Nilen Vencadasmy : « Les “terms of reference” de la commission d’enquête méritent des éclaircissements »

« Nous devons faire la lumière sur cette affaire car elle comporte des éléments inquiétants », a soutenu Nilen Vencadasmy, membre du nouveau mouvement politique Nou Repiblik, jeudi soir à l’hôtel Voilà Bagatelle, faisant ainsi référence à la commission d’enquête que voulait instituer l’ex-présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, sur l’affaire Alvaro Sobrinho. Pour l’avocat, il « ne faut pas passer l’éponge » sur la commission d’enquête et laisser les nombreuses questions sans réponse. « Il y a tellement de zones d’ombre autour de cette saga », dit-il, ajoutant que les « “terms of reference” de la commission d’enquête méritent d’être éclaircis ».

Prenant position, les membres de Nou Repiblik ont mis en ligne une pétition réclamant l’institution d’une commission d’enquête. « Notre pétition ne veut pas dire qu’on fait un “coming out” politique. Notre action est sérieuse », dit-il. En moins de 48 heures, la pétition a recueilli plus de 2 000 signatures et, d’ici lundi, Nilen Vencadasmy espère que davantage de personnes y adhèrent également. « Nous voulons démontrer que les choses ne se décident pas uniquement à l’Assemblée nationale mais aussi à l’extérieur », dit-il. Selon lui, la pétition « est un moyen d’exercer la pression sur le gouvernement » pour l’institution d’une commission d’enquête.

Nilen Vencadasmy se réjouit que la pétition soit partagée par les membres de l’opposition parlementaire. « Cela signifie que notre initiative fait l’unanimité », dit-il. Rina Ramsamy, membre de Nou Repiblik, ajoute que plusieurs personnes n’ayant aucun lien politique ont accepté d’adhérer à la pétition. Pour le mouvement politique, « il faudra continuellement exercer la pression sur le gouvernement pour que la lumière soit faite sur cette affaire ».

Med Doba estime que l’affaire du milliardaire angolais Alvaro Sobrinho provoque de nombreuses questions au sein de la population. « Des éléments sont encore cachés et le salaire qui sera payé par le gouvernement à l’ex-présidente interpelle les gens. Il faut changer ce système car certaines personnes reçoivent des sommes astronomiques alors que d’autres arrivent difficilement à joindre les deux bouts », dit-il.

Le fait que Ameenah Gurib-Fakim quitte Réduit sans faire de commentaires, selon Nou Repiblik, « confirmerait des négociations » qui ont eu lieu. « Le fait de ne plus porter la casquette de présidente l’aurait libérée et lui aurait permis de parler », estime Nilen Vencadasmy. Le nouveau mouvement politique Nou Repiblik, regroupant une dizaine de citoyens engagés depuis quelque temps, affirme vouloir faire de la politique de manière « différente ». Nilen Vencadasmy soutient : « Nous constatons que la situation s’aggrave de plus en plus dans le pays. » Le groupe se réunit régulièrement pour discuter de plusieurs sujets. En ce moment, le parti s’attelle à préparer un programme en marche des prochaines élections générales. « Il faut qu’on se distingue des partis politiques existants », dit-il.

Les sujets sur lesquels se penche Nou Repiblik concernent le financement et le fonctionnement des partis politiques. Selon lui, la transparence au niveau du financement du parti « est une priorité ». Nou Repiblik dit ne pas croire dans l’organisation de conférences de presse. « C’est une pratique qui relève du passé », dit-il.