MONIQUE DINAN

Prenons le temps de réfléchir aux décisions et au travail à mettre en train pour que le climat social s’améliore dans notre pays. Il y a trois domaines au sein desquels nous devons nous mettre à l’œuvre pour progresser vers une plus grande paix sociale.

Une violence envahissante

La violence est devenue le problème numéro 1 du pays. De simples reproches ou des accidents fortuits se terminent par des drames lourds de séquelles pour toutes les parties concernées. Comment mettre un frein à cette violence à laquelle nous sommes de plus en plus exposés :

– Au sein de nos familles mauriciennes qui se désagrègent de plus en plus à cause des infidélités des couples concernés, pour la plus grande souffrance de leurs enfants.

– Dans les écoles primaires et secondaires entre jeunes.

– Des conflits entre voisins pour des questions de bruits, d’animaux et d’environnement.

– Dans le milieu professionnel, entre collègues quand grandit l’insécurité concernant l’avenir.

– Sur nos routes, où certains motocyclistes se croient tout permis.

Il y a bien sûr les victimes qui espèrent que la justice exercera ses droits et que les fauteurs de troubles seront punis; mais que de larmes, de drames et d’argent entraînent ces conflits qui blessent tant de familles mauriciennes.

Remontons aux sources de cette violence qui défigure notre pays et qui exigera l’ouverture de nouvelles prisons.

L’enfant apprend la violence de ses parents

La première école de la violence est souvent dans la famille. La science est venue prouver que les enfants in utero entendent les conflits dans le sein maternel et en subissent les séquelles. Où est l’éducation parentale ? Trop de parents, alors qu’ils ont conscience de s’être beaucoup sacrifiés pour leurs enfants, ne connaissent que des coups et des paroles dévalorisantes pour les corriger… et ils y vont plus fort quand il s’agit de taper sur leurs garçons. Pas étonnant que, par la suite, les adolescents et adultes qu’ils deviennent sont héritiers de paroles insultantes et de coups appris dans leur propre famille.

Constatons que beaucoup de nos adolescents, qui se retrouvent actuellement avec de sérieux problèmes de police et de justice, appartiennent à des familles séparées. Ils n’ont pas connu un climat familial sain et ouvert et n’ont pu entendre des paroles pacifiques et des gestes de pardon.

Quelle qualité d’amour prévaut dans notre pays ? Un amour qui veut recevoir de plus en plus, acheter et dépenser beaucoup ou un amour qui veut rencontrer l’autre dans ce qu’il est. TOI et MOI, deux entités à nous accepter dans nos différences et à nous consolider dans la prière.

Le chacun pour soi et l’indifférence aux autres

Un deuxième problème est le chacun pour soi, centré sur mon portable, mon avenir et ma profession; je veux grandir dans mon monde à moi… Quand est-ce que je prends le temps de m’intéresser à ceux qui m’entourent ? Quel temps pour du volontariat chez les jeunes et ceux qui, ayant pris leur retraite, se retrouvent avec du temps libre ? Chacun s’enferme dans sa tour d’ivoire, avec peu de temps accordé au dialogue, au partage et à l’entraide. Ce 12 mars, nous avons tous chanté « motherland of mine… around thee we gather as one people, as one nation, in peace, justice and liberty… » mais quel nouveau geste d’amitié désintéressé nous embaumera le cœur suite à une réconciliation, un partage et la volonté active de travailler au bien-être de ceux qui nous entourent ?

Plus d’enfants dans nos familles

L’avenir économique du pays nous demande de construire des mariages solides, où les enfants seront heureux avec des parents toujours amoureux. Il faut dès aujourd’hui trouver les moyens d’encadrer les jeunes de 11 à 15 ans — les parents de demain – afin qu’ils entrent dans leur adolescence avec des habitudes positives pour se garder des méfaits de la cigarette, de l’alcool et de la drogue et qu’ils soient capables de vivre de saines amitiés. Ces jeunes doivent comprendre que les pulsions, qui les habitent, doivent attendre le mariage pour des corps à corps amoureux qui se renforceront au fil des années au lieu d’être meurtries trop jeunes par des grossesses précoces et, pour les garçons, de finir avec des problèmes de police pour avoir mis des filles enceintes. C’est dans leurs familles solides et épanouies que plus d’enfants naîtront et… que notre pays ne deviendra pas une nation où vieux et immigrés étrangers seront en surnombre.

Une seule vie pour un maximum d’amour

Le 12 mars, on a parlé des élections à venir, des finances à assainir et de l’économie nationale à propulser vers le haut. Tout cela est certes essentiel, mais il faut aussi remettre les cœurs des Mauriciens sur la voie du bonheur vrai et reconstruire un art de vivre ensemble avec un cœur apaisé, voulant créer du bonheur autour de soi.

Il ne s’agit pas seulement de SAVOIR PLUS; merci pour l’éducation gratuite; D’AVOIR PLUS, si on parvient à des progrès économiques et financiers, mais il faut surtout vouloir ÊTRE PLUS en s’enrichissant dans l’entraide et le don de soi.

Plus d’amour vrai et solide : cela s’apprend et se construit. Cela demande aussi des sacrifices mais chacun n’a qu’une seule vie pour y mettre le maximum d’amour. C’est ce climat de solidarité à construire chez les Mauriciens de tout âge qui permettra à notre pays d’être riche de citoyens éclairés, qui sauront promouvoir la paix sociale.