Maurice était le « talk of the seminar », selon Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo, qui ont participé à la conférence organisée par la Aware Women’s Action for Justice (Awaj) Foundation à Dakha, il y a dix jours. Les différents abus à l’égard des ouvriers bangladais à Maurice y ont été exposés en présence des responsables de l’Organisation internationale du Travail et des représentants des autres pays. Ils sont d’avis que le gouvernement doit réagir pour mettre fin à cette situation.

Maurice est le deuxième pays employant le plus de Bangladais. C’est ce qui ressort d’un séminaire organisé par l’Awaj Foundation du Bangladesh, en collaboration avec l’Organisation internationale du Travail (OIT). Avec 30 000 à 35 000 Bangladais, principalement dans le secteur du textile, Maurice se place derrière la Jordanie qui emploi 70 000 Bangladais. « Mais il y a de grandes différences dans les conditions d’emploi des Bangladais dans les deux pays, étant donné qu’en Jordanie, c’est un organisme public qui se charge du recrutement, tandis qu’à Maurice, on a recours aux agents privés qui prennent jusqu’à 1 000 dollars américains, obligeant les familles à s’endetter. Qui plus est, ici, il y a toutes sortes d’abus de la part des employeurs car le gouvernement n’a aucun contrôle », dit Reeaz Chuttoo, qui a assisté à cette conférence à Dakha en compagnie de Jane Ragoo.

Les deux syndicalistes affirment avoir été très embarrassés par les différents témoignages, exposant les abus pratiqués à Maurice. Ils invitent ainsi les autorités à réagir, et à ne pas cautionner « l’esclavage moderne » dans notre pays.