Une confiance pour le moins inébranlable anime Stephan Toussaint, alors que le compte à rebours d’une année en vue de la 10e édition des Jeux des îles sera enclenché demain. Rencontré dans son bureau à la fin de la semaine dernière, le ministre de la Jeunesse et des Sports avoue son optimisme quant à la réussite de cette manifestation. À tel point qu’il a réitéré son vœu que ce soient des Jeux cinq étoiles. S’il maintient que l’objectif sera l’obtention de cent médailles d’or ou plus, il soutient que la ferveur et l’engouement gagneront le peuple mauricien au fil des mois précédant les Jeux.

Cela fera exactement un an demain que sera donné le coup d’envoi de la 10e édition des Jeux des îles. En tant que ministre de la Jeunesse et des Sports, dans quel état d’esprit abordez-vous ce compte à rebours d’une année ?
Je demeure très, très confiant que ce seront des Jeux cinq étoiles. Que ce soit au niveau des infrastructures, de l’ambiance entre les sportifs des îles, des performances, des équipements ou encore de l’hébergement dans des établissements hôteliers trois étoiles et la ferveur que cela va dégager à travers le pays. Puis, il y a eu eu le dévoilement de la mascotte le 29 juin effectué dans une belle ambiance. Je crois que Krouink a fait l’unanimité. Si on l’avait lâché à Port-Louis, les gens se seraient bousculés pour l’avoir. Il aurait provoqué une petite émeute. Même si certains ont critiqué le choix de ce nom, je trouve que le cateau vert symbolise la faune et la flore, de même que la protection de l’environnement. En me basant sur ce lancement et sur l’accueil que Krouink a reçu, je suis sûr qu’il y aura une belle ambiance l’année prochaine.

À un an des JIOI, êtes-vous d’avis qu’un certain engouement s’est manifesté au sein de la population ?
Je peux vous garantir que la ferveur ira crescendo jusqu’aux Jeux. On m’en parle durant mes fonctions. Surtout après le dévoilement de la mascotte et le compte à rebours d’une année qui est prévu demain. Afin de créer encore plus d’engouement, les diverses activités qui seront organisées par mon ministère auront un cachet des Jeux des îles. Ce sera ainsi le cas pour Anou Zoué qui se déroulera chaque mois, et les activités Jeunes en Vacances et Spécial Vacances qui seront marquées par la présence de la mascotte.

Cet engouement pourra-t-il se concrétiser, selon vous, lors de la manifestation prévue demain après-midi ?
Je m’attends en effet que le public vienne en grand nombre. Cette fois, tous les présélectionnés et leurs dirigeants ont été conviés et défileront de Saint-Jean à la municipalité de Quatre-Bornes. La mascotte et l’orchestre de la police seront également présents pour cette manifestation qui passera en live streaming. Une animation musicale sera aussi prévue avant le début du compte à rebours prévu à 18h30.

On aura par contre noté l’absence des véritables acteurs que sont les présélectionnés lors du dévoilement de la mascotte. Pourquoi ce manquement ?
Cela n’a pas été le cas, car nous avions invité les représentants des fédérations et deux sportifs représentant la discipline. La responsabilité incombait donc à ces représentants et je peux vous assurer que plusieurs sportifs étaient présents. Nous avions également invité d’anciennes gloires du sport mauricien et l’une d’elles est venue me remercier, les larmes aux yeux, de lui avoir fait revivre l’émotion des Jeux des îles.

À l’issue de l’exercice Go for Gold effectué par votre ministère, le chiffre de cent médailles d’or voire plus a été atteint après un décompte. Ne pensez-vous pas que la barre a été placée trop haut ?
Cet objectif de cent médailles d’or s’avère, selon moi, réaliste et réalisable. C’est comme un défi lancé aux différentes fédérations. D’autant que nous avons mis à leur disposition de gros moyens, avec d’abord un budget de Rs 18 millions, puis cette année un budget qui tourne autour de Rs 75 millions. J’estime que c’est la première fois qu’autant d’argent est injecté à un an d’une édition des Jeux des îles. De ce fait, je ne vois aucune raison pourquoi nos représentants ne pourront briller et atteindre cet objectif de cent médailles d’or ou plus.

Estimez-vous que toutes les fédérations jouent le jeu et sont conscientes de leurs responsabilités ?
Il existait certes quelques doutes au niveau de certaines disciplines, à l’instar du basket-ball ou du judo. Dans le premier cas, l’arrivée du directeur technique national d’origine serbe a créé un déclic et les présélectionnés font désormais preuve d’une nouvelle motivation. Du côté du judo, les séances d’entraînement se déroulent normalement et nous espérons que les présélectionnés pourront bénéficier de stages. C’est sur la bonne voie. Afin d’éviter tout problème, un comité de suivi a été institué au sein du ministère de la Jeunesse et des Sports pour faire le monitoring. En novembre, nous avons parlé des rénovations et le courant passe bien. Les réunions sont tenues à un rythme régulier. Donc, à ce niveau, nous ne pouvons qu’être satisfaits.

Valeur actuelle, des doutes subsistent quant à l’accomplissement des travaux à Côte d’Or dans les délais. Partagez-vous ces doutes ?
Le complexe sportif de Côte d’Or sera assurément la cerise sur le gâteau. À partir de là, on pourra définitivement parler de Jeux cinq étoiles. Les consultants nous ont donné la garantie que tout sera prêt à temps et nous ne pouvons les contredire. De plus, ils veilleront au grain au niveau de la qualité. Reste le problème climatique qui pourrait retarder les travaux. Je demeure tout de même confiant.

Si tel n’est pas le cas. Vous devrez alors passer au plan B, avec les infrastructures qui seront bientôt en rénovation…
Non, il n’y a pas de plan B, car avec les rénovations de ces infrastructures et la construction du complexe sportif de Côte d’Or, nous voulons créer un Sports Hub à Maurice. Pour ce qui est des rénovations, j’ai déjà répondu à des questions parlementaires sur ce sujet. Les fédérations étaient déjà au courant de la situation et il n’existe pas de réels soucis pour la plupart d’entre elles.

Quel regard jetez-vous sur le travail effectué par le Coji ?
Je dois ici saluer l’immense travail abattu jusqu’ici par le Comité d’organisation des Jeux des îles et son Chief Executive Officer, Jean-Pierre Sauzier, auteur d’un travail formidable et scientifique. Une des prochaines étapes sera de travailler sur le parcours de la flamme des Jeux. Nous y réfléchissons encore et je demeure certain que le parcours de la flamme dans différentes régions de l’île l’année prochaine créera encore plus d’enthousiasme au sein de la population.

N’éprouvez-vous une certaine appréhension concernant le response des commanditaires ?
Je suis heureux de constater au contraire que l’engouement au niveau des commanditaires s’est accéléré à l’issue du dévoilement de la mascotte. D’ici peu, les premières signatures seront apposées. Tout cela est bon signe.

À votre avis, les investissements colossaux de l’État justifieront-ils la réussite du sport mauricien sur le plan des résultats l’année prochaine ?
Les 10es Jeux des îles ne sont pas une fin en soi. Nous ne visons pas uniquement des résultats, mais ce que nous allons investir se fera pour l’avenir surtout. Tout un cheminement a été tracé avant l’objectif final qu’est Paris 2024. Outre des stages à l’étranger, nous participerons aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, aux Jeux de la Francophonie en 2021, aux Jeux du Commonwealth en 2022. Dans l’intervalle, il y aura diverses compétitions continentales, entre autres. Donc, ce sera un investissement à long terme.

Pour terminer, quels souvenirs retenez-vous des deux éditions des JIOI tenues à Maurice en 1985 et 2003 ?
Lors de la première édition, je n’avais que 13 ans, mais j’ai tout de même eu la chance d’assister à la finale de football au stade George V en compagnie de mon père. Il était un grand fan de foot et de la Fire Brigade. En 2003, je n’ai malheureusement pu assister à la finale de football, n’ayant pu me procurer un billet. Néanmoins, j’ai été présent sur d’autres sites. Quoi qu’il en soit, la tenue des Jeux des îles sur notre sol resserre les liens entre les différentes composantes de la population et pousse nos représentants à se surpasser. Je souhaite que ce même constat émerge au cours de la prochaine édition.