Wendy Ambroise, Pascal Sérieuse et Regan Chuttoo avaient été arrêtés le 6 mai 2016 pour avoir fumé du cannabis au Jardin de la Compagnie. Ils avaient alors laissé entendre qu’ils organisaient une session de prière dans la tradition rasta. Les charges contre eux ayant été rayées en cour l’année dernière, ils ont décidé de contre-attaquer et réclament Rs 5 M cha- cun à l’État et à la police.

Les trois plaignants faisaient partie d’un groupe de rastas qui avaient, le 6 mai 2016, été arrêtés au Jardin de la Compagnie. D’autres membres de la communauté avaient aussi été arrêtés le même jour, alors qu’ils protestaient contre cette arrestation devant les Casernes centrales. Deux ans plus tard, ils réclament des dommages, estimant que cette arrestation était « arbitraire ». Wendy Ambroise, président de l’Association socioculturelle Zanfan Zion, rappelle que toutes les charges contre eux, relatives à cette affaire, ont été rayées l’année dernière. « Notre démarche vise à dire stop au racisme envers les rastas à Maurice. L’article 6 de la Constitution reconnaît la liberté religieuse à tous les citoyens. Cela doit donc s’appliquer à nous aussi », dit-il.

Qui plus est, ajoute Wendy Ambroise, l’État reconnaît le rastafarisme comme une religion. Montrant son acte de mariage, il souligne que le mot « rasta » est mentionné à côté de sa religion. « Il en est de même sur l’acte de naissance de nos enfants. Donc, si on reconnaît notre religion, il faut aussi reconnaître nos pratiques. Pourquoi ne pouvons-nous pas organiser nos sessions de prière comme nous le de- mande notre religion ? »

Dans la mise en demeure rédigée par Me Roshan Rajroop, on peut ainsi lire que les plaignants sont des citoyens mauriciens suivant la philosophie rastafari et que, lors de leurs arrestations, ils paticipaient à une session de “nyabingi”.

Il est aussi précisé que « the above named parties aver that the assembly was calm, peaceful and the members of the Rastafarian Community were singing praises to their creator in a disciplined manner ». Par la suite, peut-on lire encore : « Without warming or summation, police officers barged into the above-named mentioned garden, surrounded and shoved and grabbed above named parties with undisclosed intention. » Ils affirment également avoir été « malmenés » par les policiers, qui ont aussi eu recours à du gaz lacrymogène et à des matraques.

Estimant que cette arrestation était « arbitraire », les trois plaignants réclament Rs 5 M chacun à l’État, au commissaire de police et au sergent Dinesh Balgobin de l’ADSU. Ils sont représentés par Me Erickson Mooneeapillay.