10E JIOI — RENCONTRE COM-CROS À L'ÎLE SOEUR: La Réunion joue le contre-la-montre

Le CROS (Comité Régional Olympique et Sportifs) de La Réunion donne un coup de pression à ses menaces d'une non-participation, et ce, en se munissant de la carte du contre-la-montre. Le comité souhaite en effet que l'Article 7 de la Charte des Jeux soit amendé avant le 31 décembre.
« Après cette date (31 décembre), le coup n'est plus jouable pour nos athlètes », a informé Thierry Grimaud, vice-président du CROS. Menant la fronde sur ce dossier, il relate que passé le 31 décembre, le CROS ne recevra pas de financement ni du Conseil régional ni du Département pour la préparation de ses athlètes en 2018. « Si avant le 31 décembre nous n'avons pas formulé nos besoins financiers au Département et au Conseil régional, ni les Ligues ni le CROS n'obtiendront le financement nécessaire pour la préparation en 2018. C'est la raison pour laquelle le CROS a toujours insisté pour que cette question soit réglée cette année. Au cas contraire, le coup ne sera pas jouable pour les sportifs réunionnais », a expliqué Thierry Grimaud.
Face à cette nouvelle pression, le ministre des Sports, Stephan Toussaint, a remis son assentiment vendredi pour qu'une réunion du Conseil International des Jeux (CIJ) se tienne à Maurice à la mi-décembre, soit entre le 10 et le 15, dépendant de la disponibilité de ses membres.
Une initiative personnelle de PHTV
Au vu de la gronde qui enflait autour de la menace réunionnaise de ne pas participer aux 10e jeux à Maurice en 2019, le président du COM, Phillipe Hao Thyn Voon, avait multiplié les rencontres et les discussions pour tenter de trouver une solution. C'est ainsi que lui est venu l'idée de se rendre à La Réunion — sur la base d'une initiative personnelle — afin de rencontrer aussi discrètement que possible les dirigeants du CROS. Son but était de notamment mettre tous les différends sur la table des discussions et envisager une solution durable.
Philippe Hao Thyn Voon et son secrétaire général, Kaysee Teeroovengadum, ont mis le cap sur l'île soeur. Ils ont eu une rencontre lundi soir avec la présidente du CROS, Monique Catalan, et ses adjoints, nommément Thierry Grimaud et Adolphe Pépin, en vue de dénouer le nœud gordien qu'est l'Article 7. La réunion s'est déroulée à St-Gilles, où il a été surtout question de « break the ice », afin de permettre une discussion profitable.
« Cette question de l'Article 7 avait pris des proportions qui mettaient en danger non seulement le succès des 10e jeux, mais l'existence du JIOI », a déclaré Philippe Hao Thyn Voon à Week-End. « J'ai assumé ma responsabilité en tant que président du COM et ex-président du CIJ, et je suis allé rencontrer les Réunionnais en toute humilité pour trouver une solution. Notre discussion a d'abord permis un dégel des relations entre nos deux comités, et nous sommes aujourd'hui en présence d'une solution qui est à l'étude. J'espère que comme le souhaite la Réunion, le CIJ arrive à prendre une décision avant la fin de 2017 », a-t-il ajouté.
Pour Thierry Grimaud, cette rencontre a eu des retombées positives : « Se rencontrer et trouver une solution, c'est tout ce que le CROS souhaitait (…) Au CROS, nous pensons qu'après 40 ans, les règles doivent évoluer comme le mouvement de nos sportifs a évolué. Nous sommes donc satisfaits que Maurice nous a compris sur un point important, à savoir notre position vis-à-vis de nos autorités politiques. Nous sommes aussi satisfaits que nos propositions ont été prises en considération et seront étudiées, et qu'une réunion du CIJ se tiendra pour qu'une décision soit prise. Qu'importe maintenant la décision de cette instance à l'égard de la nouvelle proposition d'amendements à l'Article 7, le CROS a aujourd'hui le sentiment d'avoir été entendu ».


RÉACTION—STEPHAN TOUSSAINT: « Un ouf de soulagement »
« D'abord, je dois saluer l'expérience de Philippe Hao Thyn Voon, qui a su trouver les mots justes pour convaincre nos amis de la Réunion pour un retour à de meilleurs sentiments. J'ai toujours dit que nous sommes très fraternels entre les îles de la région et j'ai toujours pensé qu'une solution allait être trouvée devant la menace réunionnaise. C'est un ouf de soulagement certes et il nous faut maintenant travailler les détails. Je ne suis pas contre aussi l'idée d'organiser une réunion du CIJ à Maurice avant la fin de décembre si cela permet de trouver une solution durable. C'est une bonne chose pour le COJI Maurice ».
 


ARTICLE 7 DE LA CHARTE DES JEUX: Quelle est la nouvelle proposition réunionnaise?
Week-End se trouve en présence de la proposition formulée par le CROS de la Réunion pour dénouer le nœud gordien de l'Article 7. Le moins que l'on puisse dire, c'est que tout le monde devra mettre de l'eau dans son vin. D'autant plus qu'aujourd'hui la Réunion n'est plus la seule île à compter des athlètes évoluant à l'étranger. Tous les pays membres du CIJ font face à cette situation, mais, rappelons-le, la nationalité réunionnaise n'existe pas.
La proposition réunionnaise fait état de la création d'une commission arbitrale et éthique — style TAS (Tribunal Arbitral du Sports) pour les Jeux olympiques — afin d'éviter toute discute au sein du CIJ face à un cas comme celui de Myriam Klosner.
Pour en revenir à l'Article 7, la proposition réunionnaise prévoit surtout des amendements au niveau de la troisième condition à être respectée par un athlète pour pouvoir participer aux JIOI. Les Réunionnais ont ajouté qu'un athlète doit avoir été licencié « au moins cinq ans dans l'île dans la même discipline à laquelle il concourt aux jeux. La prise en compte doit se faire au minimum dans la catégorie minime de la discipline ».
 


Article 7: L'actuelle rédaction
2. En outre pour la Réunion ou Mayotte, le sportif doit répondre à une des conditions suivantes :
•  Être natif de l'île
•  Être licencié auprès du mouvement sportif de l'île durant trois années civiles continues incluant celle des jeux
•  Avoir été licencié au moins cinq ans dans l'île


Proposition CROS :
Pour participer, le sportif doit répondre à une des conditions suivantes
•  Être natif de l'île
•  Être licencié auprès du mouvement sportif de l'île durant trois années civiles continues incluant celle des jeux
•  Avoir été licencié au moins cinq ans dans l'île dans la même discipline à laquelle il concourt aux jeux. La prise en compte doit se faire au minimum dans la catégorie minime de la discipline