2011, année cruciale pour des raisons économiques et politiques

MMM Paul Bérenger :

" Si 2010 a été l'année des élections générales, 2011 sera une année cruciale pour différentes raisons économiques et politiques ", a déclaré samedi le leader du MMM, qui était entouré des parlementaires et de l'état major de son parti lors de la dernière conférence de presse hebdomadaire des mauves. Paul Bérenger a saisi l'occasion pour présenter à la population ses meilleurs vœux pour les fêtes de fin d'année et pour 2011.

Le leader de l'opposition est revenu sur les travaux parlementaires la veille et a relevé ce qu'il estime être le changement total d'attitude de langage de Pravind Jugnauth. " Il y a eu un changement total de comportement et de ton, notamment sur la Procurement Act et ils ont donné l'impression qu'ils sont open-minded ", a souligné Paul Bérenger. " C'est bon mais nous verrons si cela va durer ", a-t-il déclaré.

Paul Bérenger s'est toutefois dit étonné que le ministre des Finances n'ait pas répondu jusqu'ici à ses questions portant sur les fonds spéciaux qui englobent des milliards de roupies qui ont été créés depuis 2006, surtout lorsqu'il a voulu savoir si tous les contrats conclus dans le cadre de ces fonds sont passés par le Central Procurement Board. " Nous reviendrons sur toute la question de procurement à la rentrée pour s'assurer qu'on ne recule pas mais, au contraire, qu'on avance ", a promis le leader du MMM.

Le leader de l'opposition est également revenu sur la décision du ministre des Finances d'amender le Finance Bill et de ne pas aller de l'avant avec la quasi abolition des pouvoirs du conseil d'administration de la Banque de Maurice pour les confier au gouverneur de la Banque. Il a observé que malgré son intervention dans le cadre des débats sur le budget au cours de laquelle il avait dénoncé ce cas précis, le Finance Bill comprenait des dispositions qui étaient plus radicales que prévues. " Jusqu'à hier le gouvernement prêtait uniquement au gouvernement et aux banques commerciales mais sur des garanties solides. Or, la loi prévoyait qu'il revenait au gouverneur de décider à part les banques commerciales "what other entities" pouvaient bénéficier de ces prêts. De plus, il appartenait au gouverneur de décider si la banque de Maurice pouvait accepter d'autres garanties ", a dit Paul Bérenger.

" C'était un time bomb extrêmement dangereux. Nous avons dénoncé ces amendements avec force et finalement le ministre des Finances a au nom du gouvernement apporté des amendements pour donner les pouvoirs à la Banque de Maurice plutôt qu'au gouverneur. C'est bon que le gouvernement se soit ressaisi mais c'est effrayant ! " a souligné Paul Bérenger. " Qui est venu de l'avant avec cette idée, comment le conseil des ministres a pu siéger, examiner et approuver de telle initiatives ? " s'est demandé le leader de l'opposition avant d'affirmer qu'il espère que le gouvernement et le Premier ministre tirent les leçons qui s'imposent, tout en reconnaissant que c'est bon que le gouvernement ait reculé. " Étant donné que la loi a été amendée et que le board a la possibilité de prêter de l'argent aux banques commerciales and other entities, c'est une responsabilité énorme. Étant donné que le board a le pouvoir de fixer des garanties autre que les bons du trésor, ce sont des hautes responsabilités qui ont été placées sur les épaules du board et les membres du board sont personnellement responsables ", a-t-il soutenu.

" C'est la première fois qu'un ministre des Finances vienne de l'avant avec une mesure de cette portée pour reculer ensuite avec raison ", a souligné le leader du MMM. Paul Bérenger a accueilli favorablement la décision de revenir sur l'introduction de la Tva sur les intrants utilisés pour la production alimentaire à Maurice. " Il est dommage que le gouvernement n'ait pas écouté notre appel en faveur du paiement d'une compensation de 5,7 % au lieu de 3,2 %. Cela aurait été très utile pour les travailleurs de ce pays. " Paul Bérenger s'est aussi réjoui que le gouvernement soit revenu sur la décision d'accorder d'exemption fiscale qu'aux petits planteurs qui dépendent uniquement des revenus sucriers. " Pravind Jugnauth a donné la garantie que l'exemption sur les premières 60 tonnes de sucre s'appliquerait non seulement à tous les petits planteurs mais aussi à ceux qui plantent la canne à travers une société ", a-t-il déclaré. Paul Bérenger a souhaité qu'à la rentrée parlementaire les choses se poursuivent dans la même voie.

Commentant les élections des maires, des maires adjoints, des présidents et des présidents adjoints des conseils de district, Paul Bérenger a observé que la façon dont les choses se sont passées démontre que le plus tôt les élections municipales et villageoises sont organisées le mieux ce sera. Il a annoncé que les quatre conseillers mauves ne démissionneraient pas afin d'agir comme chiens de garde mais ne toucheraient pas leurs allocations mensuelles. Le leader de l'opposition a rappelé la bonne législation adoptée en 2003 et qui empêchait toutes les formes de " jerrymandering ". Il a affirmé que le MMM suivrait avec attention les propositions que fera le ministre des Administrations régionales et lui a demandé de diffuser le nouveau texte de loi le plus vite possible.

Paul Bérenger a aussi parlé de Cancun où la catastrophe a été évitée de justesse. Le leader de l'opposition a déploré toutefois l'absence du ministre de l'Environnement à cette conférence.