Damieux Michel Jean-Pierre, l’un des copropriétaires du speed boat Al Dahein, qui aurait été utilisé pour prendre livraison de “zamal” à l’île sœur, a déposé une motion en cour de district de Rivière-du-Rempart pour contester la charge provisoire de trafic de drogue retenue contre lui.

Ses hommes de loi, Mes Rama Valayden et Alvin Juwaheer, ont argué que cette charge provisoire ne pouvait « tenir la route » car il n’y avait aucun « soupçon raisonnable » pour arrêter le suspect. Le magistrat Rishi Hardowar a rejeté cette motion, concluant qu’en l’absence d’information précise, les enquêteurs avaient eu raison de se baser sur des informations divulguées par les autorités réunionnaises sur la présence du bateau à La Réunion.

L’inspecteur Subbareddi de l’ADSU, qui était l’un des enquêteurs principaux dans cette affaire, avait témoigné en cour et indiqué que Damieux Michel Jean-Pierre est le propriétaire d’un moteur de bateau qui avait été retrouvé sur un speed boat abandonné le 3 juin 2019 dans le lagon de Flic-en-Flac.

Le speed boat avait été identifié comme étant celui que la Gendarmerie de La Réunion a vu le 3 mai à l’Anse-des-Cascades alors que 140 kg de cannabis devaient être embarqués sur le même bateau. Néanmoins, le bateau et ses occupants ont pu s’enfuir. La valeur de la drogue saisie était estimée à Rs 84 M.

La police est en possession de documents prouvant que l’accusé est le propriétaire du moteur sur le même bateau. Et ce bateau a également été identifié par des policiers de La Réunion. La région où le bateau a été saisi fait partie de la route maritime menant à l’île de La Réunion. L’enquêteur avait soutenu qu’il y avait eu un partage d’informations entre la police locale et la gendarmerie de La Réunion et qu’une entraide judiciaire a été mise en place afin de permettre à l’identification formelle dudit bateau.

Les avocats de la défense devait cependant faire ressortir lors des plaidoiries qu’aucun agent de police locale n’avait trouvé le speed boat dans les mers de l’île de La Réunion. Les avocats ont également déclaré que s’il y avait une quelconque preuve établissant un lien entre le bateau découvert à Flic-en-Flac et celui utilisé à La Réunion, il y aurait eu des « soupçons raisonnables » alors que dans cette affaire, il n’y avait aucune pièce d’identité, aucun document ou numéro d’immatriculation reliant ce navire.

Ils estiment qu’il n’y avait aucune preuve pour donner effet à une arrestation légale. La défense est d’avis que toutes les preuves disponibles seraient « des preuves par « ouï-dire ».

Le magistrat Hardowar a conclu que la police était légalement autorisée à se fonder, en l’absence de toute pièce d’identité formelle, sur la preuve par ouï-dire, c’est-à-dire l’échange d’informations avec les autorités de La Réunion qui ont confirmé que le speed boat saisi était le même qui avait été utilisé dans les mers de La Réunion pour commettre l’infraction reprochée.

La cour a aussi trouvé « qu’il existe une preuve documentaire » que l’un des moteurs du bateau appartient au suspect. Par conséquent, la cour estime que la présente charge provisoire repose sur des « soupçons raisonnables ».