LE 15 AVRIL AU SAFARI BAR : Malkijah, “J’ai beaucoup ressenti le fait d’être femme au début”

Après plus de cinq ans, Malkijah, figure emblématique du reggae dancehall féminin de l’océan Indien, revient chez nous pour assurer un live sound system, le 15 avril au Safari Bar à Grand-Baie. Depuis ses débuts, elle s’est positionnée très rapidement dans le dancehall réunionnais. Pour Scope, la chanteuse aux dreads revient sur son parcours et ses projets. Et nous dit comment par la force de son talent, de sa tchatche puissante et son envie de percer, elle a su se faire respecter dans un univers très masculin et très exigeant.

On se souvient de vos passages lors du Festival Reggae Donn Sa, mais également au Festival Kreol. Que devient la bad gal du dancehall réunionnais ?
Après les festivals à Maurice, j’ai enchaîné sur des scènes internationales, avec des tournées en France et au Canada, avant de sortir le tube Baby Love en 2014, qui a connu un énorme succès, totalisant plus d’un million de vues sur YouTube. J’ai fait une pause pour la naissance de mon bébé, en 2015, mais sans jamais lâcher complètement la scène, car je faisais quelques concerts à côté.

Quelles sont vos actualités du moment ?
Je me penche sur mon nouvel album, qui atterrira dans les bacs à la rentrée 2017. Un opus à mon image, authentique et fidèle, toujours dans le même registre (Ndlr : un mélange de reggae, de rap, de hip-hop et de dancehall). La seule différence avec les précédents se situera au niveau des lyrics, avec plus de messages forts nourris par ma maturité artistique.

À La Réunion, vous êtes considérée comme l’une des plus grandes icônes du dancehall féminin. Vous ne vous êtes pas encore fait détrôner ?
J’aimerais bien qu’une nouvelle génération se démarque et prenne les rennes, d’autant que je commence à être une ancienne (rires). Pour être franche, bien qu’il y ait des filles qui font du dancehall, je ne vois toujours pas de relève. C’est très dur de percer, parce que c’est un univers très masculin.

Comment avez-vous fait pour vous démarquer en tant qu’artiste féminine dans la sphère underground ?
J’ai beaucoup ressenti le fait d’être femme au début de ma carrière. Dans les sound systems, on est entouré de garçons, et on ne vous passe pas forcément le micro. J’ai lutté pour m’imposer car j’avais une certaine rage d’avancer et de me faire entendre. Être une femme a aussi ses avantages. Comme nous sommes peu nombreuses, nous nous faisons plus vite remarquer. Le seul inconvénient, c’est d’être tout le temps entouré de mecs…

Est-ce que l’on peut vivre de sa passion musicale à La Réunion ?
Presque tout au long de ma carrière artistique, j’ai toujours eu un commerce à côté, que je viens de fermer. Ce n’est pas évident de vivre uniquement de sa musique. Toutes les périodes ne se ressemblent pas : certaines sont creuses alors que d’autres dates sont plus remplies. Mais cela dépend aussi du travail que vous fournissez.

Que réservez-vous à vos fans et à ceux qui souhaitent vous découvrir lors de votre sound system chez nous prochainement ?
C’est un peu mon grand retour à l’île Maurice. On peut s’attendre à ce que je mette le feu sur scène, tout en passant des messages forts. Mes fans mauriciens m’ont beaucoup manqué, mais on n’a jamais vraiment coupé contact. J’ai souvent des messages sympas via les réseaux sociaux. Par ailleurs, je suis ravie de partager l’affiche avec de nouvelles personnes et de découvrir des artistes d’autres horizons, comme Rodrigues.

Un message pour vos fans ?
Mes précédents passages chez vous figurent dans le Top 5 des meilleurs souvenirs de ma carrière musicale. Je suis impatiente de vous retrouver. L’île Maurice est un peu comme ma deuxième famille.


À propos de l’artiste
Originaire de La Réunion, Malkijah a grandi à Paris, où elle a évolué pendant dix ans dans le milieu du sound system parisien. En 2004, elle sort son premier tube à La Réunion, Levez Jetez, qui fait un carton. Elle enchaîne avec des collaborations sur des compilations, avec des featurings intéressants. En 2005, elle produit son premier street album à Paris, intitulé Hot Vibes. De 2006 à 2009, la chanteuse fonde l’association Jahtown Concept avec une belle équipe. Ils se produisent ensemble sur plusieurs scènes et assurent la première partie d’artistes nationaux et internationaux. Grâce à ses performances puissantes, Malkijah se positionne très vite en tant qu’incontournable du reggae dancehall féminin à La Réunion. En 2009, elle sort Eruption, enregistré entre La Réunion, la France et la Jamaïque, avec notamment une collaboration avec Mr Vegas.
La jeune femme est toujours très sollicitée et se penche sur son prochain album.


Au programme
Le samedi 15 avril, Malkijah partagera la scène du Safari Bar à Grand-Baie avec plusieurs artistes originaires du 10e ghetto (Rodrigues), notamment Mr Snyp, Lirikal Ambassadah, Real Rasta et Rahman, chanteur et organisateur du sound system. Ce dernier lancera un single, Bat Dan Latet, en featuring avec la Réunionnaise. Un événement qui promet d’être haut en couleur et en tonus, accompagné par Natir Chamarel. Le mixage sera assuré par Selekta Nathy, DJ Adelio et Selekta Ajit.
Les billets sont en prévente à Rs 300 et seront en vente à la porte à Rs 350. Infos : 58-44-23-94.