1ER-MAI SAJ : “Si mo trouvé mo pa kapav tenir mo promess, mo pran mo simé mo ale”

Lady Sarojini est entourée de son époux, le Pm SAJ  et des leaders des trois composantes de l’alliance Lepep:  Ivan Collendavelloo du Mouvement Liberater, Xavier Duval du PMSD et son fils Pravind Jugnauth du MSM

Quatre mois après le dernier grand meeting où ils avaient rencontré leurs partisans avant les élections générales du 10 décembre 2014, les membres de l’Alliance Lepep étaient de nouveau à Vacoas la semaine dernière pour marquer le 1er-Mai. Foule moins dense, mais toujours de l’enthousiasme autour de Sir Anerood Jugnauth et des siens, pour un rassemblement où les membres du gouvernement ont choisi le ton politique pour commenter les affaires qui font l’actualité, pour critiquer l’adversaire et pour réitérer les engagements pris durant la campagne électorale.

Hormis l’annonce de la date des élections municipales, fixées au dimanche 7 juin, il n’y a pas eu de grandes annonces faites par les dirigeants de l’Alliance Lepep sur l’estrade installée devant la foire de Vacoas en ce vendredi 1er mai. Les dirigeants de l’alliance gouvernementale ont surtout choisi de faire un bilan de leurs premières réalisations et un rappel des objectifs fixés. Dans un ton résolument politique pour la Fête du travail et très critiques envers leurs adversaires, les différents orateurs sont ainsi revenus sur l’actualité, plus particulièrement l’affaire BAI, les coffres de Navin Ramgoolam, les difficultés auxquelles est confronté le MMM.

Emplois : faire preuve de patience
Intervenant pour clore la rencontre, le Premier ministre a réitéré son engagement de faire avancer le pays vers un autre miracle économique. Précisant n’être au pouvoir que depuis quatre mois, il a aussi demandé au peuple de faire preuve de patience en parlant de la volonté de son gouvernement de respecter les engagements pris. SAJ s’offusque que “ena dimoun vin guette mwa tou les jours pou gagn travay dans gouvernema. Dan ki pays kapav employ tou dimoun dans gouvernema? Mo pas Navin Ramgoolam mwa.” Insistant que sa philosophie n’est pas de placer des gens pour qu’ils s’asseyent à ne rien faire, le Pm rappelle qu’”une population doit avoir l’amour et la culture du travail, de la discipline dans la vie pour réussir”.

“Les vraies valeurs du MMM désormais représentées par le ML”
Cependant, dit-il, ce n’est pas seulement dans le gouvernement que l’on trouvera du travail. Au contraire, le redressement économique passe par les projets de développements qui impliquent le secteur privé. “Aujourd’hui, avec les développements que nous allons apporter, le secteur privé aura besoin de vous. Vous devez accepter de travailler pour le secteur privé, car ce faisant, vous servez votre pays”, dit-il. SAJ, déplorant les rumeurs colportées, selon lui, par l’opposition PTr, précise que “la création d’emploi prend du temps. Nous n’avons pas de baguette magique pour créer l’emploi du jour au lendemain. L’emploi ne se crée pas en quatre mois. Mais nous allons le faire. Il faut être patient”. Une promesse qu’il tiendra, car autrement, dit-il, “si mo trouvé mo pa kapav tenir mo promess, mo pran mo simé mo alé. Mo pa bizin sa poste Premier minis la mwa”.
Navin Ramgoolam a été vivement critiqué par SAJ et les autres orateurs lors de ce meeting. “Est-ce qu’il a honoré ce qu’il a promis? Dan 100 jours li ti pou sanz ou lavi. Abé, dans 10 ans, li ti pou amenn sa pei la dans banqueroute”, rappelle-t-il, critiquant Navin Ramgoolam sur son mode de vie.
Paul Bérenger n’a pas été épargné et visiblement SAJ n’a toujours pas pardonné au leader du MMM de l’avoir trahi. Tout comme il l’avait fait durant la campagne électorale, il a expliqué comment le leader des mauves était venu le voir pour l’encourager à quitter la présidence et reprendre la politique active pour contrer Navin Ramgoolam et sauver le pays. “Les paroles de Bérenger quand j’étais au Réduit m’ont touché le cœur. J’étais président de la République et je n’avais plus l’intention de faire de la politique. Il a proposé le Remake 2000. Qui aurait cru qu’il allait ‘frotter frotter’ avec l’ennemi”, dit-il. Il devait aussi souligner que “moi, je continue, et je tiens toujours ma parole, car mon but est de sauver le pays”. Commentant les multiples crises que traverse actuellement le MMM, SAJ estime que les vraies valeurs du MMM sont désormais représentées par le Mouvement Liberater mené par Ivan Collendaveloo.  

Élections le 7 juin
Le Pm a conclu son discours en annonçant un nettoyage au niveau des municipalités qui, selon lui, ne fonctionnent presque pas. Il a annoncé la date des municipales pour le 7 juin. “Le Writ of Elections sera émis le 4 mai et le Nomination Day se tiendra le 23 mai”, a-t-il indiqué, confiant que la foule présente à Vacoas, “démontre que le peuple fait encore confiance au gouvernement”. 
Comme le veut la tradition, plusieurs autobus venant des différents coins du pays ont acheminé ceux qui ont composé la foule vers Vacoas, vendredi. Ambiance de fête donc dans la ville où la foire du vendredi n’a pas eu lieu. Et pour ne pas déroger aux règles, plusieurs des autobus ont, à la mi-journée, mis le cap vers la plage pour le traditionnel pique-nique offert aux partisans.

 


 

Un 1er-Mai pour réitérer leurs engagements, critiquer l’adversaire et commenter l’actualité

Outre l’éducation, d’autres réformes dans d’autres secteurs sont à venir, ont rappelé les intervenants de l’Alliance Lepep qui ont ainsi mis l’accent sur les réalisations gouvernementales depuis décembre 2014. Ils ont principalement insisté sur la compensation salariale, la hausse des différentes prestations sociales, les 6m3 d’eau gratuite, l’extension du congé de maternité
Le leader du ML et le leader du MSM ont longuement critiqué le leader des Mauves. Ainsi, félicitant le travail accompli par Roshi Bhadin et Ravi Yerrigadoo, Ivan Collendavelloo demande que Paul Bérenger vienne révéler ce qu’il a fait de l’argent octroyé par la BAI au MMM, pour le financement du parti aux dernières élections. “La plus grande trahison dans ce pays, c’est celle de Paul Bérenger”, a soutenu Ivan Collendavelloo.
Il assure qu’il enclenchera une réforme obligatoire à la CWA et au CEB. Selon lui, “l’avenir doit se faire en réduisant notre dépendance aux énergies fossiles et en s’appuyant sur les énergies renouvelables”.
Comme Pravind Jugnauth, il s’en est aussi pris à Arvin Boolell et Shakeel Mohamed déplorant la désintégration du PTr, qui, selon eux, a perdu les valeurs instaurées par les pères fondateurs des Rouges.
Xavier Duval a aussi été très critique envers le PTr, estimant que ni Shakeel Mohamed, ni Arvin Boolell ou encore  Anil Bachoo, ne défendent leur leader. Aujourd’hui, dit-il, il est important de regarder l’avenir, et de s’assurer que chaque citoyen vive dans un peu de confort. Il estime que, “le monde entier a été impressionné par les dernières élections, et surtout la sagesse et l’intelligence des Mauriciens”. “Nou ti bizin sanzman. Tou dimounn dakor. Même l’opposition d’accord. Sirtout depi ki nounn trouve la verite lors seki ti pe passer”, dit-il, invitant la population à continuer à faire confiance au gouvernement qui honorera ses engagements.



 

CONGRÈS PTR À NOUVELLE FRANCE : «C’est l’intérêt du parti qui doit primer» selon Arvin Boolell

A Nouvelle France où le Ptr tenait un congrès régional en guise de manifestation pour le 1er Mai, le porte parole du parti, Arvin Boolell, a demandé la démission de Navin Ramgoolam comme leader du Parti travailliste. Il a aussi observé que l’ex premier ministre a un mandat au poste de leader allant jusqu’en 2017. «Toutefois le parti dépasse tout le monde. C’est l’intérêt du parti qui doit primer», a-t-il estimé, insistant sur le fait que « la marche vers la victoire a commencé ». Selon lui, le PTr doit ainsi « pouvoir faire son « mea culpa » pour les erreurs commises.
Il a par ailleurs parlé de Navin Ramgoolam qui passe par des moments difficiles en  insistant que personne ne soit coupable jusqu’à ce que l’on le démontre. Mais il estime néanmoins que le leader rouge devrait  démissionner : « Je lui demande de « step down et Je ne dis pas cela de gaieté de coeur », a-t-il dit.
Arvind Boolell, qui était assisté  des anciens ministres Suren Dayal et Sutyadeo Moutia, présidant la réunion, et du député de Mahébourg/Plaine-Magnien Ritesh Ramphul, a affirmé que « la marche vers la victoire a commencé ».Il  a estimé que les rouges  seront appelés à faire des sacrifices  soulignant  que le PTr ne peut se contenter du «business as usual» dans la conjoncture.
Le porte parole et candidat au leadership des rouges a alors insisté sur l’importance de l’organisation d’un congrès travailliste pour présenter une motion pour l’élection d’un leader et d’un leader adjoint au sein du PTr. Il a rappelé  que selon les termes de la constitution du PTr, « n’importe quel membre du parti peut porter sa candidature au poste de leader ». Le programme central sera  « la lutte contre le communalisme et le castéisme ».
Le porte-parole rouge a, au début de son intervention, rendu hommage au fondateur du parti, Maurice Curé et à Guy Rozemont, qui, a-t-il soutenu, avait présenté une motion visant à faire de la Fête du Travail un jour férié. Il a également rappelé la lutte du PTr « pour l’obtention du suffrage universel et l’indépendance du pays ».