DEPUIS 50 ANS : L’Économie et la Politique au service du « développement de l’autruche »

L’élite fortunée en profite et on nous mène tous au chaos

Les catastrophes relatives aux événements climatiques extrêmes nous font prendre conscience de l’ampleur des enjeux du réchauffement climatique:
 
•Les incendies de forêts sont de plus en plus dévastateurs
◦Europe (Groenland, France, Corse, Grèce, Espagne, Portugal)
◦Amérique du Nord (États-Unis, Canada)
 
•Les moussons plus virulentes
◦En Asie du Sud Est (Inde, Népal, Bangladesh)
 
•Les ouragans plus violents
◦L’ouragan Harvey a dévasté le Texas
◦L’ouragan Irma aux Antilles, les Caraïbes, la Floride
 
Des centaines de morts, des millions de personnes évacuées, des centaines de milliards de dollars de dégâts d’infrastructure... Le changement climatique est irréversible, nos enfants connaîtront des conditions climatiques moins favorables que celles que nous connaissons. Alors que l’animal ne peut avoir peur de ce qu’il ne connaît pas, comment agir dans le bon sens ?
Nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique, l’Anthropocène, c’est-à-dire la période pendant laquelle l’homme a tellement affecté la terre, qu’il en modifie l’équilibre et le fonctionnement. Ce crime est dû au fait que 1% de la population mondiale, soit les plus riches, possèdent plus que les 99% restant [1]. Ces élites ont mis en place une absurdité systémique. Ils ont glorifié un avarisme humain qui prône l’accumulation des richesses au détriment de la nature et des peuples.
Le lien entre le climat et l’organisation politique de notre société ne s’arrête pas là, la défiscalisation des investissements en est la double peine. D’une part, elle fait monter les prix de l’immobilier, précarise les populations locales, et d’autre part, elle ne permet pas à l’Etat d’allouer les moyens nécessaires pour le développement d’infrastructures collectives. Alors quand s’abattront le cyclone et les pluies torrentielles, l’impact ne sera pas le même sur la population et dépendra de qui possède ou non le capital. Ce constat est flagrant à St-Martin, où d’un coté des villas de luxe sont détruites, et de l’autre des bidonvilles sont ravagés.
Il est inacceptable que les politiques au pouvoir et les élites économiques soient complètement absentes des questions climatiques. Pour la première fois, la 23e conférence sur le climat de l’ONU sera organisée par un État insulaire, à savoir les îles Fidji. Alors que cette conférence se tient dans un peu plus d’un mois, aucun débat national n’a eu lieu dans la République de Maurice, qui pourtant a été citée par le World Risk Report 2014 comme le 14e pays le plus affecté par le changement climatique [2]. Combien de questions de l’opposition parlementaire ont été consacrées à l’adaptation aux changements climatiques ? A titre d’exemple, la bonne utilisation du fonds de centaines de millions de roupies pour protéger les villages Deux Frères et Quatre Sœurs dans l’est du pays. La richesse a été produite au détriment de la nature et des peuples, d’où le drame climatique. Et même si ces élites arrêtaient de nous marcher sur la tête, cela ne pourrait pas changer la donne, car c’est un système d’organisation de la vie en commun qu’il faut changer.
Pour Rezistans ek Alternativ, la question du climat est au centre de notre projet de société. Il est primordial de faire face aux défis qui nous attendent, ne serait-ce que par respect pour les générations à venir.
 
i) Changer notre rapport à la production :
- Au lieu de s’acharner sur des projets autour du pétrole et du charbon : engager notre transition énergétique ; les technologies des énergies renouvelables, l’urbanisme intégré, dont les transports alternatifs, l’économie circulaire, dont la transformation des déchets.
- Au lieu de spéculer sur du foncier à outrance et nourrir une bombe financière et sociale : développer notre autosuffisance alimentaire.
- Au lieu de continuer à tirer profit des activités de pillage des ressources naturelles ; océan, littoral, terre : développer les « climate change jobs ». 
Nous pouvons devenir leaders de ce nouveau secteur d’activité et partager ce savoir-faire dans la région ; se protéger des événements relatifs au changement climatique, réduire l’empreinte carbone de notre société.
- Au lieu d’avoir pour seul objectif la mise à disposition d’une main-d’œuvre moins chère que celle des pays développés : développer les secteurs créatifs.
- Au lieu d’un moteur d’exploitation, faire du système éducatif, du travail des sources d’émancipations des Mauriciens. Il est inacceptable qu’à compétence égale, les femmes soient moins bien rémunérées que les hommes.
 
ii) Engager la mondialisation solidaire :
Favoriser une coopération régionale, au lieu d’accueillir dans notre secteur offshore des mercenaires qui exploitent nos voisins, il serait préférable de taxer les importations et activités non productives, non respectueuses des peuples et de la nature, afin de financer notre transition énergétique, de même que mettre fin à l’exploitation de la main-d'œuvre étrangère sur notre sol et faire de la région océan Indien une zone de paix.