à ces élections. Idem pour l’ancien président de l’Association mauricienne de Boxe (AMB), Pascal Telvar, candidat à Surinam sous les couleurs de Nuvo Vision. Pourtant, il est président du comité régional de boxe de Savane. Confirmation nous a été donnée auprès de l’AMB. Sans oublier que Pascal Telvar a été candidat, lors des dernières élections générales, sous la bannière 100% Citoyens et avait récolté 509 voix.

La participation de Marco Alphonse, candidat battu à Beau Vallon comme membre du Groupe Progres Developman, est, elle, sujette à des interrogations. Secrétaire de club, rien ne dit cependant qu’il ne peut faire de la politique vu que la Sports Act 2016 stipule uniquement : « A National Sports Federation shall, in the discharge of its functions and exercise of its powers – ensure that no person actively engaged in politics, coach or athlete …acts as chairperson of any of its regional sports committees or sports club affiliated with it. » !

Cette partie de la loi comporte, effectivement, une grosse lacune ayant d’ailleurs permis à Marco Alphonse d’être candidat et certainement à d’autres, à l’avenir, si des amendements ne sont pas apportés.

Par ailleurs, Poorun Bhollah, ancien président de la Fédération mauricienne d’Haltérophilie et Ajay Ramadhin, ancien membre de la Fédération mauricienne de Cyclisme, ont été candidats lors des élections villageoises 2020. Les deux avaient démissionné de leurs postes respectifs suivant la décision du Parquet d’octobre 2018. Le premier est un candidat élu du Groupement Socialiste de Nouvelle France, alors que le second, qui a posé sous les couleurs de Les Forces Vives de Baie du Tombeau, a été battu.