Pour marquer la Journée internationale contre la discrimination raciale, l’Ong Affirmative Action a lancé un appel à témoins, le but étant de recueillir des témoignages afin de préparer un dossier alternatif à soumettre au comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale. Cette Ong, qui regroupe des membres de différentes confessions religieuses, se dit « apolitique » et « non sectaire », et affirme agir « pour protéger le tissu social ».

Affirmative Action a vu le jour peu de temps après les événements ayant mené à la démission de Showkutally Soodhun. Même s’il compte quelques prêtres parmi ses membres, on insiste sur le fait qu’il s’agit d’un regroupement non sectaire. On y retrouve également des membres d’autres religions. Affirmative Action fait référence à une lettre que le Conseil des Religions a récemment adressée au Premier ministre, attirant son attention sur la recrudescence de la discrimination raciale. Malheureusement, affirme l’Ong, la lettre est restée sans réponse.

D’où l’initiative d’Affirmative Action de prendre les choses en main « avant que le tissu social ne subisse d’autres déchirures ». L’Ong appelle à la collaboration d’autres mouvements sociaux pour œuvrer à la construction de la nation mauricienne. Plusieurs actions seront ainsi prises dans cette perspective. En premier lieu, Affirmative Action compte traduire en kreol morisien la Convention des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale, dont Maurice est signataire, et ce afin de la rendre « plus accessible » à tous. Une page Facebook sera aussi lancée afin de mieux faire connaître les actions de l’Ong.

L’action principale sera de rédiger un rapport alternatif sur la situation à Maurice, qui sera envoyé au Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale. Selon Me José Moirt, le but est de donner une version « telle que vécue par la société civile ». Pour cela, un appel à témoin a été lancé à tous ceux ayant été victimes de discrimination raciale, indépendamment de leur religion. Les syndicats, Ong et autres acteurs de la société civile sont appelés à y apporter leur collaboration. Les auditions, qui seront réalisées en privé, doivent être complétées d’ici fin mai et le rapport doit être soumis au comité des Nations unies vers août prochain. Ceux souhaitant en savoir plus sur cette action ou qui souhaitent témoigner peuvent téléphoner sur le 464-4109.