Quelle est notre identité ? Qui sommes-nous vraiment ? En effet, ce n’est pas si simple de répondre à une question aussi anthro-socio-ethnologique ! Nous n’en ferons qu’une succincte esquisse.
Mauriciens, oui, nous le sommes ; Agaléens et Rodriguais, inclus. Or, nous verrons que cette identité rencontre certaines turbulences qui la font tanguer. En marge des 50 années depuis l’indépendance de notre nation de la souveraineté britannique, où se situe chaque Mauricien par rapport à l’affirmation de son identité nationale ? Réfléchissons-y !
Sommes-nous Mauriciens le 10,11,12,13 mars de chaque année uniquement ? Nous brandissons fièrement nos drapeaux (sur nos voitures, nos maisons), nos foulards, et tout autre matériel quadricolore permettant de faire valoir ce sentiment patriotique si profondément ancré en nous. Sommes-nous Mauriciens uniquement lors des réjouissances de la brillante performance de nos athlètes, nos artistes et  nos professionnels sur l’échiquier international? Sommes-nous Mauriciens uniquement lors de la célébration de Divali, Eid, la fête de L’Assomption, la fête du Printemps ? Sommes-nous uniquement Mauriciens quand nous nous retrouvons entre compatriotes à l’étranger et échangeons dans notre « idiome du pays » en faisant usage de mots, phrases et expressions créoles ? Nous ne sommes pas dans une oligarchie identitaire. Au contraire, c’est une construction populaire. Construisons-la !
Nous devons apprendre à revendiquer contre vents et marées cette identité si profonde et dynamique. Nous ne devons pas être versatiles à ce niveau. Notre identité est bâtie par nous. Nous avons remarqué qu’il est facile d’être Mauricien quand tout va bien et quand tout réussit à notre pays. La nourriture sur le territoire local fait aussi partie de cette équation, étant le fruit de la pluralité culinaire découlant d’une multiplicité culturelle. Nos coeurs se réchauffent par le biais de ce bouillon de culture. Qu’en est-il du revers de la médaille ?
La contiguïté de nos cultures, religions et perspectives de la vie donne souvent lieu à l’émergence de vieux réflexes néfastes pour l’unité nationale. Or, dans cette idylle, lors de certains conflits entre des groupuscules, nous voyons que de nombreuses personnes se retranchent dans des pensées sectaires qui non seulement fragilisent notre unité nationale, mais la menacent aussi. Il suffit de se rendre sur des plateformes publiques, telles que des réseaux sociaux, pour se rendre compte de la petitesse d’esprit de certains extrémistes anti-unité nationale. Ne laissons pas des incidents isolés et des commentaires déplacés nous diviser. Prenons à titre d’exemple les réactions post-profanation d’un temple dans le sud du pays, en 2015, pour se rendre compte de la fragilité de cette unité qui a pris tant d’années à prendre racine surtout après la bagarre raciale de 1968 et des émeutes de 1999 qui ont laissé des cicatrices indicibles à notre pays.
Nous, Mauriciens, comportons-nous en compatriote. La solidarité à la mauricienne est unique. En guise d’exemple, le soutien récemment à la petite Amy est parfait. Tant de gens qui passent par des tribulations et qui ont su tirer profit de cette unité qui transcende caste, parti politique, religion, langue parlée au sein du foyer, classe sociale, parmi tant d’autres paramètres réfractaires. Quotidiennement des Mauriciens font des actes qui révèlent la bonhomie mauricienne dans toute sa splendeur.
Être Mauricien n’est pas qu’une nationalité, mais une vie ! Portons très haut la bannière qui est à jamais gravée dans nos coeurs et notre âme. Ce sentiment pérenne qui guide notre souffle quotidien doit continuer à avoir l’ascendant sur des sentiments gorgés de négativisme. Soyons fiers d’être Mauriciens en tout temps, à toute heure et en toutes circonstances.