Samira Sabou (Source : internet)

A l’issue du procès le 14 juillet, le procureur avait requis contre Samira Sabou cinq semaines de prison ferme et une amende d’un million FCFA (plus de 1.500 euros).

« Nous nous félicitons de la libération de Samira Sabou (…) cette libération est un premier signal positif envoyé par le pouvoir judiciaire au Niger », a réagi l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (FIDH-OMCT) dans un communiqué.

« Toutefois, il ne faut pas oublier que d’autres défenseurs des droits humains sont toujours emprisonnés dans le pays en raison de leurs activités pacifiques. Eux aussi doivent être libérés », a déclaré Alice Mogwe, présidente de la Fédération Internationale pour les Droits Humains, citée dans le communiqué.

Des ONG locales ont salué également la libération de la journaliste. « C’est un sentiment de joie et de satisfaction qui nous anime. Nous avions toujours clamé si fort que Samira n’avait rien dit de si grave », a réagi Maman Kaka Touda.

Samira Sabou était jugée pour « diffamation » après une plainte déposée par Sani Mahamadou Issoufou, le fils et directeur de cabinet adjoint du président Mahamadou Issoufou. La journaliste avait publié un post sur l’affaire des surfacturations à l’armée accusant un homme d’affaires nigérien de « capter les marchés du ministère de la Défense au nom du fils du patron ».

« Le procès aux motivations politiques de la journaliste (Samira Sabou) doit aboutir à sa libération inconditionnelle », avait demandé Amnesty International.

Au moins trois figures de la société civile sont encore incarcérées depuis le 15 mars. Ils avaient été écroués après de violents heurts entre forces de l’ordre et des manifestants demandant des sanctions dans ce scandale des surfacturations.

L’affaire des surfacturations fait grand bruit au Niger après la diffusion sur les réseaux sociaux d’extraits d’un rapport d’audit sur ces irrégularités. Les surfacturations et les livraisons non effectuées d’équipements militaires ces dernières années ont coûté 32,6 milliards FCFA (50 millions d’euros) à l’Etat du Niger, selon le parquet de Niamey.

La justice avait annoncé le 8 avril l’ouverture d’une enquête sur l’affaire, qui a éclaté en février lorsque le gouvernement avait annoncé qu’un audit demandé par le président Issoufou avait révélé des surfacturations ainsi que des livraisons non effectuées à l’armée, qui combat depuis 2015 des groupes jihadistes dans le sud-est et l’ouest du pays.

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